CFP : "YST – Young Scholars Transfers : réflexions sur la notion de transfert dans les sciences humaines et sociales"

Appel à communications : colloque international « YST – Young Scholars Transfers : réflexions sur la notion de transfert dans les sciences humaines et sociales »

Scroll down for English version

Dates du colloque : 13-14 octobre 2016 à l’Université Paris-Est Créteil

Conférences plénières : Professor Lewis Gordon (University of Connecticut)

Professor Rozena Maart (University of KwaZulu-Natal)

YST – Young Scholars Transfers est un projet scientifique pluriannuel articulé autour des notions de transfert, d’intersection, de transdisciplinarité et d’hybridité. Son objectif est d’associer divers objets d’étude, de faire dialoguer une pluralité d’approches et différentes méthodologies dans le champ des sciences humaines et sociales, afin de déterritorialiser les savoirs et les disciplines. Plusieurs aires géographico-culturelles seront représentées (les Amériques, l’Afrique australe, l’Europe) par des jeunes chercheurs internationaux animés par la même volonté de concevoir la recherche universitaire et les espaces socio-culturels, politiques et artistiques comme étant des sites de transfert perpétuel.

À la lumière de la définition que Julie Thompson Klein propose des nouvelles spécialités universitaires hybrides résultant de la fracturation des disciplines[1], une réflexion sur l’état de la recherche internationale semble justifiée. Alors que les sites de production du savoir se nourrissent de la réalité sociale et des expériences culturelles pour enrichir leurs productions scientifiques, et que de nombreuses études récentes sont caractérisées par la fragmentation et l’hybridité, la recherche dans son ensemble apparait marquée par la circulation, la pollinisation et la mutation. En conséquence, ne devrait-on pas considérer le transfert comme un processus clé dans le domaine social, culturel et universitaire, et nous concentrer sur les mécanismes, les méthodes et les résultats du transfert afin de mieux comprendre comment le savoir est redéfini, et comment les frontières entre les disciplines et les méthodes doivent être brouillées ?

À l’heure où les expériences marginales trouvent leur voix et leur place dans le champ artistique et scientifique, l’altérité devient un élément primordial non seulement dans le domaine culturel, mais aussi dans la sphère universitaire. Les vies sociales subalternes et différentes perturbent la définition de l’humain, les identités sont redéfinies, et les chercheurs de plus en plus invités à réfléchir à l’influence de ces expériences de la marge sur les redécoupages disciplinaires, les redéfinitions méthodologiques et l’alignement de savoirs jusqu’alors hiérarchisés. L’Autre est envisagé dans le discours universitaire comme une « boîte théorique débordant d’outils », parmi lesquels on compte les concepts d’hybridité et de métissage, d’entre-deux racial, sexuel et de genres, les phénomènes de diaspora et de croisements culturels…qui opacifient le sujet humain[2].

L’approche transdisciplinaire permet de mettre en lumière les connexions que ce sujet humain établit entre les diverses disciplines qui le prennent pour objet, et la réflexivité doit permettre d’éviter l’établissement de nouvelles hiérarchies entre les savoirs et les objets, la création de nouvelles altérités, et la mise en place de nouvelles pratiques d’exclusions disciplinaires, grâce à la critique des objets d’étude au prisme de diverses disciplines. Nous espérons ainsi, en croisant les aires géographico-culturelles et les champs disciplinaires, proposer une conception moins restrictive des identités, et envisager « l’objet identité » comme fluctuant, instable, et toujours insaisissable.

Les supports étudiés dans le cadre de ce premier colloque se déploieront de la littérature à la critique sociale, des productions artistiques aux textes théoriques, que la recherche récente s’applique à faire entrer en dialogue. Les groupes subalternes (sociaux, ethniques, « raciaux », sexuels) se trouveront au cœur des discussions, en tant qu’ils contribuent à la transformation de la sphère sociale. Leur prise en compte dans le champ politique conduit à une circulation des savoirs entre la marge et le centre, pour aboutir à une redéfinition des savoirs dominants. Les thématiques suivantes, non limitatives, sont proposées :

➢ Aliénations et altérités sociales, culturelles, sexuelles

➢ Centre(s), frontières et périphérie(s)

➢ Les subjectivités subalternes et leurs écritures

➢ Hybridation et mutation des identités

➢ La critique queer des théories du sujet et des théories sociales

➢ Colonialité et Postcolonialité

➢ Migrations, citoyennetés, Diasporas et appartenances

➢ Genres, sexualités et décolonisation épistémologique

➢ Trans-nationalité et trans-culturalité

Considérées dans leur globalité, ces thématiques permettront aux participants d’esquisser une nouvelle méthodologie, qui colmaterait les failles apparues dans les disciplines institutionnalisées. D’un point de vue tant scientifique que méthodologique, l’objectif du colloque est d’atteindre un au-delà des disciplines, de dépasser les déterminations et les déterminismes qui marquent tant le champ social que le champ universitaire. Il ne sera pas question de mettre à mal les disciplines, mais plutôt d’en brouiller les frontières afin de faire circuler les méthodes, les postulats et les approches, et de faire en sorte que du dialogue entre les disciplines résulte un enrichissement mutuel. Une redéfinition des objets du savoir et de leur construction est une première étape vers la fin de la « décadence disciplinaire » dont il est question chez Lewis Gordon : des échanges entre les chercheurs issus de diverses spécialités émergeront de nouvelles formes de savoirs plus complets, qui ne limitent ni n’épuisent la réalité qu’ils prennent pour objet. À partir de l’idée que le transfert implique un déplacement d’objets, de personnes et de concepts entre deux sphères culturelles distinctes, nous examinerons comment le transfert mène à des mutations humaines, sociales, politique et scientifiques, à une réorganisation des savoirs par la mise à mal des frontières entre spécialités, et au développement d’une recherche plus humaine.

Les propositions de communication (résumé de 300 mots + court CV) sont à envoyer avant le 1er mars 2016 à l’adresse colloqueyst2016@hotmail.com. Les réponses seront communiquées courant avril 2016.

Organisation : Carline Blanc (Université Paris-Est Marne-la-Vallée, École Doctorale Culture et Sociétés, LISAA) ; Mélanie Grué (Université Paris-Est Créteil, IMAGER) ; Lucile Pouthier (Université Paris-Est Marne-la-Vallée, École Doctorale Culture et Sociétés, LISAA).

Call for papers : international symposium “YST – Young Scholars Transfers : A reflection on the notion of transfer in the field of human and social sciences”

Dates : 13-14 October 2016 at Université Paris-Est Créteil

Keynote speakers : Professor Lewis Gordon (University of Connecticut)

Professor Rozena Maart (University of KwaZulu-Natal)

YST – Young Scholars Transfers is a project built around the key notions of transfer, intersection, transdisciplinarity and hybridity. At stake is the association of diverse objects of study, a plurality of approaches and different methodologies in the field of human and social sciences, in order to de-territorialize knowledge and disciplines. Several cultural and geographical zones (the Americas, South Africa and Europe) will be represented by young scholars willing to consider research and political, artistic or socio-cultural spaces as sites of perpetual transfers.

In the light of Julie Thompson Klein’s definition of new hybrid academic specialties resulting from the fracturing of disciplines[3], a reflection on the state of international research appears legitimate. As sites of knowledge feed on the social world and cultural experiences, and as many recent studies are characterized by fragmentation and hybridity, research appears to be marked by cross-fertility. Consequently, transfer has become as a key process in the social, cultural, and academic fields, and we should focus on the mechanisms, methods, and results of transfer in order to better understand how knowledge is redefined, and how the frontiers between disciplines, methods, and findings must be blurred.

As marginal experiences find their voices and are increasingly taken into account in the social, artistic and scientific realms, otherness seems to become a key element not only in the cultural world, but in the academic sphere. Subaltern, marginal, “Other” lives disturb the definition of the human, identities are redefined, and scholars are increasingly invited, if not forced, to reflect upon the influence of marginal experiences on the reshaping of disciplines and methodologies, and on the lining up of previously ranked knowledge. Otherness thus permits to reflect upon racial, gender and sexual hybridity, the phenomenon of diaspora and cultural transfers, which complicate the definition of the human[4].

The transdisciplinary approach highlights the connections between various disciplines that take the human subject as their object. Reflexivity will prevent the establishment of new hierarchies between fields of knowledge, the creation of new forms of otherness, and the setting up of new practices of disciplinary exclusions, thanks to the study of objects through the lens of several disciplines. We hope that a less limited conception of identity will emerge from our exchanges, and that identity will be fully understood as fluctuating.

The materials studied will range from (subaltern) literature to social criticism, from the arts to social texts. Minority groups, be they social, ethnic, racial or sexual, will be a major focus of discussions, since they are the key to the transformation of the field of knowledge. As their dissenting voices, newly expressed in “minority writing,” are reverberated in and through recent research, they become a tool for contesting dominant structures of knowledge and majority discourses. Topics of discussion include (but are not limited to) :

➢ Social, cultural, sexual alienation and otherness

➢ Center(s), margins, frontiers

➢ Subaltern subjects and subaltern writing

➢ Hybridization and identity mutations

➢ The queer critique of social theories

➢ Colonial and post-colonial situations

➢ Migrations, citizenships, Diasporas and belonging

➢ Trans-nationality and trans-culturality

The discussions will allow the participants to offer a methodological challenge to traditional ways of doing research. The project aims at going beyond disciplinary boundaries, breaking down disciplinary frames which limit how we think about the human subject, and allowing disciplines to feed on each other. We suggest that a redefinition of the objects of studies as well as the way these objects are constructed and tackled is a first step towards a questioning of what Lewis Gordon defines as “disciplinary decadence” : The discussions involving scholars from various fields will lead to the definition of new forms of knowledge, which neither limit nor drain the reality they are built on. Following the idea that cultural transfer implies a movement of objects, people, and concepts between two distinct cultural spheres, we shall examine how transfer, both as a human process and a research method, may lead to deep human, social, political and academic transformations, to the rearrangement of the field of knowledge, and to the interrogation of the frontiers of academic specialties in order to promote a more human method of research.

Proposals (300-word summary + short CV) should be sent by March 1st, 2016 to colloqueyst2016@hotmail.com. Answers will be sent in the course of April, 2016.

Organizing committee : Carline Blanc (Université Paris-Est Marne-la-Vallée, École Doctorale Culture et Sociétés, LISAA) ; Mélanie Grué (Université Paris-Est Créteil, IMAGER) ; Lucile Pouthier (Université Paris-Est Marne-la-Vallée, École Doctorale Culture et Sociétés, LISAA).

[1] Julie Thompson Klein, Crossing Boundaries : Knowledge, Disciplinarities, and Interdisciplinarities, University of Virginia Press, 1996, 44.

[2] Jean-Paul Rocchi, L’objet Identité : Epistémologie et transversalité, Cahiers Charles V, n°40, 2006, 11.

[3] Julie Thompson Klein, Crossing Boundaries : Knowledge, Disciplinarities, and Interdisciplinarities, University of Virginia Press, 1996, 44.

[4] Jean-Paul Rocchi, L’objet Identité : Epistémologie et transversalité, Cahiers Charles V, n°40, 2006, 11.