LA SURFACE : ACCIDENTS ET ALTERATIONS

LA SURFACE : ACCIDENTS ET ALTERATIONS"

10-11 octobre 2008, Université de Savoie

Ce colloque constituera le troisième
et dernier volet des rencontres organisées par
l’équipe pluridisciplinaire « Littératures » de
l’Université de Savoie pour explorer la notion de
surface en littérature et dans les arts visuels.
L’objectif initial, à l’origine du premier
colloque, était de réhabiliter une dimension miseà mal par la pensée dualiste traditionnelle qui
l’oppose à la profondeur, et de l’appréhender
comme lieu d’émergence du sens. La deuxième étape
a ensuite consisté à examiner plus précisément
les jeux de surface qui produisent ou
déconstruisent le sens - jeux de forces,
glissement, dérive, passage, inversion,
disjonction - en d’autres termes, la dynamique
qui ne cesse de renouveler le sens. Le colloque à
venir s’intéressera à une forme plus particulière
de dynamique, à savoir la violence exercée sur
une surface au point de l’abîmer, de la
défigurer, et de la constituer en lieu de crise,
cristallisant angoisse ou obsession dans la
représentation.

Seront explorées les surfaces
endommagées comme le manuscrit ou la carte,
troués, déchirés, tellement usés qu’ils en sont
devenus illisibles et résistent au déchiffrement,
par exemple dans Melmoth the Wanderer de Maturin.
On pourrait même dire les surfaces torturées :
champs de batailles, paysages dévastés, ruines.
On considèrera également tout ce qui peut marquer
ou meurtrir des surfaces comme le corps ou la
peau, l’image que nous tendent le miroir et le
portrait (comme celui de Dorian Gray), et tous
les espaces explorés par le geste artistique.

Dans le domaine du cinéma nous pensons
aux différents procédés d’écriture qui altèrent
la surface de l’écran, par exemple la voix off
qui peut avoir une fonction réparatrice en
agissant sur la surface abîmée ou au contraire
une fonction destructrice. Cette altération peut également provenir du hors champ qui entre alors
en rapport de réparation ou de détérioration avec
le champ. On songera en outre aux procédés par
lesquels la surface d’un paysage peut être le
reflet de l’intériorité du personnage et s’abîmer
/ s’abymer (par exemple dans le film de Roberto
Rossellini Allemagne année zéro).

Il conviendra alors de s’interroger sur
le rôle de ces surfaces brisées ou mutilées dans
l’économie d’une oeuvre, sur leurs rapports avec
le signe, le symptôme, l’irreprésentable, sur la
relation ambivalente de fascination et de
répulsion qu’elles génèrent,. On se demandera si
elles induisent une perte de sens, une
aliénation, ou si au contraire, elles ne
débouchent pas plutôt sur une réparation, une
reconstruction voire une intégration.

Les propositions de communications, d’une
longueur approximative de 500 mots, devront
parvenir avant le 30 avril 2008 à :

Maryline Maigron (Italien, Cinéma) : maryline.maigron@univ-savoie.fr
Sylvain Santi (Lettres) : sylvain.santi@univ-savoie.fr
Marie-Odile Salati (Etudes Anglophones) : marie-odile.salati@univ-savoie.fr

Adresse postale :
UFR LLSH
Université de Savoie
Jacob-Bellecombette
B.P. 1104
73011 Chambéry Cedex