{"id":860,"date":"2016-06-13T18:04:44","date_gmt":"2016-06-13T18:04:44","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/annualconference\/association-francaise-detudes-americaines\/congres-afea\/congres-anterieurs\/congres-2017-strasbourg-la-recherche-du-bonheur\/congres-2017-texte-de-cadrage\/860\/"},"modified":"2016-06-13T18:04:44","modified_gmt":"2016-06-13T18:04:44","slug":"congres-2017-texte-de-cadrage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/congres-anterieurs\/congres-2017-strasbourg-la-recherche-du-bonheur\/congres-2017-texte-de-cadrage\/860\/","title":{"rendered":"Texte de Cadrage"},"content":{"rendered":"<h2> <strong>CADRAGE AFEA 2017<\/strong> <\/h2>\n<p><em> <strong>The Pursuit of Happiness\/ La recherche du bonheur<\/strong> <\/em> <\/p>\n<p><strong>Jocelyn Dupont, Marie-Jeanne Rossignol, Fran\u00e7ois Specq<\/strong><\/p>\n<p>Les coll\u00e8gues souhaitant proposer un atelier pour ce congr\u00e8s sont invit\u00e9s \u00e0 soumettre leurs propositions sous la forme d\u2019un texte de cadrage en fran\u00e7ais et en anglais qu\u2019ils pourront envoyer aux organisateurs <strong>avant le mardi 20 septembre<\/strong> :<br \/>\n&#8211;<a href=\"mijah.roloff@gmail.com\">Marie-Jeanne Rossignol<\/a><br \/>\n&#8211;<a href=\"francois.specq@ens-lyon.fr\">Fran\u00e7ois Specq<\/a><br \/>\n&#8211;<a href=\"jocelyn.dupont@univ-perp.fr\">Jocelyn Dupont<\/a><br \/>\n(cliquer sur les noms pour envoyer les propositions d&#8217;atelier par email)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/afea.fr\/IMG\/pdf\/afea_2017_the_pursuit_of_happiness_23_05_2016.pdf\">(T\u00e9l\u00e9chargeable en format Pdf ici)<\/a><\/p>\n<p><P align=justify><\/p>\n<p style=\"text-indent:3em\">Fondement de l\u2019<em>\u00e9thos<\/em> am\u00e9ricain, droit inali\u00e9nable affirm\u00e9 d\u00e8s les premi\u00e8res lignes de la d\u00e9claration d\u2019Ind\u00e9pendance, la recherche du bonheur invite \u00e0 penser l\u2019individu comme \u00e9tant naturellement orient\u00e9 vers la f\u00e9licit\u00e9. Les r\u00e9alit\u00e9s socio historiques et environnementales des \u00c9tatsUnis, aujourd\u2019hui peut-\u00eatre plus que jamais, semblent cependant d\u00e9montrer les limites d\u2019une telle invitation au voyage vers un \u00ab bonheur \u00bb dont les modalit\u00e9s, quoiqu\u2019apparemment universelles, restent bien incertaines.<\/p>\n<p><p style=\"text-indent:3em\">Si la qu\u00eate du bonheur individuel manque souvent d\u2019aboutir, le cin\u00e9ma am\u00e9ricain, depuis l\u2019or\u00e9e du XXe si\u00e8cle, a toutefois permis de <em>projeter<\/em> cette aspiration \u00e0 la recherche du bonheur de mani\u00e8re collective sur les \u00e9crans g\u00e9ants des salles obscures. Cherchant en permanence \u00e0 guider le public sur cette voie, l\u2019 \u00ab usine \u00e0 r\u00eaves \u00bb du septi\u00e8me art am\u00e9ricain incarne incontestablement la promesse fantasmagorique, sans cesse renouvel\u00e9e, d\u2019une qu\u00eate de la f\u00e9licit\u00e9, de l\u2019\u00e2ge d\u2019or des studios \u00e0 nos jours. Il n\u2019est que de songer \u00e0 Charlot, de toute \u00e9vidence le premier personnage v\u00e9ritablement mythique du cin\u00e9ma : malmen\u00e9, ballot\u00e9 par les al\u00e9as et l\u2019adversit\u00e9, il n\u2019en est pas moins sans cesse m\u00fb par une recherche du bonheur si inali\u00e9nable qu\u2019elle en signe l\u2019\u00e9ternel optimisme, garantissant ainsi l\u2019universalit\u00e9 du personnage et de ses id\u00e9aux.<\/p>\n<p><p style=\"text-indent:3em\">Au-del\u00e0 de cette figure embl\u00e9matique imagin\u00e9e par Chaplin, la tradition comique du cin\u00e9ma am\u00e9ricain nous invite \u00e0 consid\u00e9rer les textes filmiques classiques comme autant d\u2019injonctions \u00e0 ne jamais renoncer \u00e0 la qu\u00eate d\u2019une pl\u00e9nitude heureuse. Le philosophe Stanley Cavell, avec son ouvrage essentiel <em>Pursuits of Happiness : The Hollywood Comedy of Remarriage<\/em> (Harvard University Press, 1981) n\u2019a-t-il pas justement su rapprocher la com\u00e9die du remariage du paradigme si profond\u00e9ment am\u00e9ricain de cette qu\u00eate du bonheur ? Au-del\u00e0 du seul genre de la com\u00e9die et de ses maintes d\u00e9clinaisons, la convention du <em>happy ending<\/em> est devenue si omnipr\u00e9sente \u00e0 travers les diff\u00e9rents genres et modes du cin\u00e9ma que le bonheur semble jouer le r\u00f4le d\u2019horizon d\u2019attente actualisable pour tout le cin\u00e9ma am\u00e9ricain, au moins dans sa forme classique.<\/p>\n<p><p style=\"text-indent:3em\">Plus encore qu\u2019une destination et une fin, la poursuite du bonheur peut toutefois s\u2019entendre aussi comme une qu\u00eate, principe dynamique et vecteur d\u2019un r\u00eave ancestral. Ainsi les protagonistes d\u2019<em>Easy Rider<\/em> (1969), pourtant embl\u00e8mes d\u2019une contestation farouche au c\u0153ur de la contre-culture des ann\u00e9es 60, sont-ils eux aussi lanc\u00e9s, dans le sillage de Kerouac et des \u00e9crivains beat, \u00e0 la poursuite d\u2019un bonheur dans lequel il ne serait pas faux de voir une certaine modalit\u00e9 du \u00ab r\u00eave am\u00e9ricain \u00bb \u2013 locution si galvaud\u00e9e qu\u2019elle en est presque devenue vide de sens, mais pourtant aussi et profond\u00e9ment attach\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019un bonheur \u00e0 trouver\u2026 et donc \u00e0 poursuivre.<\/p>\n<p><p style=\"text-indent:3em\">Pourtant, d\u00e8s les origines politiques de la nation, tous les Am\u00e9ricains, comme on le sait, ne furent pas invit\u00e9s \u00e0 participer \u00e0 cette qu\u00eate \u00e9galement. Les philosophes des Lumi\u00e8res avaient plac\u00e9 le \u00ab bonheur \u00bb (ou la \u00ab f\u00e9licit\u00e9 \u00bb) au c\u0153ur des pr\u00e9occupations politiques : \u00e0 travers de bonnes constitutions, les gouvernants devaient assurer \u00ab la f\u00e9licit\u00e9 publique \u00bb, ou \u00ab le bonheur des citoyens \u00bb, \u00ab des nations \u00bb, ou \u00ab des peuples \u00bb, et m\u00eame \u00ab du genre humain \u00bb. Ainsi pour Thomas Jefferson, parmi les droits inali\u00e9nables de l\u2019humanit\u00e9 \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans la d\u00e9claration d\u2019Ind\u00e9pendance figuraient en bonne place \u00ab la vie, la libert\u00e9 et la recherche du bonheur \u00bb, aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019\u00e9galit\u00e9 ; mais d\u00e8s 1776, cette qu\u00eate \u00e9tait bien plus ardue pour les esclaves, par exemple, et bient\u00f4t tous les Noirs, m\u00eame libres&#8230; Esclave en fuite, William Wells Brown raconte dans son r\u00e9cit de 1847 avoir voulu atteindre le Canada, nouveau \u00ab pays de la libert\u00e9 \u00bb o\u00f9 l\u2019on pouvait enfin \u00e9chapper aux \u00ab Democratic whips \u00bb : l\u2019Am\u00e9rique ne lui permettait pas la \u00ab recherche du bonheur \u00bb \u00e0 travers la jouissance de ses droits d\u2019Am\u00e9ricain. Esclaves, Noirs victimes de la s\u00e9gr\u00e9gation apr\u00e8s la guerre de S\u00e9cession, femmes, homosexuels, immigrants et ouvriers\u2026 : diff\u00e9rentes cat\u00e9gories d\u2019Am\u00e9ricains se sont battues depuis pour conqu\u00e9rir un certain \u00ab bonheur \u00bb politique, des droits \u00e9gaux, et donner ainsi vie aux id\u00e9aux de la d\u00e9claration d\u2019Ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p><p style=\"text-indent:3em\">Cependant, entre incarc\u00e9ration de masse et meurtres gratuits de citoyens noirs, appauvrissement et \u00e9viction syst\u00e9matique des plus d\u00e9favoris\u00e9s, certains observateurs contemporains, comme l\u2019avocate et militante des droits civiques Michelle Alexander (<em>The New Jim Crow : Mass Incarceration in the Age of Colorblindness<\/em>, 2012), ou le sociologue Matthew Desmond (<em>Evicted : Poverty and Profit in an American City<\/em>, 2016) rappellent, preuve \u00e0 l\u2019appui, que des segments importants de la population am\u00e9ricaine (en particulier les pauvres) n\u2019ont toujours pas acc\u00e8s \u00e0 la \u00ab recherche du bonheur \u00bb. Un des objectifs de ce congr\u00e8s sera donc d\u2019interroger l\u2019actualit\u00e9 de cette promesse politique am\u00e9ricaine, comme de l\u2019inscrire dans l\u2019histoire, et d\u2019en examiner la pertinence : l\u2019accroissement des in\u00e9galit\u00e9s et la mont\u00e9e des populismes rendent-ils plus que jamais inatteignables aux \u00c9tats-Unis la r\u00e9alisation du bonheur commun aussi bien que de l\u2019\u00e9panouissement priv\u00e9 ? La question du bonheur, et de sa recherche, permet sans conteste d\u2019\u00e9clairer l\u2019engagement des groupes et mouvements qui luttent, et ont lutt\u00e9, pour les droits des femmes, des immigrants, des homosexuels ou des minorit\u00e9s : chacun pense, en particulier, au texte de la \u00ab Declaration of Sentiments and Resolutions \u00bb de la convention des droits des femmes de Seneca Falls, lu en juillet 1848 par Elizabeth Cady Stanton, et qui rappelle les droits de la d\u00e9claration d\u2019Ind\u00e9pendance, dont \u00ab the pursuit of happiness \u00bb.<\/p>\n<p><p style=\"text-indent:3em\">De son c\u00f4t\u00e9, la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine a-t-elle embrass\u00e9 cette injonction politique fondatrice \u00e0 chercher et concr\u00e9tiser le bonheur ? Ou bien l&#8217;a-t-elle plut\u00f4t rejet\u00e9e ou \u00e0 tout le moins compliqu\u00e9e ? Les textes, devenus canoniques, de la litt\u00e9rature promotionnelle, de la \u00ab Cit\u00e9 sur la colline \u00bb ou de l&#8217;<em>Autobiographie <\/em> de Benjamin Franklin, par-del\u00e0 leurs profondes diff\u00e9rences de finalit\u00e9 et de tonalit\u00e9, sembleraient accr\u00e9diter l&#8217;id\u00e9e que la poursuite du bonheur promue par les Founding Fathers venait simplement couronner une aspiration co-extensive \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience am\u00e9ricaine. Pourtant, tr\u00e8s vite, la litt\u00e9rature des \u00c9tats-Unis semble avoir bascul\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 d&#8217;une profonde et lancinante interrogation de ce qui faisait figure de devise nationale. De Charles Brockden Brown \u00e0 Herman Melville et Emily Dickinson en passant par James Fenimore Cooper, Nathaniel Hawthorne ou Edgar Allan Poe, ne s&#8217;agissait-il pas d&#8217;explorer les territoires d&#8217;un bonheur introuvable ou impossible ? D&#8217;un ab\u00eeme infini ? Cette fr\u00e9n\u00e9sie d&#8217;inqui\u00e9tude traverse aussi ces textes transcendantalistes parfois trop vite accus\u00e9s d&#8217;optimisme na\u00eff, inconscients qu&#8217;ils seraient des ombres de l&#8217;existence.<\/p>\n<p style=\"text-indent:3em\">Sans doute n&#8217;y a-t-il pas \u2013 n&#8217;y a-t-il jamais eu \u2013 d&#8217;auteurs solaires faisant figure de simples c\u00e9l\u00e9brants, ni d&#8217;auteurs dont la noirceur aurait fait deuil de tout sens du bonheur. La litt\u00e9rature, les arts plus largement, semblent plut\u00f4t vou\u00e9s \u00e0 se situer dans un entre-deux, une zone de clair-obscur interrogeant, complexifiant, reformulant le \u00ab mythe national \u00bb. Interrog\u00e9es, mises en question, par exemple, l&#8217;id\u00e9e que la conqu\u00eate territoriale serait le s\u00e9same du bonheur de la nation (dans les romans de Willa Cather par exemple), celle que la trajectoire historique de ce pays nouveau et neuf garantirait \u00e0 tous indiff\u00e9remment la poursuite du bonheur (ce que contredit Harriet Beecher Stowe dans <em>Uncle Tom\u2019s Cabin<\/em>), ou celle que la technologie pourrait sublimer la puissance mat\u00e9rielle en accomplissement spirituel (<em>The Education of Henry Adams<\/em> par exemple). Existe-t-il des mots, des images, qui saisissent un bonheur sans ombre, n\u00e9 des joies simples des \u00e9t\u00e9s \u00e0 Coney Island ou de l&#8217;ivresse des grands espaces ? Est-il m\u00eame possible de voir dans la tradition du <em>nature writing<\/em> cette c\u00e9l\u00e9bration non-t\u00e9r\u00e9brante que ses d\u00e9tracteurs y voient ? S&#8217;agirait-il plut\u00f4t, en conjurant les p\u00e9rils apocalyptiques et les frissons post-apocalyptiques (qu&#8217;ils soient produits par l&#8217;anticipation d&#8217;un enfer \u00e9cologique ou par la terreur du 11 septembre), de ranimer l&#8217;antique et vacillante flamme, le bonheur enfui ? Existe-il un bonheur qui ne soit enfui sit\u00f4t saisi et que, pour autant, on ne puisse poursuivre \u00e0 nouveau ? Sous les vertiges postmodernes d&#8217;un Pynchon ou d&#8217;un De Lillo, dans l&#8217;humour parodique et le rire sardonique, se dit aussi peut-\u00eatre une inqui\u00e9tude plus frontale \u2013 moins historique qu&#8217;existentielle \u2013 face \u00e0 l&#8217;impossible ou incertaine qu\u00eate du bonheur. <\/p>\n<p><p style=\"text-indent:3em\">A partir de la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, la soci\u00e9t\u00e9 t\u00e9l\u00e9visuelle, du spectacle et de l\u2019entertainment triomphants, allait \u00e9galement alt\u00e9rer de fa\u00e7on tr\u00e8s significative la dynamique de la poursuite du bonheur. Soudain, gr\u00e2ce au miracle de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique canalis\u00e9 par les m\u00e9dias de masse et surtout par la t\u00e9l\u00e9vision, le bonheur pouvait s\u2019immiscer dans les foyers, \u00e0 port\u00e9e de  t\u00e9l\u00e9commande, entre deux \u00e9pisodes d\u2019un soap opera, au creux d\u2019une page publicitaire ou bien sur le plateau d\u2019un jeu t\u00e9l\u00e9vis\u00e9. Le cin\u00e9ma de Todd Haynes (<em>Far from Heaven,<\/em> Carol) ou la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e Mad Men ont particuli\u00e8rement bien su r\u00e9v\u00e9ler la nature illusoire de ce mirage d\u2019une pl\u00e9nitude personnelle qui passerait par le bien-\u00eatre mat\u00e9riel dans une Am\u00e9rique trop parfaite pour \u00eatre honn\u00eate. Dans une perspective plus contemporaine, <em>Requiem for a Dream <\/em> de Darren Aronofsky (2001) d\u00e9non\u00e7ait la vacuit\u00e9 mortif\u00e8re de l\u2019addiction morbide au spectacle du bonheur t\u00e9l\u00e9visuel. Il n\u2019en demeure pas moins incontestable que capitalisme et recherche du bonheur font bon m\u00e9nage \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des tubes cathodiques, devenus depuis num\u00e9riques.<\/p>\n<p><p style=\"text-indent:3em\">On pourra ainsi s\u2019int\u00e9resser, d\u2019une part, \u00e0 la mani\u00e8re dont la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019hyperconsommation et les m\u00e9dias ont fait \u00e9voluer la rh\u00e9torique du bonheur, r\u00e9duisant le plus souvent sa qu\u00eate aux deux termes-cl\u00e9s de \u00ab wealth and fame \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019assouvissement d\u2019un d\u00e9sir d\u2019acquisition mat\u00e9rielle ou aux \u00ab quinze minutes de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 \u00bb pr\u00e9dites par Warhol, voire \u00e0 une \u00e9trange alliance entre les deux \u2013 on songe notamment aux \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9, aux talk shows cathartiques ou autres \u00e9piphanies cathodiques \u2013 plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 une pl\u00e9nitude spirituelle et existentielle. D\u2019autre part, on pourra aussi se demander si les nouvelles technologies, les r\u00e9seaux sociaux et les nouvelles communaut\u00e9s d\u2019individus qui coexistent sur la toile de l\u2019Internet permettent d\u2019ouvrir de nouvelles voies vers le bonheur. S\u2019il est d\u00e9sormais envisageable que Google puisse \u00ab r\u00e9soudre la mort \u00bb (<em>Can Google solve Death ?<\/em> Editorial de<br \/>\n<em>Time Magazine <\/em> du 30 septembre 2013), peut-on penser que ces m\u00eames g\u00e9ants de notre monde virtuel pourront un jour faire aboutir la qu\u00eate du bonheur ? Si le post-humanisme promu par certains de ces acteurs semble brandir la promesse d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 augment\u00e9e, celle-ci augmentera-t-elle pour autant le coefficient de bonheur de nos vies ? A l\u2019inverse, le bonheur pourrait-il \u00eatre plus accessible au travers d\u2019une \u00ab r\u00e9alit\u00e9 diminu\u00e9e \u00bb, celle d\u2019un retour \u00e0 des formes d\u2019existence plus simples, plus humbles, \u00e0 l\u2019instar de celles promues par le courant de l\u2019\u00e9cocritique et incarn\u00e9es, entre autres, par les \u00e9crits de Gary Snyder ou par ceux de Jim Harrison, promouvant un art de vivre \u00e9picurien au ralenti plut\u00f4t qu\u2019une course effr\u00e9n\u00e9e vers l\u2019avant ? Que reste-t-il alors des mythes fondateurs ? Que peut-il en rester ? La qu\u00eate du bonheur n&#8217;aura-t-elle \u00e9t\u00e9 qu&#8217;un universel brandi en guise de fondement et projet f\u00e9d\u00e9rateur \u2013 qui pourrait, vraiment, s\u00e9rieusement, dire qu&#8217;il est contre la qu\u00eate du bonheur ? \u2013 mais trop \u00ab facile \u00bb, trop \u00ab simple \u00bb et simultan\u00e9ment trop complexe ? Aura-t-elle \u00e9t\u00e9, telle l&#8217;id\u00e9e de libert\u00e9 \u00e9clairant le monde, une puissance h\u00e9ro\u00efque, utopique, prom\u00e9th\u00e9enne, mais condamn\u00e9e \u00e0 se replier en r\u00e9trospective vision \u00e9pim\u00e9th\u00e9enne ? La qu\u00eate du bonheur guide-t-elle le monde ? Le leurre-t-elle au contraire ? Peut-elle encore faire office de mot d&#8217;ordre, de r\u00eave, de d\u00e9sir, peut-elle \u00eatre ranim\u00e9e, raviv\u00e9e ou reformul\u00e9e pour les temps \u00e0 venir, ou bien est-elle irr\u00e9m\u00e9diablement partie rejoindre le cimeti\u00e8re des illusions ? <\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CADRAGE AFEA 2017 The Pursuit of Happiness\/ La recherche du bonheur Jocelyn Dupont, Marie-Jeanne Rossignol, Fran\u00e7ois Specq Les coll\u00e8gues souhaitant proposer un atelier pour ce congr\u00e8s sont invit\u00e9s \u00e0 soumettre leurs propositions sous la forme d\u2019un texte de cadrage en fran\u00e7ais et en anglais qu\u2019ils pourront envoyer aux organisateurs avant le mardi 20 septembre : [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uag_custom_page_level_css":"","site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[81],"tags":[],"class_list":["post-860","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-congres-2017-strasbourg-la-recherche-du-bonheur"],"jetpack_featured_media_url":"","uagb_featured_image_src":{"full":false,"thumbnail":false,"medium":false,"medium_large":false,"large":false,"1536x1536":false,"2048x2048":false},"uagb_author_info":{"display_name":"J\u00e9r\u00f4me Viala-Gaudefroy","author_link":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/author\/jeromevg\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"CADRAGE AFEA 2017 The Pursuit of Happiness\/ La recherche du bonheur Jocelyn Dupont, Marie-Jeanne Rossignol, Fran\u00e7ois Specq Les coll\u00e8gues souhaitant proposer un atelier pour ce congr\u00e8s sont invit\u00e9s \u00e0 soumettre leurs propositions sous la forme d\u2019un texte de cadrage en fran\u00e7ais et en anglais qu\u2019ils pourront envoyer aux organisateurs avant le mardi 20 septembre :&hellip;","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/860"}],"collection":[{"href":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=860"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/860\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=860"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=860"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afea.fr\/annualconference\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=860"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}