CFP : "Valeur / Valeurs"

Appel à communications

Colloque international TIES, « Valeur / Valeurs », vendredi 27 et samedi 28 mars 2015

Université Paris-Est-Créteil (UPEC)
Équipe littéraire angliciste TIES

Laboratoire IMAGER (Institut des Mondes Anglophone, Germanique et Romans),
EA 3958

(Scroll down for the English version)

A l’heure de l’évaluation généralisée a tous les domaines, il est légitime de s’interroger sur la notion meme de valeur, sur son application et sa validité dans le champ littéraire. Étymologiquement, le terme (du latin valor) désignait la force ou le courage, son sens s’étant par la suite infléchi vers une acception éthique, puis économique, pour finalement devenir un outil théorique qui a investi tous les champs
disciplinaires.

L’application de cette notion a la littérature ouvre la porte aux approches esthétiques, historiques, théoriques ou sociologiques, de la Renaissance au XXIe siecle. Il s’agira notamment d’étudier les phénomenes de reconnaissance (ou de rejet) des oeuvres et de leur (dé)valorisation, en fonction d’un canon, fluctuant selon les époques, les aires géographiques, les cultures, les orientations idéologiques et les tendances ou modes critiques. La réflexion sur la valeur sera liée a la question des valeurs, ce qui met en
jeu les relations entre l’absolu et le relatif. On pourra réfléchir notamment a ce qui est en jeu dans la constitution du canon littéraire comme nous invitent a le faire Pascale Casanova dans La République des Lettres (1999) ou encore Pierre Bourdieu dans Les Regles de l’art(1992), qui permettent de penser la culture dans une perspective sociologique et reposent la question des valeurs esthétiques comme valeurs construites par tout un champ d’acteurs culturels, économiques et politiques. Les fluctuations du jugement esthétique en fonction des époques et de leur contexte idéologiques constitueront une piste fertile. Comment s’établissent les criteres qui promeuvent certaines oeuvres au rang de classiques, et en occultent ou en marginalisent d’autres, selon une dialectique centrifuge ou centripete ?

Il s’agira notamment, en articulant la question de la valeur a la question des genres littéraires, de s’interroger sur les tentatives de définition et de fixation des frontieres génériques et d’étudier les phénomenes d’hybridation observables des la Renaissance, malgré une volonté croissante de cloisonnement et de hiérarchisation des genres en majeur et mineur. Le terme de « paralittérature » en témoigne bien de nos jours. On pourra se demander, par exemple, comment la question de la valeur investit les débuts
de la forme romanesque des le XVIIIe siecle, ou encore ce qui définit un « objet » comme oeuvre littéraire, poétique, ou création esthétique, et quels sont les criteres qui président a la sélection ou a l’élaboration des outils critiques nécessaires pour étudier ces oeuvres, leur qualité et leur « valeur ».

Par ailleurs, quelles relations peut-on mettre en lumiere entre la question de la valeur et la modernité qui, quelles que soient les périodes, se positionne toujours par rapport a un canon ? Est-il nécessaire – ou seulement possible – d’attribuer une valeur aux textes contemporains pour leur donner une légitimité ? Si oui, selon quels criteres ? Pour ces oeuvres, en outre, s’ajoute la dichotomie entre « lisible » et « illisible » :
comment la question de la lisibilité ou de l’illisibilité s’articule-t-elle a celle de la « valeur » d’un écrit ?

Plus généralement, qu’est-ce qui fait la valeur d’un texte littéraire, sa « force » ? Comment les textes eux-memes, depuis la Renaissance, se positionnent-ils par rapport a la question de la valeur ou des valeurs, qu’elles soient esthétiques, morales ou autres ? Quelles sont les modalités utilisées pour évaluer les textes littéraires ? Peut-on échapper a la circularité qui guette toute démarche axiologique : « La valeur n’a, ainsi que l’étendue, d’autre mesure que la valeur […] », comme l’écrivait déja Turgot au XVIIIe siecle. Et ne peut-on également se demander comment « vaut » la littérature, plutôt que ce qu’elle « vaut » ? Telles pourraient etre quelques unes des questions au coeur de notre réflexion commune qui portera sur les littératures de langue anglaise mais pourra également intéresser des spécialistes d’autres disciplines et d’autres aires linguistiques et culturelles, en lettres, littérature comparée, littératures germanophone ou romanes par exemple.

Les propositions (350 mots environ) en anglais ou en français, accompagnées
d’une bio-bibliographie, sont a envoyer a valeur.upec@gmail.com
avant le vendredi 6 juin 2014.

COMITÉ D’ORGANISATION

Françoise Dupeyron-Lafay

Claire Fabre-Clark

Élisabeth Vialle

Call for Papers

International conference « Value / Values », Friday and Saturday 27-28 March 2015

Université Paris-Est-Créteil (UPEC)

Nowadays, evaluation has become so systematic in many fields that this legitimately leads us to inquire into the notion of value, and its application and validity in the literary domain. The word “valour” (from the Latin valor) initially referred to two distinct spheres : the ethical and the economic or material one, referring both to moral qualities, such as strength, rectitude and courage, and to financial or monetary worth. The latter subsequently came to be expressed by a distinct term, “value” that can also designate personal worth nowadays. The notion of value has now become an all-encompassing theoretical tool applied in all disciplinary fields.

In the literary one, various types of approaches are possible – aesthetic, historical, theoretical or sociological ones –, from the Renaissance to the 21st century. Contributions may for instance focus on the processes of recognition or rejection of some works, leading to their celebration or depreciation, and on the shifting canons, according to periods, geographical areas, cultures, ideological leanings, and critical tendencies. The reflection on the notion ofvalue is inseparable from the question of values, and involves a complex interplay between the absolute and the relative. In the wake of Pascale Casanova in La République des Lettres (1999) or Pierre Bourdieu in Les Regles de l’art (1992), contributions may adopt a sociological perspective in their endeavour to understand what parameters gradually constitute a canon within a given context, how aesthetic values are constructed by a whole set of cultural, economic and political agents, but also how aesthetic judgements fluctuate according to periods and their ideological backgrounds. What factors may account for the selection and establishment of criteria promoting some works as classics while ignoring or marginalizing others, through a kind of centrifugal or centripetal dialectics ?

Contributions may also show the interaction between literary genres and the concept of value by examining how, from the Renaissance onwards, the various attempts to define and set generic frontiers, long defeated by persistent hybridization, eventually led to the prevalence of a “major” versus “minor” hierarchy, with, among others, the use of the phrase “popular literature”. How was the question of value inscribed in the incipient novel genre, from its very origins in the 18th century ? Or what defined, and still defines, an “object” as a literary or poetic work, or as an aesthetic creation ? What prerequisites and implicit assumptions lie behind the choice and the elaboration of the critical tools mobilized to study the worth or the “value” of literary works ?

Besides, what are the links between the concepts of “value” and modernity, the latter, whatever the periods, being always defined through or against a canon ? Is it necessary, or even possible, to attach value to contemporary works so as to legitimize them ? If so, which criteria may be pertinent or relevant ? Besides, in the contemporary field, the dichotomy between the “legible” and the “illegible” has to be taken into account. It has to be seen whether the value of a text can be conditioned by its (il)legibility.

More generally, what creates the value and the “power” or “quality” of a literary text ? How have texts themselves, since the Renaissance, responded to the exigency of “value”, or to the constraint of values, whether aesthetic and moral ? How can a literary text be evaluated or assessed ? Can the risk of circularity present in the axiological approach be avoided ? Indeed, as Turgot was already aware in the 18th century : “Value, like surface area, is its own yardstick”. Actually, instead of wondering what is the “value” of literary texts, would it not be more profitable to enquire how they manifest their “value”.

These are some of the aspects informing our common reflection on anglophone literature and culture but contributions in other disciplinary fields and/or focusing on other linguistic and cultural areas, such as French-speaking, romance, German-speaking, or comparative literatures, are also welcome.

Abstracts (350 words approximately), together with a bio-bibliography, are
to be sent tovaleur.upec@gmail.com before
Friday June 6, 2014.

ORGANIZING COMMITTEE

Françoise Dupeyron-Lafay

Claire Fabre-Clark

Élisabeth Vialle