Les supports filmiques au service de l’enseignement des langues étrangères ou Quand l’université fait son cinéma

Colloque international

Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

1er et 2 septembre 2011

Aujourd’hui, enseigner les langues étrangères est devenu
un enjeu considérable pour les universités. Outre les compétences
disciplinaires spécifiques à leur champ d’étude, les étudiants doivent
acquérir les savoir-faire linguistiques leur permettant de s’insérer et
d’évoluer dans un contexte professionnel international de plus en plus
mobile où le monolinguisme ne saurait suffire. Dans cette perspective,
l’utilisation de nouvelles méthodes d’apprentissage des langues efficaces et
motivantes pour les étudiants, tels les supports filmiques, est devenue
essentielle.

Les films en langue/s étrangère/s se posent en effet
comme l’une des entrées possibles pour stimuler et soutenir l’apprentissage
des langues dans toutes les filières universitaires. L’utilisation des
supports filmiques intéresse le domaine de recherche des spécialistes en
langues, littératures, et civilisations étrangères, ainsi que les
enseignants/chercheurs du domaine LANSAD (Langues pour spécialistes d’autres
disciplines) et les enseignants spécialistes de ces autres disciplines qui
cherchent à développer les méthodes d’enseignement des langues à leurs
étudiants futurs scientifiques, législateurs, sociologues,
historiens/géographes, etc.

Multipliant les voies d’accès (image, son, mouvement), le cinéma propose
une variété intéressante d’approches de « l’étranger » à travers une
exposition linguistique hétérogène (différents accents, différents niveaux
de langues représentés, différentes spécificités régionales) et des
contextes « socio-historico-politico » culturels variés (culture et
fonctionnement d’un pays, glossaire et spécificités communautaires d’un
groupe professionnel ou culturel, etc.). Ce moyen d’apprendre l’autre, pour
les étudiants futurs spécialistes d’un domaine de connaissance spécifique,
offre non seulement la possibilité de développer des compétences langagières
générales, mais représente également une large fenêtre ouverte sur les
divers contextes (sociaux, politiques, culturels, historiques,
scientifiques, etc.) dans lesquels une langue s’inscrit, fonctionne, évolue.
Or, pour offrir aux étudiants un enseignement des langues étrangères en « 
contextes », ce qui leur permettra de connaitre une ou des langues telles
qu’elles s’utilisent dans un milieu spécifique ainsi que ce milieu lui-même,
il est nécessaire de réfléchir sur les modalités d’utilisation des films ­
confondus facilement avec simple divertissement ­, ainsi que sur les
stratégies pédagogiques à mettre en ¦uvre dans la pratique de
l’enseignement.

Face à ces nouveaux enjeux, l’Université de Versailles
Saint-Quentin-en-Yvelines dont l’offre de formation s’étend des sciences
dures aux sciences humaines, en passant par le droit et la médecine,
organise un colloque international lors duquel les enseignants de toutes
filières pourront explorer le potentiel innovateur des supports filmiques au
bénéfice de l’enseignement des langues étrangères ­ sans oublier le français
comme langue étrangère (FLE).

Parmi les multiples sujets que l’on pourra aborder,
voici quelques fils conducteurs pour une réflexion sur l’utilisation des
films en différentes langues comme supports pédagogiques (exclusifs ou
partiels) des cours de langues destinés aux étudiants de différentes
disciplines :

  •  Quels types de films pour quels types d’étudiants ? Y a-t-il des genres qui se prêtent plus facilement à la didactisation ? Exemples précis de didactisation de films individuels (objectifs visés, étapes d’exploitation, activités langagières, documents annexes, modalités d’évaluation, etc.)
  •  Les films rendent-ils possible l’association de la réflexion sur les compétences langagières avec celle des dimensions culturelles et interculturelles, éléments importants dans l’apprentissage d’une langue ?
  •  Dans quelle mesure le cinéma permet-il de mieux comprendre et combattre les clichés culturels (entre autres dans le contexte d’un domaine d’étude ou d’une profession) ?
  •  Les films peuvent-ils se mettre au service du décryptage de l’histoire, de la culture et de la langue de l’Autre ? Y compris à travers l’humour ?
  •  Quelle est l’utilité des CASP (cinéma à substrat professionnel) et des TASP (télévision à substrat professionnel) comme espaces de projection et de problématisation concernant différents métiers, rapports professionnels, environnements sociaux, codes culturels, relations hommes-femmes en milieu professionnel, etc.?
  •  Le « film historique » et / ou politique étranger peut-il apprendre et faire comprendre l’Histoire (y compris l’histoire politique) ?
  •  Les « films d’avocats » (« lawyer films », « courtroom dramas ») représentent-ils bien le milieu professionnel concerné (y a-t-il des degrés plus ou moins forts d’authenticité ?) et peuvent-ils servir à illustrer des différences entre systèmes juridiques anglo-saxons (les Etats-Unis et la Grande-Bretagne) ?
  •  Peut-on découvrir et discuter la culture médicale grâce aux supports filmiques : le « hospital film » peut-il servir l’acquisition de l’anglais médical ?
  •  Les films de catastrophe, les « thrillers scientifiques » et/ou les
    films de science fiction permettent-ils de parfaire ses connaissances
    lexicales et plus fonctionnelles dans les domaines de la biologie, chimie,
    génétique, géographie, gouvernance de risque, informatique, mathématique,
    médecine, physique, etc. ?

    Questions plus techniques :

  •  Est-il possible d’utiliser des supports filmiques dans l’enseignement des langues de manière à associer les dispositifs hybrides (le « présentiel  » / le « distanciel »), ou en incluant d’autres modalités telles que le e-learning et l’auto-formation ? Le cinéma et l’apprentissage tout au long de la vie ?
  •  Quels dispositifs techniques pour la mise en place réussie d’un cours de langue basé sur les supports filmiques ? Faut-il des compétences spécifiques pour enseigner par le biais du cinéma ?
  •  Quel est le rôle des NTICE au service des nouvelles pratiques formatives filmiques ? (Utilisation d’extraits de films disponibles sur l’internet ? Questions relatives à la propriété intellectuelle ?)
  •  Comment les exercices de doublage ou de sous-titrage permettent-ils,
    outre l’acquisition des techniques de travail propres à ces activités, une
    acquisition des spécificités linguistiques et culturelles d’une communauté
    culturelle ou professionnelle donnée ?

    Loin d’être exhaustifs, ces axes ne constituent que
    quelques pistes éventuelles par rapport aux possibilités de dynamisation des
    cours de langues étrangères par le recours aux supports filmiques.

    Les propositions de communication en français ou en
    anglais pour ce colloque international qui se tiendra à l’Université de
    Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines les 1er et 2 septembre 2011 devront
    parvenir à Sophie Croisy et à Taïna Tuhkunen avant le 1er mars 2011. Les contributions
    retenues par un comité de lecture feront l’objet d’une publication.