{"id":2100,"date":"2021-07-05T09:22:04","date_gmt":"2021-07-05T07:22:04","guid":{"rendered":"https:\/\/afea.fr\/news\/?p=2100"},"modified":"2021-07-29T08:28:23","modified_gmt":"2021-07-29T06:28:23","slug":"telling-and-exhibiting-minorities-in-france-and-north-america-minorities-and-their-museum-mediations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afea.fr\/news\/cfp\/telling-and-exhibiting-minorities-in-france-and-north-america-minorities-and-their-museum-mediations\/2100\/","title":{"rendered":"Telling and exhibiting minorities in France and North America: minorities and their museum mediations"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400\"><strong>Raconter et exposer les minorit\u00e9s : m\u00e9diations mus\u00e9ales en France et en Am\u00e9rique du Nord<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><strong>Telling and exhibiting\u00a0minorities\u00a0in France and North America:\u00a0minorities\u00a0and their museum mediations\u00a0<\/strong><strong><em>(English below)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><strong>Dates :\u00a0Mercredi 20 avril 2022 et jeudi 21 avril 2022 (<\/strong><strong>04\/20\/2022 &amp; 04\/21\/2022 )<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><strong>Lieu\u00a0: mus\u00e9e du quai Branly \u2013 Jacques Chirac \/ Campus Condorcet. (Paris\/Aubervilliers)<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce colloque international est organis\u00e9 par l\u2019Institut d\u2019Histoire du Temps Pr\u00e9sent, UMR 8244 (CNRS-Universit\u00e9 Paris 8) et le\u00a0<\/strong><strong>mus\u00e9e du quai Branly \u2013 Jacques Chirac,<\/strong><\/p>\n<p><strong>avec le soutien de l\u2019Universit\u00e9 Paris Lumi\u00e8res, ComUE UPL, du Mus\u00e9e National de l\u2019Histoire de l\u2019Immigration, de la Fondation pour la M\u00e9moire de l\u2019Esclavage, du Center for Research on the English-speaking World (CREW) &#8211; EA 4399 de la Sorbonne Nouvelle, et du Labex les Pass\u00e9s dans le Pr\u00e9sent.<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\">Nous proposons dans ce colloque de nous pencher sur les relations entre les minorit\u00e9s et les mus\u00e9es et sites patrimoniaux en Am\u00e9rique du Nord et en France et d\u2019abandonner le point de vue majoritaire, qui se d\u00e9cline en termes de domination et d\u2019assignation, pour renverser le regard. En nous situant du point de vue de l\u2019exp\u00e9rience minoritaire, nous pourrons envisager la minorit\u00e9 dans sa capacit\u00e9 \u00e0 agir\u00a0(Ndiaye, 2008\u00a0; Chassain et al., 2016). Les minorit\u00e9s sont per\u00e7ues et d\u00e9finies par le groupe majoritaire en tant que mineures selon deux principes qui ne s\u2019excluent pas\u00a0: celui du nombre, qui identifie diff\u00e9rents traits religieux, ethniques ou culturels, et celui du statut, qui caract\u00e9rise ce qui est tenu pour mineur, renvoy\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire des vaincus, \u00e0 l\u2019absence d\u2019histoire. Dans la relation des minorit\u00e9s aux mus\u00e9es, il est possible de distinguer deux mouvements qui, bien qu\u2019autonomes, interagissent. Le premier, sans doute le plus document\u00e9, par lequel les mus\u00e9es ont essay\u00e9 de \u00ab\u00a0d\u00e9coloniser\u00a0\u00bb les r\u00e9cits sur l\u2019exp\u00e9rience minoritaire\u00a0(Chivallon, 2013). Le second par lequel les groupes minoris\u00e9s ont promu l\u2019\u00e9mergence de contre-r\u00e9cits ind\u00e9pendants, sous des formes diverses, leurs actions pr\u00e9c\u00e9dant souvent la r\u00e9\u00e9valuation critique des politiques mus\u00e9ales\u00a0(Laithier et al., 2008).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\">Depuis la fin des ann\u00e9es 1960, les mus\u00e9es et leurs professionnels ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9s et appel\u00e9s \u00e0 participer aux d\u00e9bats soulev\u00e9s en relation au pass\u00e9 esclavagiste, colonial ou \u00e0 la construction nationale, construction dont ils ont \u00e9t\u00e9 partie prenante d\u00e8s le XIXe\u00a0(Conklin, 2013). Les traditions mus\u00e9ales, longtemps marqu\u00e9es par l\u2019anthropologie raciale, ont \u00e9t\u00e9 remises en cause. Les mus\u00e9es dits de soci\u00e9t\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 au centre de ces controverses. Ainsi, \u00e0 la suite de l\u2019exposition consacr\u00e9e aux arts autochtones en 1987 au Glenbow Museum de Calgary, le Canada s\u2019est engag\u00e9 dans une politique d\u2019association des peuples premiers \u00e0 la gestion des mus\u00e9es\u00a0(Dubuc, 2002,\u00a0p.\u00a031\u201158). Parfois c\u2019est au sein de l\u2019universit\u00e9 que naissent les projets de mus\u00e9e, tel le Museo de Historia, Antropolog\u00eda y Arte de la Universidad de Puerto Rico, fond\u00e9 en 1951, qui nous rappelle aussi incidemment que la probl\u00e9matique coloniale peut aussi concerner les \u00c9tats-Unis.\u00a0En France, l\u2019exposition \u00ab\u00a0les Anneaux de la M\u00e9moire\u00a0\u00bb, en 1992 \u00e0 Nantes, a \u00e9t\u00e9 un moment important du retour sur le pass\u00e9 esclavagiste\u00a0(Hourcade, 2015). Ainsi depuis les ann\u00e9es 1970 la m\u00e9diatisation des histoires minoritaires a \u00e9t\u00e9 largement repens\u00e9e par les praticiens des mus\u00e9es, en collaboration avec les historiennes et les historiens\u00a0(Weiser, 2018).\u00a0\u00c0 ce titre il faut signaler l\u2019impact qu\u2019a eu le mus\u00e9e du quai Branly, ouvert en 2006, en raison de son rapide succ\u00e8s (K\u00f6nig et al. 2018). Les mus\u00e9es europ\u00e9ens travaillent d\u00e9sormais en r\u00e9seau et les r\u00e9flexions port\u00e9es par le r\u00e9seau RIME, R\u00e9seau International des Mus\u00e9es Ethnographiques ont jou\u00e9 sur ces questions un r\u00f4le pionnier entre 2007 et 2010.\u00a0Aux \u00c9tats-Unis, les mobilisations africaines-am\u00e9ricaines ont donn\u00e9 naissance dans les ann\u00e9es 1960 \u00e0 des mus\u00e9es sur l\u2019histoire et la culture africaines-am\u00e9ricaines, tel le Du Sable Museum \u00e0 Chicago\u00a0(Feldman, DuSable Museum of African American History, 1981\u00a0; Burns, 2013). Par ailleurs depuis les ann\u00e9es 1970 se sont multipli\u00e9s diff\u00e9rents dispositifs patrimoniaux qui \u00ab\u00a0mus\u00e9ifient\u00a0\u00bb des sites historiques : champs de bataille des guerres indiennes, camps de concentration, cimeti\u00e8res africains-am\u00e9ricains\u00a0(Forsyth, 2003\u00a0; Jeanmougin, Mencherini, 2013\u00a0; Blee, 2018\u00a0; Faucquez, 2018\u00a0; Spencer, 2020). La vocation de ces\u00a0dispositifs m\u00e9moriaux in-situ<strong>,<\/strong>\u00a0souvent sans collection, oscille parfois entre comm\u00e9moration et conservation. Il faut rappeler que la d\u00e9marche mus\u00e9ale\u00a0demeure\u00a0\u00ab\u00a0critique et scientifique, [\u00e0 l\u2019inverse du]\u00a0m\u00e9morial qui fait appel, exclusivement, \u00e0 l\u2019\u00e9motion et \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion, au recueillement \u00bb \u2013 l\u2019association des deux d\u00e9marches pouvant \u00eatre probl\u00e9matique (Gob, Drouguet, 2014, p. 66). Ces sites patrimoniaux soul\u00e8vent la question des sources et de leur raret\u00e9 : qu\u2019exposer lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de collection, et que montrer lorsqu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019images ? Le fait minoritaire implique souvent la raret\u00e9 des sources et la longue absence d\u2019une collecte qui t\u00e9moigne du manque d\u2019int\u00e9r\u00eat pour ces patrimoines minoritaires. D\u2019autre part ces sources deviennent parfois le support d\u2019un discours militant. Ces d\u00e9bats sont plus que jamais actuels : le congr\u00e8s du Comit\u00e9 International pour la Mus\u00e9ologie (ICOFOM) en 2021 s\u2019intitulait ainsi \u00ab D\u00e9coloniser la mus\u00e9ologie : Mus\u00e9es, m\u00e9tissages et mythes d\u2019origine \u00bb.<\/p>\n<p>La dimension comparatiste est essentielle tant les contextes nationaux sont diff\u00e9rents aussi bien du point de vue de la place des minorit\u00e9s que de celle des traditions mus\u00e9ales. Dans les pays consid\u00e9r\u00e9s, l\u2019assignation minoritaire s\u2019appuie sur des diff\u00e9rences essentialis\u00e9es, culturelles, religieuses, linguistiques, ou raciales, qu\u2019une approche historique permet de relier aux pass\u00e9s esclavagistes, coloniaux ou issus des migrations (Teuli\u00e8res, 2005 ; Araujo, Seiderer, 2007 ; Verg\u00e8s, 2008 ; Chivallon, 2012). Les situations nationales sont diff\u00e9rentes d\u2019abord du fait de l\u2019histoire : Le Canada et les \u00c9tats-Unis sont les produits de colonisations europ\u00e9ennes, qui ont assujetti les Am\u00e9rindiens et d\u00e9port\u00e9 les Africains en esclavage, deux ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9troitement li\u00e9s \u2013l\u2019esclavage a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des modalit\u00e9s du colonialisme. La France a \u00e9t\u00e9 une puissance colonisatrice et esclavagiste, mais ses plantations se trouvaient en Am\u00e9rique ou dans l\u2019Oc\u00e9an indien, sur les \u00ab \u00eeles \u00e0 sucre \u00bb. Ceci produit des situations diff\u00e9rentes, selon que certaines minorit\u00e9s vivent au sein de la majorit\u00e9, tels les Africains-Am\u00e9ricains, les Latinos, ou les Juifs aux Etats-Unis, alors que d\u2019autres comme les Antillais sont \u00e9videmment majoritaires en Guadeloupe et en Martinique (Gosson, 2012 ; Larcher, 2014). Si l\u2019Am\u00e9rique du Nord comme la France ont connu des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019immigration similaires, celle-ci se fait dans un contexte diff\u00e9rent. En France l\u2019universalisme r\u00e9publicain a longtemps invisibilis\u00e9 les minorit\u00e9s li\u00e9es au pass\u00e9 colonial, esclavagiste, et aux ph\u00e9nom\u00e8nes migratoires et propos\u00e9 \u00ab une histoire nationale qui par principe ignore les minorit\u00e9s \u00bb (Laithier et al., 2008, p. 261 ; Ledoux, 2021). Celles-ci sont qualifi\u00e9es de \u00ab visibles \u00bb lorsqu\u2019elles revendiquent l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement (Scioldo-Z\u00fcrcher, 2016 ; Aje, Gachon, 2018). Aux Etats-Unis, le peuplement par des immigrants de toutes origines et par les esclaves, a abouti \u00e0 la perception d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 multiculturelle au tournant des ann\u00e9es 1960 (Takaki, 1993 ; Schor, 2009 ; Richomme, 2013). Au Canada les \u00ab minorit\u00e9s visibles \u00bb sont une cat\u00e9gorie juridique li\u00e9e au recensement, alors que les populations dites \u00ab autochtones \u00bb sont, elles, class\u00e9es \u00e0 part (Minist\u00e8re de la justice, 1995).<\/p>\n<p>Par ailleurs, il est n\u00e9cessaire de mettre en regard deux traditions mus\u00e9ales pour partie distinctes. En Am\u00e9rique du Nord, les mus\u00e9es, le plus souvent fond\u00e9s par des initiatives priv\u00e9es, donnent la part belle \u00e0 l\u2019histoire : ainsi les mus\u00e9es de soci\u00e9t\u00e9 repr\u00e9sentent pr\u00e8s de 60% du r\u00e9seau canadien (Gob, Drouguet, 2014, p. 13). En France, comme dans presque toute l\u2019Europe, les mus\u00e9es ont le plus souvent \u00e9t\u00e9 fond\u00e9s par les autorit\u00e9s, et s\u2019appuient sur l\u2019h\u00e9ritage des pratiques de collection. L\u2019histoire des diff\u00e9rents peuples y a longtemps pris la forme d\u2019un regard ethnographique qui d\u00e9crivait les \u00ab Arts et Traditions Populaires \u00bb, du nom du mus\u00e9e fond\u00e9 en 1937 par George Henri Rivi\u00e8re, ou bien mettait en valeur les cultures locales comme le Museon Arlaten, pionnier en la mati\u00e8re en 1903. Quant aux peuples consid\u00e9r\u00e9s comme \u00ab primitifs \u00bb, l\u2019int\u00e9r\u00eat que leur portaient les Europ\u00e9ens s\u2019inscrivait dans la qu\u00eate de l\u2019exotisme, dans la lign\u00e9e du romantisme. Le contexte colonial explique que les narrations historiques propos\u00e9es par les mus\u00e9es et les sites patrimoniaux aient longtemps ignor\u00e9 les r\u00e9cits minoritaires, alors que d\u00e8s le XIXe si\u00e8cle, ils \u00e9taient partie prenante des processus d\u2019\u00e9dification nationale qui empruntaient notamment le chemin de la cr\u00e9ation d\u2019une \u00ab communaut\u00e9 imaginaire \u00bb (Anderson, 2006 ; Hobsbawm, Ranger, 2012). L\u2019historien Dipesh Chakrabarty a mis en lumi\u00e8re, par sa critique de l\u2019historicisme moderne, la mani\u00e8re dont certains pass\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme mineurs, alors que les \u00ab adultes \u00bb europ\u00e9ens pr\u00e9tendaient prendre en charge les colonis\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 leur \u00ab majorit\u00e9 \u00bb (Chakrabarty, 2000).<\/p>\n<p>Lors de ce colloque, nous proposons de croiser les regards entre chercheurs en sciences humaines et professionnels des mus\u00e9es, afin de revenir sur la mani\u00e8re dont les histoires des minorit\u00e9s ont trouv\u00e9 leur place dans les mus\u00e9es aux \u00c9tats-Unis, en France et au Canada, et sur les \u00e9volutions de ces mises en r\u00e9cit. Comment ces groupes ont-ils cherch\u00e9 \u00e0 ce que leur histoire soit racont\u00e9e au sein des institutions mus\u00e9ales ? Ont-ils revendiqu\u00e9 des moyens propres, une prise en compte par les autorit\u00e9s culturelles, ou se sont-ils donn\u00e9s eux-m\u00eames les moyens de raconter et d\u2019exposer leur histoire dans des lieux s\u00e9par\u00e9s, dans lesquels ils avaient le contr\u00f4le des r\u00e9cits et des pi\u00e8ces mobilis\u00e9s au service de ceux-ci ? Les r\u00e9cits qui pr\u00e9existaient ont-ils \u00e9t\u00e9 contest\u00e9s ? Les sources et les archives mobilis\u00e9es au service de cette m\u00e9diation mus\u00e9ale doivent \u00eatre aussi interrog\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Dans cette perspective comparatiste, les axes suivants pourront faire l\u2019objet de communications :<\/strong><\/p>\n<p>\u00b7 Nous proposons de r\u00e9fl\u00e9chir aux actions men\u00e9es par les groupes minoritaires lorsqu\u2019ils ont pour objectif d\u2019influencer les politiques mus\u00e9ales, qu\u2019ils interpellent les politiques publiques ou initient des projets de nouveaux mus\u00e9es. Quelles sont les revendications minoritaires, quelles formes prennent-elles, et comment \u00e9voluent-elles ? Il est souvent dit que les minorit\u00e9s sont plus enclines \u00e0 r\u00e9clamer la conservation de leur m\u00e9moire que la m\u00e9diation de leur histoire, \u00e0 favoriser la comm\u00e9moration plut\u00f4t que la d\u00e9marche critique (Teuli\u00e8res, 2005 ; Blanchard, Veyrat-Masson, 2008). Cette affirmation est probablement \u00e0 discuter. Ces revendications, parfois consid\u00e9r\u00e9es comme des exc\u00e8s de m\u00e9moire, au service de devoirs de m\u00e9moire, mettent-elles en p\u00e9ril l\u2019\u00e9criture de l\u2019histoire ? (Benbassa, 2008, p. 8) Quels sont les effets et les d\u00e9bats soulev\u00e9s par les pi\u00e8ces et objets expos\u00e9s ? (Faucquez, 2018). Ainsi l\u2019appropriation des objets par la culture majoritaire pose probl\u00e8me et comme le note \u00c9lise Dubuc, \u00ab rien ne [peut] \u00eatre chang\u00e9 au fait que ces objets sont collectionn\u00e9s par une autre culture et interpr\u00e9t\u00e9s selon des valeurs \u00e9trang\u00e8res aussi politiquement correctes soient-elles \u00bb (Dubuc, 2004, p. 51). Les enjeux d\u2019une nouvelle \u00e9thique ont \u00e9t\u00e9 amplement mis en lumi\u00e8re r\u00e9cemment en France avec le rapport Sarr\/Savoye, cependant ils ne se limitent pas \u00e0 la question des restitutions d\u2019\u0153uvre d\u2019art dans un \u00ab retour du m\u00eame \u00bb : \u00ab ces objets, devenus des diasporas, sont les m\u00e9diateurs d\u2019une relation qui reste \u00e0 r\u00e9inventer \u00bb (Sarr, Savoy, 2019, p. 33).<\/p>\n<p>\u00b7 Nous souhaitons par ailleurs interroger la place qu\u2019occupe l\u2019histoire des minorit\u00e9s dans les mus\u00e9es et son \u00e9volution. Cela signifie prendre en compte la mani\u00e8re dont les demandes sociales \u00e9voluent, de la fascination pour l\u2019exotisme qu\u2019ont manifest\u00e9 les expositions coloniales jusqu\u2019aux revendications minoritaires (De L\u2019Estoile, 2007). Mais aussi s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la mani\u00e8re dont les politiques mus\u00e9ales et publiques, et les recherches en sciences humaines et sociales dialoguent et s\u2019articulent (Bergeron et al., 2015). Comment les mus\u00e9ographes, conservatrices et conservateurs d\u2019une part, les <a href=\"http:\/\/chercheur.es\">chercheur.es<\/a> et <a href=\"http:\/\/militant.es\">militant.es<\/a> de minorit\u00e9s d\u2019autre part participent-ils conjointement \u00e0 la mise en forme des repr\u00e9sentations des minorit\u00e9s dans les institutions mus\u00e9ales. Quel patrimoine est rendu visible, mat\u00e9riel, immat\u00e9riel ? De qui parle-t-on dans quel cadre et quelle institution, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 une minorit\u00e9 ou non sp\u00e9cifique ? Enfin comment les institutions patrimoniales r\u00e9pondent-elles aux injonctions du devoir de m\u00e9moire ?<\/p>\n<p>\u00b7 Il est possible d\u2019analyser les politiques mus\u00e9ales dans leurs diff\u00e9rentes fonctions d\u2019exposition, de conservation, d\u2019animation et de recherche scientifique. Quels sont les discours d\u00e9velopp\u00e9s, tant du point de vue du contenu que des formes ? Diff\u00e9rents types de r\u00e9cit sont mis en \u0153uvre : une forme polyphonique met en valeur une histoire multiculturelle tandis que d\u2019autres r\u00e9cits sont plus lin\u00e9aires. Deux approches sont parfois distingu\u00e9es, une \u00ab mus\u00e9ologie de l\u2019objet \u00bb oppos\u00e9e \u00e0 une \u00ab mus\u00e9ologie de l\u2019id\u00e9e \u00bb (Davallon, 1992, p. 99\u2011123). De m\u00eame, les expositions consacr\u00e9es \u00e0 ces th\u00e8mes semblent donner la pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une approche dite \u00ab situationnelle \u00bb au travers d\u2019expositions qui pr\u00e9sentent des situations facilement lisibles par les visiteurs, au travers de dioramas, de reconstitutions (Gob, Drouguet, 2014, p. 128, 129). Les mus\u00e9es nord-am\u00e9ricains d\u2019histoire et de soci\u00e9t\u00e9, regroup\u00e9s aux \u00c9tats-Unis dans l\u2019American Association for State and Local History(AASLH) ont une longue exp\u00e9rience du d\u00e9veloppement d\u2019exp\u00e9riences immersives tout comme les mus\u00e9es canadiens avec par exemple en 1998 l\u2019exposition novatrice \u00ab Nous, les premi\u00e8res nations \u00bb du Mus\u00e9e de la Civilisation du Qu\u00e9bec en collaboration avec les 11 nations autochtones du Canada. En France les fonctions de conservation ont longtemps occup\u00e9 une place plus importante.<\/p>\n<p><strong>Propositions<\/strong><\/p>\n<p>Nous encourageons les chercheur.se.s de diff\u00e9rents champs disciplinaires rattach\u00e9s aux sciences humaines et sociales (histoire, histoire de l\u2019art, civilisation, sociologie) \u00e0 soumettre des propositions pour des communications en fran\u00e7ais ou en anglais.<\/p>\n<p>Merci d\u2019adresser votre proposition (environ 500 mots), en anglais ou en fran\u00e7ais, ainsi qu\u2019une br\u00e8ve biographie, pour le 30 novembre 2021 \u00e0 cette adresse : <strong>raconterlesminorites<\/strong><\/p>\n<p><strong><strong>Nom, pr\u00e9nom, institution de rattachement, adresse mail, et une liste de mots cl\u00e9s<\/strong>. Vous pr\u00e9senterez la probl\u00e9matique en rapport avec le titre annonc\u00e9, l\u2019ancrage scientifique et conceptuel dans lequel vous vous situez et la m\u00e9thodologie adopt\u00e9e. Vous proposerez, apr\u00e8s le r\u00e9sum\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong><strong>Calendrier<\/strong><\/strong><\/p>\n<p>Date de soumission : 30 novembre 2021<\/p>\n<p>Notification de s\u00e9lection : 20 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<p>Date du colloque : Mercredi 20 avril 2022 et jeudi 21 avril 2022<\/p>\n<p>Lieu : mus\u00e9e du quai Branly \u2013 Jacques Chirac \/ Campus Condorcet.<\/p>\n<p><strong>Comit\u00e9 organisateur<\/strong> : <strong>Olivier Maheo (IHTP, UPL), Pauline Peretz (IHTP), Sarah Frioux-Salgas (mus\u00e9e du quai Branly \u2013 Jacques Chirac).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Coordination : Anna Gianotti Laban (mus\u00e9e du quai Branly \u2013 Jacques Chirac)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comit\u00e9 scientifique<\/strong><\/p>\n<p>\u2022 Yves Bergeron, Professeur de mus\u00e9ologie \u00e0 l\u2019UQAM, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al<\/p>\n<p>\u2022 Alice Conklin, Professeure d\u2019histoire, Ohio State University<\/p>\n<p>\u2022 Beno\u00eet De L\u2019Estoile, Directeur de recherche au centre Maurice Halbwachs, CNRS<\/p>\n<p>\u2022 Anne-Claire Fauquez, Ma\u00eetresse de conf\u00e9rences de Civilisation am\u00e9ricaine, Paris 8<\/p>\n<p>\u2022 Ary Gordien, Charg\u00e9 de recherches au LARCA, UMR 8225, CNRS\/Universit\u00e9 de Paris<\/p>\n<p>\u2022 Ren\u00e9e Gosson, Professeure de Fran\u00e7ais et d\u2019\u00c9tudes Francophones, Bucknell University<\/p>\n<p>\u2022 Thomas Grillot, Charg\u00e9 de recherches, IHTP, UMR 8244<\/p>\n<p>\u2022 Renaud Hourcade, Charg\u00e9 de recherche, Ar\u00e8nes, UMR 6051<\/p>\n<p>\u2022 H\u00e9l\u00e8ne Le Dantec-Lowry, Professeure \u00e9m\u00e9rite de Civilisation am\u00e9ricaine, Sorbonne Nouvelle<\/p>\n<p>\u2022 Pap Ndiaye, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Etablissement public du Palais de la Porte Dor\u00e9e.<\/p>\n<p>\u2022 Fabien Van Geert, Ma\u00eetre de conf\u00e9rences en M\u00e9diation culturelle, Sorbonne Nouvelle,<\/p>\n<p>\u2022 Na\u00efma Yahi, chercheure associ\u00e9e \u00e0 l\u2019URMIS, universit\u00e9 de Nice Sophia-Antipolis.<\/p>\n<p><strong>Telling and exhibiting\u00a0minorities\u00a0in France and North America:\u00a0minorities\u00a0and their museum mediations<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dates :\u00a0Mercredi 20 avril 2022 et jeudi 21 avril 2022 (<\/strong><strong>04\/20\/2022 &amp; 04\/21\/2022 )<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lieu\u00a0: mus\u00e9e du quai Branly \u2013 Jacques Chirac \/ Campus Condorcet. (Paris\/Aubervilliers)<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>This international symposium is organized by the Institut d&rsquo;Histoire du Temps Pr\u00e9sent, UMR 8244 (CNRS-Universit\u00e9 Paris 8) and the mus\u00e9e du quai Branly &#8211; Jacques Chirac<\/strong><\/p>\n<p><strong>With the support of the Universit\u00e9 Paris Lumi\u00e8res, ComUE UPL, the Mus\u00e9e National de l&rsquo;Histoire de l&rsquo;Immigration, the Fondation pour la M\u00e9moire de l&rsquo;Esclavage, the Center for Research on the English-speaking World (CREW) &#8211; EA 4399 of the Sorbonne Nouvelle, and the Labex \u00ab\u00a0les Pass\u00e9s dans le Pr\u00e9sent\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>In this symposium, we propose to examine the relationship between\u00a0minorities\u00a0and museums and sites of memory in North America and France and to abandon the majority viewpoint, expressed in terms of domination and assignment, to reframe the perspective. Situating ourselves from the point of view of the\u00a0minority\u00a0experience, we will be able to consider the\u00a0minority\u2019s agency (Ndiaye, 2008; Chassain et al., 2016).\u00a0Minorities\u00a0are perceived and defined by the majority group as minor, according to two principles that are not mutually exclusive: numerical, which distinguishes different religious, ethnic or cultural traits, and status, which characterizes what is held to be minor, referred to the memory of the vanquished, the absence of history. In the relationship of\u00a0minorities\u00a0to museums, it is possible to identify two movements that, although autonomous, interact. The first, perhaps the most documented, is the one by which museums have attempted to \u00ab\u00a0decolonize\u00a0\u00bb narratives about the\u00a0minority\u00a0experience (Chivallon, 2013). In the second movement,\u00a0minority\u00a0groups have promoted the emergence of independent counter-narratives, in various forms, their actions often preceding the critical re-evaluation of museum policies (Laithier et al., 2008).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\">Since the late 1960s, museums and museum specialists have been challenged and called upon to participate in the debates raised in relation to the slaveholding past, colonial past, or nation-building phenomenon, in which they have taken since the nineteenth century (Conklin, 2013). The museology traditions, long marked by racial anthropology, have been challenged. So-called social museums have been at the center of these controversies. Thus, following the exhibition devoted to Aboriginal arts in 1987 at the Glenbow Museum in Calgary, Canada embarked on a policy of involving First Peoples in the management of museums (Dubuc, 2002, p. 31-58). Museum projects were sometimes born within academia, such as the Museo de Historia, Antropolog\u00eda y Arte de la Universidad de Puerto Rico, founded in 1951 \u2015which incidentally reminds us that the United States is also concerned by the colonial question. In France, the exhibition \u00ab\u00a0Les Anneaux de la M\u00e9moire\u00a0\u00bb, in 1992 in Nantes, was an important moment in the return to the slave past (Hourcade, 2015). Thus, since the 1970s, the mediatization of\u00a0minority\u00a0histories has been largely rethought by museum practitioners, in collaboration with historians (Weiser, 2018). In this respect, it is worth noting the impact that the quai branly Museum, opened in 2006, has had, due to its rapid success (K\u00f6nig et al. 2018). European museums now work in networks and the reflections carried by the International Network of Ethnographic Museums, INEM, played a pioneering role on these issues between 2007 and 2010. In the United States, African American mobilizations gave rise in the 1960s to museums on African American history and culture, such as the Du Sable Museum in Chicago (Feldman, DuSable Museum of African American History, 1981; Burns, 2013). In addition, since the 1970s, there has been a proliferation of different heritage devices that \u00ab\u00a0museumize\u00a0\u00bb historical sites: Indian War battlefields, concentration camps, African American cemeteries (Forsyth, 2003; Jeanmougin, Mencherini, 2013; Blee, 2018; Faucquez, 2018; Spencer, 2020). The vocation of these in-situ memorial devices, often without a collection, sometimes oscillates between commemoration and conservation. It should be remembered that the museum approach remains \u00ab\u00a0critical and scientific, [unlike the] memorial one, which appeals, exclusively, to emotion and adherence, to recollection\u00a0\u00bb \u2015the association of the two approaches can be problematic (Gob, Drouguet, 2014, p. 66). These heritage sites raise the question of sources and that of their rarity: what could be exhibited when there is no collection, what to show when there are no images? The\u00a0minority\u00a0fact often implies the scarcity of sources and the long absence of collecting practices that testifies to the lack of interest in these\u00a0minority\u00a0heritages. On the other hand, these sources sometimes become the support of a militant discourse. These debates are more topical than ever: the 2021 congress of the International Committee for Museology (ICOFOM) was entitled \u00ab\u00a0Decolonizing Museology: Museums, Miscegenation and Myths of Origin\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\">The comparative dimension is essential as the national contexts are so different from the point of view of the\u00a0minorities\u2019 situations as well as that of museum traditions. In the three countries considered, the\u00a0minority\u00a0assignment is based on essentialized cultural, religious, linguistic, or racial differences, which a historical approach makes it possible to link to the slavery, colonial, or migratory past (Teuli\u00e8res, 2005; Araujo, Seiderer, 2007; Verg\u00e8s, 2008; Chivallon, 2012). National situations are different first of all because of history: Canada and the United States are the results of European colonizations, which subjugated the Amerindians and deported Africans into slavery, two closely related phenomena \u2015slavery was one of the modalities of colonialism. France was a colonizing and enslaving power, but its plantations were located in America or in the Indian Ocean, in the sugar islands. This gives rise to different situations, depending on whether certain\u00a0minorities\u00a0live within the majority, such as African-Americans, Latinos, or Jews in the United States, while others such as West Indians are obviously the majority in Guadeloupe and Martinique (Gosson, 2012; Larcher, 2014). While both North America and France have experienced similar immigration phenomena, this immigration takes place in a different context. In France, republican universalism has long invisibilized\u00a0minorities\u00a0linked to the colonial, slave-owning past and migrations, and has proposed \u00ab\u00a0a national history which, in principle, ignores\u00a0minorities\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb\u00a0(Laithier et al., 2008,\u00a0p.\u00a0261\u00a0; Ledoux, 2021). French\u00a0minorities\u00a0are named \u00ab\u00a0visible\u00a0\u00bb when they claim equal treatment (Scioldo-Z\u00fcrcher, 2016; Aje, Gachon, 2018). In the United States, settlement by immigrants of all origins and\u00a0through slaves&rsquo; deportation, led to the perception\u00a0of a multicultural society at the turn of the 1960s (Takaki, 1993; Schor, 2009; Richomme, 2013). In Canada, \u00ab\u00a0visible\u00a0minorities\u00a0\u00bb designates a legal category linked to the census, while so-called \u00ab\u00a0Aboriginal populations\u00a0\u00bb, that is First Nations, are listed separately (Department of Justice, 1995).<\/p>\n<p>Moreover, it is necessary to compare two partly distinct museum traditions. In North America, museums, most often founded by private initiatives, give pride of place to history: thus, social museums represent nearly 60% of the Canadian network (Gob, Drouguet, 2014, p. 13). In France, as in most of Europe, museums were most often founded by the authorities, and rely on the legacy of collecting practices. The history of different peoples has long taken the form of an ethnographic view that describes the \u00ab\u00a0Arts et Traditions Populaires\u00a0\u00bb tradition, named after the museum founded in 1937 by George Henri Rivi\u00e8re, or highlights local cultures, as it is the case with the Museon Arlaten, a pioneer in this field in 1903. As for the peoples considered \u00ab\u00a0primitive\u00a0\u00bb, the interest that Europeans showed in them was part of the quest for exoticism, in line with romanticism. The colonial context explains why the historical narratives offered by museums and heritage sites have long ignored\u00a0minority\u00a0narratives, even though from the nineteenth century onwards, they were part of the processes of national construction, which included the creation of an \u00ab\u00a0imaginary community\u00a0\u00bb (Anderson, 2006; Hobsbawm, Ranger, 2012). Historian Dipesh Chakrabarty has highlighted, through his critique of modern historicism, how certain pasts were considered minor, while European \u00ab\u00a0adults of age\u00a0\u00bb claimed to take care of the colonized until they \u00ab\u00a0came of age\u00a0\u00bb (Chakrabarty, 2000).<\/p>\n<p>During this conference, we propose to bring together the perspectives of social science researchers and museum professionals to examine how\u00a0minority\u00a0history has found its place in museums in the United States, France and Canada, and the evolution of these narratives. How have these groups sought to have their own stories told within museum institutions? Did they demand their own ressources, consideration by cultural authorities, or\u00a0resources or\u00a0have they given themselves the resources to tell and exhibit their stories in separate venues,\u00a0in which they had control over the narratives and the pieces mobilized in service of them? Were the pre-existing narratives challenged? The sources and archives mobilized in the service of this museum mediation must also be interrogated.<\/p>\n<p><strong>In this comparative perspective, the following axes could be the subject of communications:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>We propose to reflect on the actions of\u00a0minority\u00a0groups whenever they aim to influence museum policies, to question public policies, or even to initiate new museum projects. What are the\u00a0minority\u00a0claims, what forms do they take, how do they evolve? It is often said that\u00a0minorities\u00a0are more inclined to demand the preservation of their memory than the mediation of their history, to favor commemoration rather than a critical approach (Teuli\u00e8res, 2005; Blanchard, Veyrat-Masson, 2008). This statement is probably open to discussion. Do these claims, which are sometimes seen as an excess of memory, jeopardize the writing of history? What are the effects and debates raised by the exhibits? (Faucquez, 2018). Thus, the appropriation of objects by the majority culture is problematic and as \u00c9lise Dubuc notes, \u00ab\u00a0nothing [can] be changed about the fact that these objects are collected by another culture and interpreted according to foreign values, no matter how politically correct\u00a0\u00bb (Dubuc, 2004, p. 51). The stakes of a new ethic in museology have been amply highlighted recently in France with the Sarr\/Savoye report, however they are not limited to the question of restitutions of works of art in a \u00ab\u00a0return of the same\u00a0\u00bb: \u00ab\u00a0these objects, which have become diasporas, are the mediators of a relationship which remains to be reinvented\u00a0\u00bb (Sarr, Savoy, 2019, p. 33).<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li style=\"font-weight: 400\">Furthermore, we wish to interrogate the place taken by the\u00a0minorities\u2019 history in museums and its evolution. This means taking into account how social demands evolve, from the fascination with exoticism that colonial exhibitions manifested, to\u00a0minority\u00a0demands (De L&rsquo;Estoile, 2007). But it also means paying attention to the way in which social demands, museum and public policies, and humanities and social science research interact and articulate (Bergeron et al., 2015). How do museographers and curators, on the one hand, and\u00a0minority\u00a0researchers and activists on the other, participate together in the shaping of\u00a0minorities\u2019 representations in museum institutions? Which heritage is made visible, a material or immaterial one? Whom are we talking about, in which contexts, and in which institutions, dedicated specifically to a\u00a0minority\u00a0or not? Finally, how do heritage institutions respond to the injunctions of the duty of remembrance?<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>It is possible to analyze museums\u2019 policies in their different functions of exhibition, conservation, animation and scientific research. What are the discourses developed, both in terms of content and form? Different types of narratives are used: a polyphonic form highlights a multicultural history, while other narratives are more linear. Two approaches are sometimes distinguished, a \u00ab\u00a0museology of the object\u00a0\u00bb opposed to a \u00ab\u00a0museology of the idea\u00a0\u00bb (Davallon, 1992, p. 99-123). Similarly, exhibitions devoted to these themes seem to give preference to a so-called \u00ab\u00a0situational\u00a0\u00bb approach through exhibitions that present situations that are easily readable by visitors, through dioramas, reenactments (Gob, Drouguet, 2014, p. 128, 129). North American history and social museums, grouped in the United States in the American Association for State and Local History (AASLH) have a long experience in developing immersive experiences as do Canadian museums with, for example, the innovative exhibition \u00ab\u00a0Nous, les premi\u00e8res nations\u00a0\u00bb (We, the First Nations) at the Mus\u00e9e de la Civilisation du Qu\u00e9bec in 1998 in collaboration with the 11 Aboriginal nations of Canada. In France, curatorial functions have long held a more important place.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Proposals<\/strong><\/p>\n<p>We encourage researchers from all fields of the humanities and social sciences (history, art history, American studies, sociology, anthropology) to submit proposals for papers in English or French.<\/p>\n<p>Please send your proposal (500 words), in English or in French, as well as a brief CV, before the 30<sup>th<\/sup>\u00a0of Novembre 2021 to this address:\u00a0<a href=\"mailto:raconterlesminorites@gmail.com\"><strong>raconterlesminorites@gmail.com<\/strong><\/a><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Name, first name, institution of affiliation, e-mail address, and a list of key words<\/strong>. You will present the problematic in relation to the announced title, the scientific and conceptual background in which you are situated and the methodology adopted.<\/p>\n<p><strong>Calendar<\/strong><\/p>\n<p>Date of submission: 11\/30\/2021<\/p>\n<p>Notification of selection: 12\/20\/2021<\/p>\n<p>Symposium :\u00a0<strong>04\/20\/2022<\/strong>\u00a0&amp;\u00a0<strong>04\/21\/2022<\/strong><\/p>\n<p>Adresses\u00a0: mus\u00e9e du quai Branly \u2013 Jacques Chirac \/ Campus Condorcet.<\/p>\n<p><strong>Organizing Committee: Olivier Maheo (IHTP, UPL), Pauline Peretz (IHTP), Sarah Frioux-Salgas (mus\u00e9e du quai Branly \u2013 Jacques Chirac).<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><strong>Coordination\u00a0: Anna Gianotti Laban (mus\u00e9e du quai Branly \u2013 Jacques Chirac)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Scientific Committee<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Yves Bergeron, Professor of museology, at UQAM, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al.<\/li>\n<li>Alice Conklin, Professor of History, Ohio State University.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400\">Beno\u00eet De L\u2019Estoile, Senior Research Professor at Centre Maurice Halbwachs, CNRS, Professor of anthropology, ENS.<\/li>\n<li>Anne-Claire Fauquez, Associate Professor of American History, Universit\u00e9 Paris 8.<\/li>\n<li>Ary Gordien, Researcher at CNRS, UMR 8225, CNRS\/Universit\u00e9 de Paris.<\/li>\n<li>Ren\u00e9e Gosson, Associate Professor of French and Francophone Studies, Bucknell University.<\/li>\n<li>Thomas Grillot, Researcher at IHTP, UMR 8244.<\/li>\n<li>Renaud\u00a0\u00a0Hourcade, Researcher at Ar\u00e8nes, UMR 6051.<\/li>\n<li>H\u00e9l\u00e8ne Le Dantec-Lowry, Professor emeritus of American History, Sorbonne Nouvelle.<\/li>\n<li>Pap Ndiaye,\u00a0\u00a0Head of the Etablissement public du Palais de la Porte Dor\u00e9e.<\/li>\n<li>Fabien Van Geert, Associate Professor of Cultural mediation, Sorbonne Nouvelle.<\/li>\n<li>Na\u00efma Yahi, Researcher \u00e0 l\u2019URMIS, Universit\u00e9 de Nice Sophia-Antipolis.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences\/references<\/strong><\/p>\n<p>Aje\u00a0L. et\u00a0Gachon\u00a0N. (\u00e9d.), 2018,\u00a0<em>La m\u00e9moire de l\u2019esclavage\u202f: traces m\u00e9morielles de l\u2019esclavage et des traites dans l\u2019espace atlantique<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Anderson\u00a0B.R.O., 2006,\u00a0<em>L\u2019imaginaire national: R\u00e9flexions sur l\u2019origine et l\u2019essor du nationalisme<\/em>, Paris, Editions La D\u00e9couverte, 212\u00a0p.<\/p>\n<p>Araujo\u00a0A.L. et\u00a0Seiderer\u00a0A., 2007, \u00ab\u00a0Pass\u00e9 colonial et modalit\u00e9s de mise en m\u00e9moire de l\u2019esclavage\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Conserveries m\u00e9morielles. Revue transdisciplinaire<\/em>, #3,\u00a0.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\">Benbassa, 2008, \u00ab\u00a0Pr\u00e9face\u00a0\u00bb, dans\u00a0<em>L\u2019histoire des minorit\u00e9s est-elle une histoire marginale?<\/em>, Paris, PUPS, Presses de l\u2019Universit\u00e9 Paris-Sorbonne.<\/p>\n<p>Blanchard\u00a0P. et\u00a0Veyrat-Masson\u00a0I., 2008,\u00a0<em>Les guerres de m\u00e9moires: la France et son histoire\u202f: enjeux politiques, controverses historiques, strat\u00e9gies m\u00e9diatiques<\/em>, Paris, D\u00e9couverte.<\/p>\n<p>Blee\u00a0L., 2018, \u00ab\u00a0Struggles Over Memory: Indigenous People and Commemorative Culture\u00a0\u00bb,\u00a0<em>rah Reviews in American History<\/em>, 46,\u00a04,\u00a0p.\u00a0597\u2011604.<\/p>\n<p>Burns\u00a0A.A., 2013,\u00a0<em>From Storefront to Monument: Tracing the Public History of the Black Museum Movement<\/em>, Amherst, University of Massachusetts Press.<\/p>\n<p>Chakrabarty\u00a0D., 2000,\u00a0<em>Provincializing Europe: postcolonial thought and historical difference<\/em>, Princeton; Oxford, Princeton university press.<\/p>\n<p>Chassain\u00a0A.\u00a0<em>et al.<\/em>, 2016, \u00ab\u00a0Approches exp\u00e9rientielles du fait minoritaire\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Trac\u00e9s. Revue de Sciences humaines<\/em>, 30,\u00a0p.\u00a07\u201126.<\/p>\n<p>Chivallon\u00a0C., 2012,\u00a0<em>L\u2019esclavage, du souvenir \u00e0 la m\u00e9moire<\/em>, Karthala.<\/p>\n<p>Chivallon\u00a0C., 2013, \u00ab\u00a0Les questions pos\u00e9es par le discours mus\u00e9ographique confront\u00e9 \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience esclavagiste\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Africultures<\/em>, n\u00b0 91,\u00a01,\u00a0p.\u00a060\u201169.<\/p>\n<p>Conklin\u00a0A.L., 2013,\u00a0<em>In the museum of man race, anthropology, and empire in France, 1850-1950<\/em>, Ithaca; London, Cornell University Press.<\/p>\n<p>Davallon\u00a0J., 1992, \u00ab\u00a0Le mus\u00e9e est-il vraiment un m\u00e9dia\u202f?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>pumus Publics et Mus\u00e9es<\/em>, 2,\u00a01,\u00a0p.\u00a099\u2011123.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\">De L\u2019Estoile\u00a0B., 2007,\u00a0<em>Le Go\u00fbt des autres: de l\u2019exposition coloniale aux arts premiers<\/em>, Paris, Flammarion.<\/p>\n<p>Dubuc\u00a0E., 2002, \u00ab\u00a0Entre l\u2019art et l\u2019autre, l\u2019\u00e9mergence du sujet\u00a0\u00bb, dans\u00a0Dias\u00a0N.,\u00a0Bahuchet\u00a0S.,\u00a0Wastiau\u00a0B.,\u00a0Muller\u00a0J.-C.,\u00a0<em>Mus\u00e9e cannibale<\/em>, Neuch\u00e2tel, Mus\u00e9e d\u2019ethnographie.<\/p>\n<p>Dubuc\u00a0E., 2004, \u00ab\u00a0Mus\u00e9es et premi\u00e8res nations\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Anthropologie et soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, 28,\u00a02,\u00a0.<\/p>\n<p>Faucquez\u00a0A.-C., 2018, \u00ab\u00a0Comm\u00e9morer l\u2019esclavage par l\u2019art\u202f: le cas de l\u2019African Burial Ground Memorial \u00e0 New York\u00a0\u00bb, dans\u00a0<em>La m\u00e9moire de l\u2019esclavage: traces m\u00e9morielles de l\u2019esclavage et des traites dans l\u2019espace atlantique<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Feldman\u00a0E.P.R. et\u00a0DuSable Museum of African American History, 1981,\u00a0<em>The birth and the building of the DuSable Museum<\/em>, Chicago, DuSable Museum Press.<\/p>\n<p>Forsyth\u00a0S., 2003,\u00a0<em>Representing the massacre of American Indians at Wounded Knee, 1890-2000<\/em>, Lewiston, N.Y., E. Mellen Press.<\/p>\n<p>Gob\u00a0A. et\u00a0Drouguet\u00a0N., 2014,\u00a0<em>La Mus\u00e9ologie: histoire, d\u00e9veloppements, enjeux actuels<\/em>, Paris, Armand Colin.<\/p>\n<p>Gosson\u00a0R., 2012, \u00ab\u00a0Histoire coloniale, m\u00e9moire culturelle\u202f: Politique de la comm\u00e9moration en Martinique\u00a0\u00bb, dans\u00a0Gbanou\u00a0S.K. et\u00a0Dahouda\u00a0K. (\u00e9d.),\u00a0<em>Enjeux identitaires dans l\u2019imaginaire francophone<\/em>, Trier, Wissenschaftlicher Verlag Trier, p.\u00a0111\u2011125.<\/p>\n<p>Hobsbawm\u00a0E.J. et\u00a0Ranger\u00a0T.O., 2012,\u00a0<em>L\u2019invention de la tradition<\/em>, Editions Amsterdam\/Multitudes, 381\u00a0p.<\/p>\n<p>Hourcade\u00a0R., 2015, \u00ab\u00a0Militer pour la m\u00e9moire\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Politix<\/em>, n\u00b0 110,\u00a02,\u00a0p.\u00a063\u201183.<\/p>\n<p>Jeanmougin\u00a0Y. et\u00a0Mencherini\u00a0R., 2013,\u00a0<em>M\u00e9moire du camp des Milles, 1939-1942<\/em>.<\/p>\n<p>Laithier\u00a0S.\u00a0<em>et al.<\/em>\u00a0(\u00e9d.), 2008,\u00a0<em>L\u2019histoire des minorit\u00e9s est-elle une histoire marginale?<\/em>, Paris, PUPS, Presses de l\u2019Universit\u00e9 Paris-Sorbonne.<\/p>\n<p>Larcher\u00a0S., 2014,\u00a0<em>L\u2019autre citoyen\u202f: La R\u00e9publique et les colonies post-esclavagistes<\/em>, Paris, Armand Colin.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\">Ledoux\u00a0S., 2021,\u00a0<em>La nation en r\u00e9cit: des ann\u00e9es 1970 \u00e0 nos jours<\/em>.<\/p>\n<p>Minist\u00e8re de la justice, \u00ab\u00a0Loi sur l\u2019\u00e9quit\u00e9 en mati\u00e8re d\u2019emploi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ndiaye\u00a0P., 2008,\u00a0<em>La condition noire: essai sur une minorit\u00e9 fran\u00e7aise<\/em>, Paris, Calmann-L\u00e9vy.<\/p>\n<p>Richomme\u00a0O., 2013,\u00a0<em>De la diversit\u00e9 en Am\u00e9rique: politiques de repr\u00e9sentation des minorit\u00e9s ethno-raciales aux \u00c9tats-Unis<\/em>.<\/p>\n<p>Sarr\u00a0F. et\u00a0Savoy\u00a0B., 2019,\u00a0<em>Restituer le patrimoine africain<\/em>.<\/p>\n<p>Schor\u00a0P., 2009,\u00a0<em>Compter et classer: Histoire des recensements am\u00e9ricains<\/em>, \u00c9ditions de l\u2019\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales, 420\u00a0p.<\/p>\n<p>Scioldo-Z\u00fcrcher\u00a0Y., 2016, \u00ab\u00a0Les migrations au mus\u00e9e\u202f! Sciences sociales et mus\u00e9ographie sont-elles compl\u00e9mentaires\u202f?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Revue europ\u00e9enne des migrations internationales<\/em>, 32,\u00a0vol. 32-n\u00b03 et 4,\u00a0p.\u00a0163\u2011183.<\/p>\n<p>Spencer\u00a0A., 2020, \u00ab\u00a0Interpretation and Memorialization at the Sand Creek Massacre National Historic Site\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Takaki\u00a0R.T., 1993,\u00a0<em>A different mirror: a history of multicultural America<\/em>, Boston, Little Brown and Co, ix+508; 16\u00a0p.<\/p>\n<p>Teuli\u00e8res\u00a0L., 2005,\u00a0<em>Migrations en m\u00e9moire<\/em>, Toulouse, Presses universitaires du Mirail.<\/p>\n<p>Verg\u00e8s\u00a0F., 2008, \u00ab\u00a0Traite des noirs, esclavage colonial et abolitions\u202f: comment rassembler les m\u00e9moires\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Hermes, La Revue<\/em>, n\u00b0 52,\u00a03,\u00a0p.\u00a051\u201158.<\/p>\n<p>Weiser\u00a0M.E., 2018,\u00a0<em>Museum Rhetoric: building civic identity in national spaces.<\/em>, University Park, Pa., Pennsylvania State University Press.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Raconter et exposer les minorit\u00e9s : m\u00e9diations mus\u00e9ales en France et en Am\u00e9rique du Nord Telling and exhibiting\u00a0minorities\u00a0in France and 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