Science et Empire

Dans le cadre du projet de recherche Cluster14 de
la région Rhône-Alpes « Enjeux et représentations
de la science, de la technologie, et de leurs
usages » (Axe 3 « Imaginaires et représentations
des sciences et des techniques »), le Centre
d’Etudes sur les Modes de la Représentation
Anglophone (CEMRA EA 3016) de l’Université
Stendhal-Grenoble3 organise un colloque
international sur Science et Empire du 13 au 15
novembre 2008.

Les communications et les discussions porteront
sur le rôle de la science dans le contexte de
l’expansion de l’empire britannique et de
l’émergence et du développement de l’empire
américain au XIX^e siècle et au début du XX^e
siècle, à la fois comme désir de répondre à une
soif de connaissances, outil d’exploration de
l’ailleurs, discours et mode de représentation de
l’autre, mais également comme vecteur d’angoisse
et de questionnement. Sera également étudiée la
manière dont la science est elle-même représentée
dans la fiction, le récit de voyage (à la
jointure entre science et littérarité),
l’autobiographie, l’essai, les articles de
presse, les articles scientifiques, la muséologie.

Seront prises en compte les sciences humaines et
sociales (l’anthropologie, l’ethnographie, la
craniologie, la cartographie, l’historiographie)
qui voient leur essor pendant la période
d’expansion impériale, les théories raciales
s’appuyant sur un discours pseudo-scientifique,
les sciences dures (les découvertes en
astronomie, thermodynamique) ou naturelles,
telles qu’elles sont présentées dans les ouvrages
de spécialité, de vulgarisation, dans la presse,
les récits de voyage ou lors des expositions
universelles, mais aussi dans les textes
littéraires. Seront mis en avant le lien entre
savoir et pouvoir et le paradoxe d’un discours
scientifique qui, d’une part, vise à atteindre la
vérité mais qui, d’autre part, masque et révèle à
la fois les motivations politiques et économiques
de l’impérialisme anglo-saxon. L’analyse des
pratiques discursives et des représentations
permettra de mettre en lumière la tension entre
science et idéologie, entre "objectivité" et
propagande, et de montrer les limites d’une
épistémologie impérialiste qui a pu être remise
en question dans des textes plus nuancés, ambigus
ou subversifs.

Les découvertes scientifiques du XIX^e siècle et
la rupture épistémologique du tournant du siècle
ont par ailleurs bien souvent engendré un malaise
et une angoisse existentiels, un questionnement
métaphysique, qui se manifestent par une quête
des origines et des mythes, un retour fantasmé à
un état préindustriel et une idéalisation de la
nature, et trouvent un exutoire dans la conquête
ou la représentation imaginaire de pays
nouvellement explorés. La science peut ainsi
engendrer ou révéler deux visions du monde
opposées : l’une, rassurante, d’un monde
circonscrit et ordonné, et l’autre, angoissante,
d’un univers complexe et incommensurable qui
échappe au contrôle de la science et de
l’impérialisme.

Seront alors analysés la pluralité des discours
scientifiques, les dérives aliénantes d’une visée
objective (réduction, fragmentation,
réification), l’interaction entre discours
scientifique et littéraire, la manière dont les
textes instrumentalisent un discours scientifique
au service de l’impérialisme, ou au contraire le
déconstruisent et le remettent en question.

Les communications pourront être en anglais ou en
français et les propositions, de 300 à 400 mots,
accompagnées d’une courte notice
bio/bibliographique précisant le statut et
l’université, sont à envoyer avant le *25 juin
2008
* à :

Donna Andreolle
(Amérique du nord)

Catherine Delmas et
Christine Vandamme@u-grenoble3.fr
(Grande Bretagne et Commonwealth)

copie à Agnes Vere (secrétaire
recherche)