Doctoriales littérature

Organisateurs  : Françoise Palleau (U. Paris Nord-13) & François Specq (ENS de Lyon)

Répondants  : René Alladaye (U. de Toulouse 2-Le Mirail), Brigitte Félix (U. du Maine) et Diane Sabatier (U. de Perpignan)

Lieux : salle Multi du département d’études hispaniques (bâtiment Y, 2nd étage) durant la journée et Amphi Y (bâtiment Y, RDC) pour la réunion de 18h

PROGRAMME

  •  10:00 : Valérie Rauzier, U. Paul Valéry, Montpellier, France (supervisor : Claude Chastagner).
    “Diamanda Galàs et Kathy Acker : Les Artistes Objectent.”
  •  10:30 : François Hugonnier, U. of Paris-Ouest Nanterre, France (supervisor : Hélène Aji).
    “Les interdits de la représentation dans les œuvres de Paul Auster et Jerome Rothenberg.”

    11:00 Pause

  •  11:30 : Mary Boyington, U. of Provence, Aix-Marseille, France (supervisor : Annick Duperray). “Henry James et Maupassant : modalités de l’étrangeté.”

    12:00 Discussion

    12:30 Déjeuner

  •  14:30 : Joey Massé, U. of La Réunion / U. of Poitiers, France (supervisors : Eileen Williams-Wanquet and Liliane Louvel).
    “The Relationship Between Text and Image in the Works of Siri Hustvedt.”
  •  15:00 : Ferdous Grama, U. Paul Valéry, Montpellier, France / U. of Constantine, Algeria (supervisors : Claudine Raynaud and Nasr Eddine Megherbi).
    “Alice Walker, An Activist Writer.”

    15:30 Pause

  •  16:00 : Souleymane Ba, U. Paul Valéry, Montpellier, France (supervisor : Claudine Raynaud).
    “Colson Whitehead : vers une écriture post-raciale ?”

    16:30 Discussion

  •  18:00 Arnaud Roujou de Boubée (Fulbright / French American Commission) : Bourses et soutien à la recherche / Fellowships and support for researchers.

    ABSTRACTS

    Valérie Rauzier, U. Paul Valéry, Montpellier, France (supervisor : Claude Chastagner).
    Diamanda Galàs et Kathy Acker : Les Artistes Objectent.”

    Ce travail porte sur l’art de deux Américaines : Diamanda Galas et Kathy Acker et tout particulièrement sur la place centrale du corps dans leurs travaux. En effet, bien que leur supports soient très différents (l’une est pianiste et chanteuse, l’autre était écrivaine), toutes deux utilisent le corps comme scène théâtrale, le lieu ultime d’une mise en scène, d’une auto- représentation et de l’expression propre d’un sujet affranchi. Il s’agit alors d’une prise de pouvoir d’un sujet authentique.

    Le corps devient aussi arène, lieu de sacrifice où se révèle la vérité : celle du corps aliéné, objectifié. Elles mettent en évidence les limites qui lui sont imposées, les techniques et stratégies d’oppression du discours dominant.

    A l’issue de ces dénonciations, le un corps devient champ de bataille, où elles appellent à la rébellion. Une subversion nécessairement organique, manifestement viscérale de l’ordre établi s’instaure en contre-pouvoir et prône une décolonisation du corps.

    Toutes deux interprètent, écrivent et réécrivent, révèlent, de façon réciproque mais également réfléchie. L’expérience de l’audience est éminemment et parfois violemment physique elle aussi, inscrite profondément dans les corps. Leur oeuvre est incarnée d’un élan expérimentaliste par lequel elles déconstruisent et redéconstruisent les diverses structures de pouvoir.

    Les problèmes et questions que j’ai rencontrées jusqu’ici sont d’ordre essentiellement méthodologique. L’aspect interdisciplinaire du sujet (études culturelles, artistiques -théâtre, musique, littérature- musicologie, théorie queer et féministe) ne facilite en rien mon travail. De plus les sources secondaires sur les travaux de ces artistes sont assez rares.
    J’espère pouvoir lors des doctoriales trouver inspiration, échange, et de possibles collaborations et ainsi palier l’isolation.

    François Hugonnier, U. of Paris-Ouest Nanterre, France (supervisor : Hélène Aji).
    Les interdits de la représentation dans les œuvres de Paul Auster et Jerome Rothenberg.”

    Je rédige actuellement la première partie de mon Doctorat sous la direction d’Hélène Aji. Le titre que nous avions originalement choisi, et qui sera peut-être modifié à l’issue de la rédaction, était « Les interdits de la représentation dans les œuvres de Paul Auster et Jerome Rothenberg ». Mes recherches portent sur l’écriture diasporique juive-américaine de Paul Auster et Jerome Rothenberg, deux écrivains séculiers qui ont exploité en profondeur — et tenté de repousser — les possibilités de représentations et de témoignage offertes par le langage, sous des formes très diverses : poésie, essai, happening, commentaire en prose, anthologie et fiction.

    Bien que leurs œuvres et leurs carrières soient différentes, les motivations qui animent leur activité d’écriture sont similaires. L’un milite pour les formes linguistiques et poétiques avant-gardistes « en dehors de la littérature », l’autre est largement établi dans le « mainstream », bien que d’une façon originale et novatrice. Précisions encore que ni l’un ni l’autre ne rejette le « mainstream » (Rothenberg l’affirme lors de sa définition d’« outsider poetry »). La célèbre formule de Marina Tsvetayeva leur sert de point d’ancrage : « All poets are jews » (ce qui signifie également « All poets are not Jews », ajoute Rothenberg). [1]Auster et Rothenberg recherchent un langage nouveau issu d’un héritage juif européen et d’un héritage américain repoussant les limites du dicible et de la représentation, reformulant les questionnements identitaires et laissant une place importante à l’imagination afin de parvenir à un témoignage « plus complet ». Tous deux invités à témoigner lors de la conférence « Secular Jewish Culture / Radical Poetic Practice » modérée par Charles Bernstein à New York en 2004, ils offrent une vision complémentaire et représentative d’un mouvement radical juif américain qui milite pour la reconnaissance des formes linguistiques évoluant en dehors des techniques référentielles les plus reconnues. Leurs investigations philosophiques, poétiques et linguistiques sont en grande partie héritées de leurs filiations intellectuelles et artistiques juives, expérimentées et affinées lors de leurs travaux de recherches mémoriels et ancestraux (hommage, mémoire, anthologie, midrash, réécriture, etc.).

    Dans la première partie de ma thèse, je traite des représentations de l’écrivain comme passeur et travailleur solitaire aliéné, qu’Edmond Jabès et Paul Celan, leurs influences communes et premières, reconnaissent également comme analogique à la condition juive. Les liens entre l’errance diasporique et l’histoire de la création des Etats-Unis y sont également abordés. Auster et Rothenberg ont effectué les premiers pas de leur parcours d’écrivains juifs-américains en tant que commentateurs, intervieweurs et traducteurs des écrivains de la diaspora (Celan, Jabès, Reznikoff, Oppen, etc.). [2] Auster et Rothenberg ont ainsi confronté leurs aspirations à celles de ces écrivains de l’indicible pour forger leur propre système sémiotique, afin de parvenir à défier les interdits de la représentation et dépasser les limites du langage. Arrivant bientôt au terme de ma première partie, je m’apprête à rédiger une dernière sous-partie sur l’indicible mystique, qui est à distinguer de l’indicible traumatique, et dont l’expérimentation est pour Auster et Rothenberg une étape importante vers l’expression de l’inexprimable, symbolisée notamment par le nom imprononçable de YHWH. Ces écrivains sont fascinés par l’acte de nommer, qui est lui-même à l’origine de l’activité poétique.

    Paul Auster et Jerome Rothenberg sont des écrivains d’après Auschwitz, Hiroshima et le 11 Septembre. C’est là que s’articule le deuxième grand axe de ma thèse, dont j’ai proposé un premier résultat scientifique lors du colloque international « Perspectives on 9/11 », [3] et dont j’aborderai un autre aspect, spécifiquement dans l’œuvre de Rothenberg cette fois, lors du Congrès de l’AFEA 2012 (atelier « Héritages Modernistes » avec Axel Nesme et Isabelle Alfandary). Pour reprendre deux termes clefs de Maurice Blanchot, Auster et Rothenberg sont des écrivains du « désastre  » et leurs techniques de « détour » pour re-présenter l’événement traumatique sont singulières (le traumatisme sera abordé dans les champs linguistique, philosophique, psychanalytique et littéraire). Dans la compilation Triptych (2007), Rothenberg donne d’abord voix à ses ancêtres fantasmés de Pologne ainsi qu’aux Indiens d’Amérique (Poland/1931 [1974]), puis aux témoins intégraux, ceux qui n’ont pas pu parler lors du désastre de la Shoah, terme préférable à Holocauste mais inadéquat pour Rothenberg qui le renomme Khurbn (1989), signifiant « désastre » ou « destruction » en Yiddish. Dans le dernier volet The Burning Babe (2006), Rothenberg témoigne enfin des attentats du 11 septembre dont il fut l’un des témoins direct. Se démarquant de l’œuvre de Charles Reznikoff, comme il me l’a spécifié lors de notre entrevue, Rothenberg produit des poèmes alternant entre témoignage brut et imagination, avec une grande liberté spéculative (illustrée par l’utilisation de la gematria, procédé d’association poétique numérologique inspiré des kabbalistes).

    Reconnaissant la couverture du New Yorker réalisée par Art Spiegelman (2001) comme un chef d’œuvre de l’anti-représentation, Paul Auster décrit brièvement la chute des tours comme étant la re-présentation (ou autrement dit, la délocalisation) des événements de la Shoah, dont il a insisté sur le caractère indicible dans son œuvre de jeunesse (poésie, essais sur Reznikoff, Jabès, Celan, Oppen, et son mémoire The Invention of Solitude [1982]) : « in the fire and smoke of three thousand incinerated bodies, a holocaust was visited upon us » (Collected Prose, 2003). Cette phrase est d’ailleurs répétée exactement mot pour mot, bien que de façon elliptique, lors de la conclusion du roman The Brooklyn Follies (2005). Dans Oracle Night (2004), on remarque le même tarissement du discours lorsque la voix narrative du récit dans le récit se trouve enfermée avec son personnage principal dans un abri antiatomique. Ni Paul Auster, ni ses personnages de fiction ne s’attardent à décrire l’événement traumatique, mais celui-ci est pourtant le moteur sous-jacent de l’ensemble de son œuvre post-11 septembre. Auster a recours à des détours métaphoriques, linguistiques et même uchroniques pour défier les limites du langage. Dans son essai sur Reznikoff, Auster déplorait l’impossibilité de témoigner directement des événements indicibles d’Auschwitz. Dans ses romans posant souvent la question de la théodicée (In the Country of Last Things, Oracle Night), le langage devient vecteur d’un contenu référentiel en dehors du langage et de la représentation, mettant en doute la validité du matériau linguistique et de la relation arbitraire et peu fiable entre signe linguistique et objet. J’ai abordé ce phénomène en détail dans le chapitre « Speaking the Unspeakbale : Auster’s Semeotic World » [4] ainsi que lors de mon intervention sur « L’artiste faussaire et la création du réel : The Brooklyn Follies de Paul Auster » dans le cadre du congrès de l’AFEA 2011.

    La difficulté principale que je rencontre est une impression de retenue de l’écriture due au risque d’anticipation sur certaines idées prévues pour être traitées ultérieurement dans le développement. Cela me procure paradoxalement l’alternance d’un sentiment de cohésion de la problématique globale et de doutes profonds sur la validité de mon plan détaillé. Ce problème semble être lié au fait que la véritable conceptualisation, le résultat concret de la recherche, n’arrive qu’au fil de l’écriture. Les conclusions provisoires participent à une vision d’ensemble et s’acheminent pas à pas vers une réponse plurielle et mouvante aux questions posées initialement. Mon travail porte sur des écrivains qui placent le questionnement au cœur de l’acticité d’écriture et de leur esthétique. Par conséquent, il m’est parfois difficile, à mon tour, d’obtenir d’autre résultat qu’une question. Mais n’est-ce-pas là, et en dehors de tout particularisme, un aspect universel de la recherche littéraire ?

    Mary Boyington, U. of Provence, Aix-Marseille, France (supervisor:Annick Duperray). “Henry James et Maupassant : modalités de l’étrangeté.”

    This dissertation analyses the uncanny in the tales of Henry James and Guy de Maupassant and the critical reception of Maupassant by James.
    My initial research for this dissertation had centered on nineteenth century American tales and how the development of the French conte fantastique evolved in comparison. The original project was entirely too vast and could not adequately analyze the trans-Atlantic connections between authors and the common influences on their supernatural tales in one disseration. Through further analysis, I came to focus on the uncanny (inquietante étrangeté) and its development during the nineteenth century, leading up to Fred’s essay The Uncanny in 1919, and on finding the right duo of authors to examine.

    It became increasingly clear that Henry James was an ideal choice to study in conjunction with the uncanny. James’s realistic ghost tales give the reader unlimited possibilities for interpretation. The literary corpus concentrates on the ghost tales, published after 1890, and include The Turn of the Screw, Sir Edmund Orme, Owen Wingrave, The Friends of Friends, and the Jolly Corner. James himself described the psychological elements of his supernatural tales as the “strange and sinister embroidered on the very type of the normal and easy” and these elements tie directly into Freuds theory of the uncanny being rooted in what is familiar and “homely”.

    After deciding on Henry James, working with not only his works of fiction, I began to explore the volumes of critical essays and literary criticism written by the author. He painstakingly wrote volumes on his contemporaries, colleagues, and literary influences. Although his main focus on his French counterparts were celebrated novelists, James does write of Maupassant’s mastery of the short story. Although James does not analyze Maupassant’s contes fantastiques directly, we can use the essays and writings in Literary Criticism (Vol. II), The Art of Fiction, the essay Guy de Maupassant, and the preface to the English translation of the Odd Number to establish James’ critical reception of Maupassant and the subsequent manifestations of this French influence on the uncanny elements of his ghost tales. I will further explore how these tales developed following the publications of Maupassant’s tales Le Horla, Qui sait, and Lui, as these works gave precedent to the uncanny elements in James’s ghost tales.

    This dissertation is organized into three sections : establishing the uncanny in relation to fantastic /supernatural nineteenth-century literature ; literary criticism and critical reception of Maupassant by James ; analysis of tales and demonstration of influential elements of the uncanny. Critical elements will include an analysis of the literary genre to which these tales belong and a psychoanalytical approach to literary analysis as well as reception studies. I will use not only Freud’s essay on the uncanny, subsequent writings on Freud, along with other literary criticism on fantastic literature, and most importantly James’s writings on Maupassant.

    I feel this dissertation will make a significant contribution to the academy and will bring a new perspective to current scholarly publications in the area of James studies and in comparative literature.

    Joey Massé, U. of La Réunion / U. of Poitiers, France (supervisors : Eileen Williams-Wanquet and Liliane Louvel).
    The Relationship Between Text and Image in the Works of Siri Hustvedt.”

    My PhD project is currently entitled : “The relationship between text and image in the works of Siri Hustvedt.” The corpus consists of five novels : The Blindfold (1992), The Enchantment of Lily Dahl (1996), What I loved (2003), Sorrows of an American (2007) and A Summer Without Men (2011). Siri Hustvedt is an American writer of Norwegian origin. She has lived in New York City for the past thirty years. Since the 1980s, Siri Hustvedt has had a rich literary career, writing poetry, novels and collections of essays. She is very interested in psychoanalysis and neuroscience. In her works of fiction, one cannot help but notice the importance given to the notions of identity, memory and imagination. Moreover, art seems to impregnate most of her works. Indeed, the narrative is often set in the New York art world and the author introduces descriptions of works of art in her novels.

    The purpose of my research is to study the strong presence of the visual in Siri Hustvedt’s fiction. Her stories are saturated with vivid and lively descriptions of paintings, photographs and art exhibitions. These literary descriptions of visual works, called ekphrasis, seem to be central to the novels’ plots. This research examines the function of the introduction of images in a literary text and questions the impact of this event on the reader/viewer’s mind. This study will deal with art and identity or how the descriptions of works of art contribute to characterization. Indeed, art in various forms does not appear as a mere object of contemplation — the characters face the works of art in a violent and direct way, thus revealing complex psyches.

    This research aims at a thorough study of Siri Hustvedt’s works of fiction, which has not been undertaken in France so far. What is more, it could also contribute to the development of intermedial studies. I will make use of the works of Liliane Louvel L’œil du texte. Texte et image dans la littérature de langue anglaise (1998) Texte et Image. Images à lire, textes à voir (2002) et Le Tiers Pictural. Pour une critique intermédiale (2010) as a theoretical and critical method to analyze the function of the image in a literary text, its various modes of insertion as well as its effects on the reader/viewer. Using the research work done during my master’s degree on The Blindfold, I will resort to a number of methods and theories of art history, such as Erwin Panofsky’s iconographic analysis and Charles Sanders Peirce’s modern theory of signs. I will also be using the theories of poststructuralist and postmodern philosophers, such as Jacques Derrida, Gilles Deleuze and Clément Rosset for my analysis of perception and reality. Finally, I will refer to the works of Susan Sontag, Roland Barthes and Philippe Dubois for the study of the photographs in the novels, focusing on the theories of portrait photography and its reception.

    After a brief summary of my research, I intend to explain its progress and the results obtained so far. Then, I propose to present some of the methodological issues that I am concerned with such as the need to elaborate a more precise research question as well as how to organize a thesis plan.

    Ferdous Grama, U. Paul Valéry, Montpellier, France / U. of Constantine, Algeria (supervisors : Claudine Raynaud and Nasr Eddine Megherbi).
    Alice Walker, An Activist Writer.”

    Alice Walker defines herself in the subtitle of one of her collections as an activist writer (Anything We Love Can Be Saved. A Writer’s Activism [1997]) while she plays down her militant involvement in the Mississippi Civil Rights Movement. One of the main figures of the African American literary scene and Black American feminism through her conception of “womanism” and her writings (“Advancing Luna and Ida B. Wells” [1982]), Alice Walker is a controversial political writer whose poetic and novelistic writings are related to her often autobiographical essays —“In Search of Our Mother’s Gardens” (1984), “Living by the Word” (1988), and “Anything We Love Can Be Saved” (1997)—and public interventions in the struggles of the African American minority and the feminist fight.

    My thesis will first examine Alice Walker’s novel Meridian that was published in 1976. It portrays the struggle of black women against sexism and racism and their quest for self-identity, a theme discussed in her essay “The Civil Rights Movement, What Good Was It ?” (1967). Set in the 1960’s and the 1970’s, Meridian tells the story of Meridian Hill, a young drop out coming of age in the boiling sixties and her involvement in the Civil Rights Movement in the South. It is a novel that asserts the movement’s vision of freedom and nonviolence by bringing constantly to the fore questions of political significance as it examines the meanings, methods and goals of revolutionary actions. Walker transposes in this work some of her own personal experiences as an activist in the Civil Rights Movement and also stages most of questions that relate to black History and the role of African American women as activists and artists. Clearly, Walker has drawn upon important elements of her own life for the novel, sometimes paralleling them, sometimes inverting them. I will try to investigate the links between the writing of black History and the aesthetics developed to put forward what Walker defines as “spiritual survival”.

    The development of a Black American feminism in the 1970’s, regional registration (the South), the centrality of The Color Purple (1982) where Walker denounces patriarchal black culture, the claim for a matrilineal heritage (Zora Neale Hurston), the struggle against female genital mutilation (The Temple of My Familiar [1989], Possessing the Secret of Joy [1992], By The Light of My Father’s Smile [1998], Warrior Marks [1993]), the quest for identity and Walker’s final phase that many define as philosophical “New Age” will be the milestones of this analysis that is marked by controversy. If the relationship between the autobiographical and the other genres (novel, poetry and essay) constitutes the hallmark of Walker’s literary work, it is then important to define the links between politics and aesthetics. What are the implications of this interaction on the notion of ‘author’, the figure of the writer, the place given to the reader ? What incursions does Walker’s literary work ultimately perform into the black feminist discourse ? In short, what is at stake in Walker’s concept of “the black revolutionary artist” in its relationship to her craft as poet and novelist ?. Finally, what is the purpose from writing Meridian ? How does Walker, as a feminist black writer, deal with the trauma of the black community through her novel ?

    Souleymane Ba, U. Paul Valéry, Montpellier, France (supervisor : Claudine Raynaud).
    Colson Whitehead : vers une écriture post-raciale ?”

    In an article that was published, a year after Barack Obama’s election, under the title “The Year of Living Post-Racially” (2009), Colson Whitehead ironically discusses the meaning of race in the mainstream American literature, popular culture, and politics. In this article, Whitehead presents himself as a candidate for the position of a “post-racial czar.” Indeed, about his potential artistic mission, he postulates the changes he would like to make : “And literature ? Take Beloved, the Pulitzer Prize-winning novel by Toni Morrison […] Let us improve Ms. Morrison’s timeless classic. We keep the name — it’s so totally, invitingly post-racial — but make the eponymous ghost more Casper-like. Without making her Casper-looking. That would totally change the aesthetic intent of the book” (Whitehead, The New York Times, 2009). The question “is Colson Whitehead Post-racial in his aesthetics ?” constitutes to some extent a problematic with regard to the tradition of African American literature in the sense that from the slave narratives to the Black Arts aesthetics with a detour through the Harlem Renaissance movement, this literary tradition presents Art as a form of propaganda, a device to fight racism, deconstruct white supremacy, and advance a positive portrayal of the black character.

    Yet, Whitehead seems to have a different standpoint on the role of literature in society and the role of the novelist in his community far from what the Harlem Renaissance and Black Arts Movement writers claim. Whitehead’s writing is often described as not carrying the burden of that canonically racial consciousness or protest. John Updike notes from Colson Whitehead’s novels that his black characters are not like Richard Wright’s or Ralph Ellison’s characters who are over-burdened by the racial struggles (Updike, Due Considerations, 258).

    In Sag Harbor (2010), the plot evolves around a Black middle-class family that has a big house in the heart of Manhattan ; they send their kids to a private language immersion school where French professors teach them ; they go to Sag Harbor island for their summer vacations. And Zone One (2011) presents a post-apocalyptic world infected by zombies. Racism and racial prejudices are temporarily inexistent. Therefore these two plots are not built around the racial identity quest motif.

    Such a lack of activism in Whitehead’s novels is viewed by Kenneth Warren as a sign of class difference and a form of individual identity formation that does not identify with the community (What Was African American Literature ? 2011, 110). Bernard Bell also comes to the same conclusion in his book, The Contemporary African American Novel (2004) that links Whitehead to the group of the New Black Aesthetics (NBA).

    So in this following analysis a particular attention will be devoted to showing what does Whitehead have in common with this burgeoning NBA initiated by Trey Ellis (The New Black Aesthetics, 2008) ? In what terms is Whitehead’s writing post-racial ? The analysis of two master tropes : satire and signifying will show the Whitehead’s take on canonical texts and critical issues in the tradition, like passing, heroism, naming, etc.

    [1Par exemple, Auster et Rothenberg parodient la traversée des grands espaces et de la « wilderness » américaine. Leur vision de l’Amérique s’inscrit par ailleurs dans l’héritage de Franz Kafka (Amerika). Leur engagement politique et artistique militant est marqué au départ par les mouvements de contestation contre la guerre du Vietnam. 1968 est une date marquante pour ces deux écrivains New-Yorkais d’origine. Nous espérons aboutir à une définition de leur écriture juive-américaine dans la troisième partie de la thèse.

    [2Un premier résultat de cet aspect de mes recherches a été publié dans « Diaspora Re-writing in the Works of Secular Jewish-American Writers Paul Auster and Jerome Rothenberg » (in Hyphen, Special Number on Diaspora Writing Across the World, Shimla, India, 2011).

    [3« Traumatisme et écriture du désastre dans Man in the Dark de Paul Auster » (Université Aix-Marseille / UQAM, octobre 2010).

    [4The Invention of Illusions : International Perspectives on Paul Auster, ed. Stefania Ciocia and Jesús A. González, Newcastle : Cambridge Scholars Publishing, 2011, (Chapter 12), 259-287.