Transmission et réinterprétation du passé. Continuité et discontinuité. Transmission and reinterpretation of the past. Continuity and discontinuity.

Appel à communications CORPUS, Universités de Rouen et Amiens. Colloque international à l’Université d’Amiens, jeudi 26 et vendredi 27 mars 2009

Civilisation américaine :

Quelle peut être la fonction du passé dans une société américaine semblant tout entière tournée vers l’avenir ? Or, le passé s’avère l’ancrage indispensable par la définition originelle du contrat social qui garantit un ordre propice à l’accomplissement du rêve.

Il importe donc que le citoyen, de l’école aux multiples célébrations civiques, perpétue les valeurs fondatrices. D’autres mythes, qui pourront être explorés, concourent également à l’édification d’une nation à la recherche de repères face aux vicissitudes de l’histoire.

Civilisation britannique :

On n’a pas encore épuisé toutes les explorations possibles des multiples facettes de l’interprétation whig de l’histoire qui a si longtemps dominé le regard que portaient les Britanniques (à quelques notables exceptions près ; voir ci-dessous) sur leur passé.

Toutes les propositions de communication portant sur la perception
rétrospective d’un progrès et/ou l’espoir de sa perpétuation seront
les bienvenues : traités philosophiques et politiques, professions de foi et programmes électoraux, mémoires, correspondance, discours, sermons, chants patriotiques, la liste est non limitative.

Bien sûr, toute interprétation, notamment « optimiste », porte en elle l’appel à la contradiction – à la réinterprétation du passé et de l’image dominante qu’on veut en donner. Seront donc tout aussi bienvenues les propositions de communication qui s’appuient sur l’activité de ces contradicteurs : pamphlétaires, rebelles et révolutionnaires – mais aussi journalistes, publicistes, commentateurs, éducateurs et universitaires britanniques qui ont proposé un regard critique vis-à-vis de l’idéologie dominante, refusant de glorifier tel ou tel événement (rôle central de la « Glorieuse révolution » chez Macaulay par exemple), ou de noyer tel ou tel acteur (voir là encore les pages de Macaulay sur Guillaume d’Orange) sous les louanges.

Tant Carlyle dans son Past and Present (1843), qui s’appuie sur le moyen-âge pour mieux parler de la Grande-Bretagne du XIXe siècle, que les éminents
historiens « progressistes » qui ont fondé la revue du même nom en 1952
chez Oxford University Press, invitent les anglicistes à revenir sur ce lien à la fois complexe et fascinant – l’un n’allant vraisemblablement pas sans l’autre.

Littérature et cinéma :

Dans son ouvrage Régimes d’historicité (Seuil, 2003), l’historien
François Hartog, citant Paul Ricœur, place l’historicité au cœur de sa
recherche sur la perception du temps :

« Si, du côté de la philosophie, l’historicité, dont Paul Ricœur a
retracé la trajectoire depuis Hegel jusqu’à Heidegger, désigne « la
condition d’être historique », ou encore « l’homme présent à lui-même
en tant qu’histoire », ici nous serons d’abord attentifs à la diversité
des régimes d’historicité ». (Hartog, 20)

Au-delà de la façon dont une société traite son passé, il s’agira donc
d’analyser les modes d’articulation du passé, du présent et du futur,
d’explorer dans leur diversité les façons dont les représentations du
temps et en particulier des modes de transmission du passé
s’organisent. Quels sont les motivations et les modes opératoires à
l’œuvre lorsque réinterpréter le passé − aussi bien au sens de
questionner, réinvestir d’un sens et d’un devoir nouveaux que
reformater, réinventer − s’impose comme une nécessité, dans des champs
aussi variés que la littérature, les arts plastiques ou, justement, « 
les arts du temps » comme la musique, la danse ou le cinéma ? Comment
ces réinterprétations s’inscrivent-elles dans le continu d’une mémoire
ou le discontinu d’une histoire ? Dans quelle mesure nourrissent-elles
le processus historiographique, le détournent-elles (phénomène du roman
et du film historique) ou l’amènent-elles à le remettre en question
(post-modernisme) ?

Merci d’adresser vos propositions de communication accompagnées d’un
intitulé, bref résumé et CV de 4 ou 5 lignes avant le 12 janvier 2009 à
 :

  •  Anne-Marie Paquet-Deyris pour la littérature et le cinéma américains,
  •  Camille Fort pour la littérature britannique

    Un choix de communications sera proposé à la publication.

    Call for papers CORPUS, Rouen and Amiens Universities. International conference at Amiens University, Th. 26 & Fr. 27 March 2009

    Literature and Cinema :

    In his work Régimes d’historicité (Seuil, 2003), historian François
    Hartog quotes Paul Ricœur and has historicity take center stage in his
    exploration of perceptions of time :

    “If, in philosophy, historicity whose itinerary Paul Ricœur traced from
    Hegel to Heidegger, addresses “the situation of the historic being”, or
    else “man aware of himself as enmeshed in history”, we will here pay
    secial attention to the great variety of systems of historicity”.
    (Hartog, 20)

    Beyond the ways a society has of dealing with the past, we will examine
    the modes of interaction between past, present and future, and explore
    the diversity of manners in which representing time and most
    particularly the modes of handing down the past impact on one other.
    What are the motivations and operating modes at work when
    reinterpreting the past – whether it be questioning it, reinsvesting it
    with some new meaning and duty, or reformatting, reinventing it –
    becomes a necessity in fields as diverse as literature, the visual arts
    or arts like music, danse and cinema deeply rooted in specific time
    periods ? How can these rereadings inscribe themselves within the
    continuum of memory or the gaps of some story/history ? To what extent
    do these works parallel the historiographical discourse, or divert it
    (as in the case of historical films and novels), or even denounce it,
    as post-modernist writers have strived to do ?

    Proposals are to be sent along with a title and a brief summary and biography by 12 January 2009 to :

  •  Anne-Marie Paquet-Deyris in American literature and cinema,
  •  Camille Fort in British literature

    It is intended that a selection of papers will be published.