N°71 - octobre 2005

Responsable : C. Chastagner (U. Paul Valéry,
Montpellier III) – ISSN : 1261-1913

Compte rendu de l’assemblée
générale de l’AFEA du vendredi 7 octobre
2005

La séance est ouverte à 14 heures par la Présidente
de l’AFEA, Catherine Collomp.

1. Organisation de la recherche
Intervention de Monsieur Dominique Barjot, Directeur scientifique
du Département des Sciences humaines et des humanités
de la Mission Scientifique Technique et Pédagogique
(MSTP) du Ministère de la Recherche.
Catherine Collomp rappelle en introduction l’entretien
qu’elle-même et Jacques Pothier avaient obtenu de
Dominique Barjot le 4 juillet 2005 pour s’informer du projet
de création du GIP (groupement d’intérêt
public) Institut des Amériques et comprendre la logique
ministérielle du regroupement des études anglophones
par-delà l’aire géographique nord-américaine
dans de grosses équipes d’accueil universitaires.
Elle rappelle le souhait de création d’un GIS (groupement
d’intérêt scientifique) qui soit spécifique à l’Amérique
du Nord, sans être restreint à la XIe section du
CNU, déjà formulé par l’AFEA lors
de l’AG d’octobre 2004.
Jacques Pothier présente les trois axes principaux du
document distribué en séance « Projet de
constitution d’un GIS ‘Réseau Amérique
du Nord’ » : 1. amélioration des ressources
documentaires ; 2. valorisation et publications ; 3. circulation
des chercheurs.
Dominique Barjot fait part de son intérêt pour les études
nord et sud-américaines et exprime son engagement à les
soutenir dans le cadre de la mission de la MSTP sur l’évaluation
des dossiers des équipes de recherche avec l’aide
d’un groupe d’experts lorsqu’elle en est saisie
par l’autorité ministérielle ; la MSTP n’a
en revanche pas vocation à statuer sur l’accréditation
des équipes de recherche. Une équipe peut néanmoins
saisir la Direction de la Recherche pour solliciter une évaluation.
Dominique Barjot rappelle les différences entre GIP et
GIS :
• Un GIP permet de mobiliser des moyens de manière transitoire
en attendant une structuration définitive, par exemple au travers d’une
Maison des Sciences de l’Homme (MSH). Un GIP a l’avantage de permettre
l’emploi de personnels non fonctionnaires, c’est une structure
souple et réactive dont le fonctionnement repose sur la contribution
des participants.
• Un GIS est plus facile à mettre en place et à transformer,
car ce n’est pas une structure fonctionnelle disposant de moyens pérennes.
C’est donc une structure plus appropriée à un fonctionnement
en réseau.
Dominique Barjot reprend ensuite les trois axes suggérés
par Jacques Pothier :
1. Ressources documentaires : il conseille de solliciter la Direction
des Bibliothèques.
2. Valorisation et publication des recherches : la publication
des ouvrages ne doit pas se limiter aux actes de colloques ;
Dominique Barjot encourage notamment la publication des thèses
de qualité afin de développer la publication de « vrais
livres ». La publication dans des revues (papier ou électroniques)
doit privilégier les revues à comité de
lecture susceptibles d’être reconnues internationalement.
Il importe de définir une hiérarchie des supports
de publication.
3. Circulation des chercheurs : les allocations de recherche
devraient être revalorisées de 17 % sur quatre ans.
Le système des post-docs doit être développé,
afin de permettre un flux international des travaux de recherche
qui est encore insuffisant, malgré le développement
des co-tutelles de thèse. Pour l’accueil des chercheurs
de haut niveau, Dominique Barjot recommande de recourir au système
des chaires d’excellence.
Suite à une question de Catherine Collomp, Dominique Barjot
ajoute qu’il est souhaitable que les équipes de
recherche intègrent GIP et GIS selon le rythme des vagues
de contractualisation, mais souligne qu’il est souhaitable
d’intégrer le GIP existant tout en procédant
parallèlement à la création d’un GIS.
Suite à une question de Pierre Gervais, Dominique Barjot
insiste sur le fait que le GIS n’est pas en soi un instrument
qui donne des moyens, mais c’est une structure permettant
d’accéder aux instruments fournissant des moyens
 : il permet par exemple à des équipes de se regrouper
afin d’acquérir une taille suffisante pour obtenir
une reconnaissance de la part de l’Agence Nationale de
la Recherche (ANR). Contrairement au GIP, le GIS n’ pas
de personnalité juridique, mais il est plus facile à mettre
sur pied étant mieux adapté à un fonctionnement
en réseau.
Dominique Barjot met en garde contre la tentation de résister
au regroupement des unités de recherche : il y a en France
trop peu d’UMR (unités mixtes de recherche du CNRS)
et de trop nombreuses EA (équipes d’accueil) qui
sont trop petites. Cette situation ne permet pas la création
de jeunes équipes – car ce sont les EA qui jouent
le rôle que devraient jouer les jeunes équipes – et
bloque donc le renouvellement des équipes de recherche.
Dominique Barjot estime souhaitable que les petites EA se regroupent
en unités de taille comparable à celle des UMR,
afin de pouvoir disposer de locaux, de personnels administratifs
et de moyens matériels dont elles ont tant besoin. Il
insiste sur le fait que de tels regroupements n’interdisent
aucunement la présence au sein d’une même
EA de groupes de recherche spécifiques, autonomes et évaluables
individuellement ; une équipe de recherche peut notamment
adhérer à un GIS indépendamment de l’EA à laquelle
elle appartient.
Sylvia Ullmo met en avant le décalage entre les perspectives
présentées par Dominique Barjot et la vie universitaire
ordinaire : « valorisation de la recherche » signifie
généralement rendre vendables les résultats
de la recherche, ce qui en général exclut de fait
les sciences humaines et sociales, dont les chercheurs sont tiraillés
entre l’exigence de spécialisation et les incitations à se
regrouper. Dominique Barjot répond en distinguant la valorisation
de la recherche – publications destinées à un
public non universitaire – et la publication scientifique
faisant partie de l’activité de base de tout chercheur.
Il insiste, d’autre part, sur la distinction entre laboratoires
et équipes de recherche : les premiers doivent correspondre à des
objectifs de production scientifique, tandis que les secondes
ont un impératif de cohérence.
Dominique Barjot rappelle en outre la distinction entre chercheurs
et chercheurs « publiants » : sont considérés
comme tels ceux qui ont à leur actif, sur une période
de quatre ans, soit deux ouvrages, soit quatre articles dans
des revues à comité de lecture, soit encore huit
communications dans des colloques internationaux. Il explique
que le financement par chercheur des groupes de recherche varie
actuellement de 1 à 3 entre chercheurs « non publiants » et
chercheurs « publiants », l’écart devant
passer de 1 à 4 dans la vague D de contractualisation.
A une question de Noëlle Batt, Dominique Barjot répond
que le pourcentage des doctorants en LSH disposant d’une
allocation de recherche est passé de 11 à 14 %.
Il ajoute que le faible taux d’allocations tient au fait
que le nombre de thèses inscrites en France est bien supérieur à ce
qu’il est dans les autres pays d’Europe, alors que
trop peu de thèses sont soutenues dans des délais
raisonnables (4 ans pour un doctorant allocataire et 5 à 6
ans pour un doctorant non allocataire), ce qui devrait inciter
les directeurs de recherche à se donner pour objectif
de faire soutenir rapidement les thèses qu’ils inscrivent.
Concernant la faiblesse des ressources pour les post-docs, Dominique
Barjot souligne qu’il faut commencer par faire venir des
chercheurs en post-doc afin de pouvoir obtenir des financements
par la suite.
Après une intervention de Martine Azuelos et une question
de Donna Kesselman, Dominique Barjot expose les critères
d’évaluation :
• accréditation des équipes de recherche :
– bilan des activités des enseignants-chercheurs « publiants » (voir
ci-dessus) : 2/3
– cohérence des projets : 1/3
• attribution des Primes d’encadrement doctoral et de recherche (PEDR)
 :
– publications : 40 %
– direction de thèses soutenues : 40 %
– responsabilités scientifiques, pour la promotion internationale
des recherches par exemple : 20 %
• Il y a en outre trois niveaux d’évaluation :
– le niveau individuel (par le CNU et le Comité national de la
recherche scientifique, qui sont appelés à se rapprocher)
– le niveau des structures et des programmes (par la MSTP et le Comité national
de la recherche scientifique, qui sont appelés à se coordonner)
– le niveau des établissements (par le Comité national
d’évaluation de la recherche – CNER – et le Comité national
d’évaluation – CNE – qui sont appelés à fusionner)
– l’évaluation des diplômes devrait apparaître à l’occasion
de la mise en œuvre du LMD.

2. Pour la constitution d’un GIS « Réseau
Amérique du Nord »

Suite à une ultime intervention d’Yves-Charles Grandjeat
rappelant que, pour que la recherche circule, il faut qu’elle
soit multipolaire et non centralisée, en particulier en
région parisienne, l’assemblée générale
mandate le bureau pour constituer un comité de préfiguration
du GIS, qui rendra compte à l’assemblée générale
de mai 2006 (vote à main levée : unanimité moins
3 abstentions).

3. Budget
La trésorière de l’AFEA, Malie Montagutelli,
présente le bilan financier de l’année civile
2004. Après une intervention de Pierre Guerlain – demandant
pour l’avenir que les dépenses du poste « AFEA » soient
davantage détaillées et que les sommes engagées
le soient plus souvent sur décision de l’assemblée
générale et non du seul bureau – et une intervention
de Jean Rivière – rappelant que les réserves
financières de l’AFEA équivalent à cinq
années de cotisation – Divina Frau-Meigs suggère
la constitution d’une fondation, qui permettrait notamment à l’AFEA
d’entrer dans un GIS ou dans un GIP, ce qu’une simple
association ne peut faire. Catherine Collomp annonce en outre
que le bureau de l’AFEA a proposé au bureau de la
SAES d’augmenter la participation de l’AFEA aux bourses
de doctorat ainsi que le montant global de ces bourses, proposition
acceptée depuis par la SAES.
L’assemblée générale, par un vote à main
levée à l’unanimité, donne quitus à la
trésorière du bilan financier de 2004.

4. Agrégation externe d’anglais
Wilfrid Rotgé, vice-président du jury de l’Agrégation
externe d’anglais, présente, au nom du Président
du jury, Franck Lessay, le bilan de la session 2005 : les 145
postes mis au concours ont été attribués
(130 postes en 2004). Le rapport de la session 2005 est d’ores
et déjà disponible en ligne sur le site du Ministère
de l’Education Nationale. Wilfrid Rotgé se réjouit
de l’excellence des premiers reçus (résultats
supérieurs à ceux des premiers reçus de
2004 ; le premier reçu a une moyenne supérieure à 15/20)
et souligne l’augmentation du nombre de candidats reçus
dès leur première tentative. Par rapport au nombre
des inscrits qui se sont présentés à toutes
les épreuves et n’ont pas obtenu de note éliminatoire,
le taux de réussite est de 1 sur 6. Le nombre de reçus
est en augmentation dans les trois options (+ 5 % en option A,
+ 10 % en option B, + 30 % en option C). La moyenne des reçus
dans les trois options (respectivement 09,20/20, 10,88/20 et
11/20) est plus qu’honorable et Wilfrid Rotgé conclut
en se félicitant du fait que les derniers reçus
n’usurpent aucunement le titre d’agrégés.

5. CAPES d’anglais
La Présidente du jury du CAPES d’anglais ne pouvant être
présente, le bilan de la session 2005 aura été présenté lors
de l’assemblée générale de la SAES.
Concernant la réforme du CAPES, applicable dès
2006, créant une « mention complémentaire » en
anglais pour les candidats aux Capes de français, histoire
géographie EPS et de quatre langues vivantes, le bureau
de l’AFEA a adressé au Ministre de l’Education
Nationale une lettre conjointe avec la SAES posant la question
de la validité d’une telle mention. Cette lettre
se trouve sur le site de la SAES ainsi que la présentation
et discussion de cette réforme .

6. Congrès de l’AFEA
Catherine Collomp remercie les organisateurs du congrès
de Lille (2005) et se réjouit que la formule d’un
congrès sans thème ait été si fructueuse.
L’organisation du congrès du Mans (2006) est bien
avancée et Hélène Quanquin donne lecture
de l’intitulé des ateliers déjà confirmés
(6 en littérature, 2 en arts visuels, 8 en civilisation)
 ; elle annonce que l’appel à communication sera
diffusé sur la messagerie (date limite d’envoi des
propositions de communication : 1er décembre), tandis
qu’un lien avec la page du congrès sera sous peu
disponible sur le site de l’AFEA.
Pour 2007, Isabelle Vagnoux propose au nom de ses collègues
de l’Université d’Aix-Marseille I d’accueillir
le congrès de l’AFEA. Une autre proposition, alliant
un lieu à un thème, est formulée par Bernard
Vincent. Incité par la collaboration de la Bibliothèque
Nationale de France (BNF) et de la Library of Congress pour le
site « la France en Amérique », Bernard Vincent
a sollicité Monsieur Jean-Noël Jeanneney en vue de
l’organisation d’un congrès de l’AFEA
sur ce thème à la BNF en 2007. Devant l’accueil
favorable que cette proposition a recueilli à la BNF,
des dates ont été retenues : du jeudi 24 mai 2007
au samedi 26 mai 2007 (la BNF étant fermée le dimanche).
Le dimanche matin pourrait être consacré à une
projection au cinéma MK2 Bibliothèque voisin. Denis
Lacorne (civilisation) et Noëlle Batt (littérature)
se proposent de se charger de l’organisation scientifique,
tandis qu’il sera fait appel aux collègues en postes
dans des établissements de la région parisienne
pour l’organisation matérielle.
Devant ce projet ambitieux et stimulant, Isabelle Vagnoux retire
la proposition de l’Université d’Aix-Marseille
I et l’assemblée générale approuve à l’unanimité,
lors d’un vote à main levé, la proposition
de Bernard Vincent. Catherine Collomp invite Isabelle Vagnoux à solliciter
au nom de l’AFEA l’Université d’Aix-Marseille
I pour l’accueil du congrès de 2008.

7. Situation des revues
La RFEA sera bientôt disponible en ligne sur le portail
CAIRN (62 revues francophones) dont les éditions Belin
font partie. La numérisation des anciens numéros
est en cours grâce une subvention du CNL. La barrière
mobile (délai à partir duquel la revue est disponible
gratuitement en ligne) a été fixée par le
comité de rédaction de la RFEA à deux ans.
Une augmentation du prix de public au numéro à la
RFEA de 18 à 20 Euros est à prévoir pour
2006. Les adhérents de l’AFEA bénéficient
quant à eux d’une réduction de 50 % de ce
prix pour leur abonnement à la revue. Mais la part de
cet abonnement dans la cotisation a donc augmenté de 20%
depuis deux ans.
Divina Frau-Meigs rappelle que le mandat des rédactrices
en chef de la RFEA vient à expiration en mai 2006. Elle
souhaite pour l’avenir une valorisation des comptes-rendus,
dont elle appelle de ses vœux une présence plus
régulière sur papier comme en ligne. Elle pose
en outre la question de l’archivage des articles en lignes
et des droits pour les articles et les images publiés
dans des numéros antérieurs.
Vincent Michelot rappelle que Transatlantica est appelée à fonctionner à la
fois sur le mode de deux livraisons par an et sur celui de la
mise en ligne plus fréquente d’articles pouvant être
plus courts, plus polémiques ou réactifs et appelant
débat. Il annonce que Transatlantica est désormais
présente sur le portail revues.org. Il déplore
le faible nombre de dossiers proposés en littérature
et invite les américanistes littéraires à palier
ce décalage avec la civilisation en proposant des dossiers à Transatlantica.

8. EAAS
Michel Granger rappelle la tenue du congrès bisannuel à Chypre
du 7 au 10 avril 2006 et invite les membres de l’AFEA à y
participer.

9. Bibliographie des études américaines
Pierre Gervais a bon espoir que ses démarches auprès
de la BNF débouchent et permettent une mise en ligne prochaine
de la bibliographie désormais constituée des études
américaines en France.

10. Elections
L’assemblée générale procède à la
réélection (à bulletin secret et à l’unanimité moins
une voix) de Pierre Gervais pour un second mandat au bureau.
L’assemblée générale approuve (à main
levée et à l’unanimité) l’organisation
des doctoriales par les tandems Marc Amfreville-Hélène
Aji (littérature) et Donna Kesselman-Mark Meigs (civilisation) à compter
de 2006.
A 17 h 20, l’ordre du jour étant épuisé,
la séance est levée.

RAPPELS IMPORTANTS

Changements d’adresse  : N’oubliez pas de communiquer à Guillaume
Marche () tout changement d’adresse ou d’affectation, ainsi que
toute autre modification que vous souhaiteriez voir apporter à l’annuaire.

Ouvrages
Les livres sont à adresser pour recension à Annick
Duperray (littérature), Département d’études
du monde anglophone, 29 avenue Robert Schuman, 13621 Aix-en-Provence
Cedex 1, et Pierre Guerlain (civilisation), 26 avenue des Perdrix,
94210 La Varenne.
Les recensions regroupées seront annoncées sur
la messagerie et placées périodiquement sur le
site de l’AFEA