CFP : "Utopies Culturelles Contemporaines"

7e Rendez-vous de Géographie culturelle, Ethnologie et Études culturelles

en Languedoc-Roussillon

Organisé par :

UMR 5281 ART-Dev- Université Paul Valéry Montpellier 3 – Route de Mende – 34199 Montpellier cedex 5 artdev@univ-montp3.fr – http://recherche.univ-montp3.fr/artdev/

EMMA EA 741 Université Paul Valéry Montpellier 3 – Route de Mende – 34199 Montpellier cedex 5 isabelle.ronzetti@univ-montp3.fr – http://pays-anglophones.upv.univ-montp3.fr/

Colloque international

« Utopies Culturelles Contemporaines »

16-18 Juin 2016, Université de Nîmes (France)

La 7e édition des « Rendez-vous de Géographie culturelle, Ethnologie et Études culturelles en Languedoc-Roussillon » souhaite explorer les utopies culturelles contemporaines, leurs processus de formalisation, leurs significations, leurs localisations sociales et géographiques. A une époque souvent décrite comme saturée de flux de communication et d’innovations technologiques, où les rêves les plus fous de l’humanité semblent déjà avoir été réalisés, comment comprendre à nouveaux frais la notion d’utopie et son succès toujours renouvelé ? La notion d’ « utopie culturelle contemporaine », proposée ici, postule qu’aux dimensions plus politiques et scientifiques des utopies du passé, s’ajouterait une dimension plus culturelle et globale, avec toutes les nuances et controverses qui se dessinent à propos des différents rôles assignés à la culture aujourd’hui. Le colloque souhaite définir les contours de cette nouvelle dimension et expliquer les raisons de son émergence en mobilisant les outils combinés de plusieurs disciplines. Plusieurs types de questionnements seront privilégiés pour saisir la complexité propre à la notion d’utopie culturelle.

Une première approche questionne les manières à travers lesquelles l’utopie, traditionnellement conçue comme hors de l’espace et du temps, est aujourd’hui rabattue par certains discours sur l’hypothèse d’un « vivre-ensemble » communautaire qui la relocaliserait en des lieux ou autour de groupes sociaux particuliers. Est-il devenu utopique de vouloir vivre ensemble ? L’utopie du « vivre-ensemble » n’est-elle que la conséquence d’un délitement du lien social, ou dit-elle quelque chose d’autre des mythes qui travaillent les sociétés contemporaines ? Est-elle seulement une réaction nostalgique au sentiment répandu de ne plus pouvoir « faire communauté », ou joue-t-elle un rôle dans la fabrique contemporaine des identités collectives ? En figurant un double processus de délocalisation et de relocalisation, il semble que l’utopie a considérablement changé dans son contenu, ce qui nécessite d’en renouveler l’approche.

Un autre questionnement concerne les champs d’application de l’utopie. Dans le domaine de l’urbanisme et dans celui de l’architecture contemporaine, des visions utopiques ont durablement soutenu l’innovation en permettant de dépasser la simple réponse à des nécessités fonctionnelles. En retour, comment ces opérations conduisent-elles à reconfigurer la notion d’utopie, à l’apprivoiser ou à en faire évoluer les frontières ? Comment la prolifération des visions utopiques du territoire (démocratie participative, terroir, développement durable etc.), plus ou moins adaptées aux exigences du fonctionnement collectif, contribuent-elles au développement culturel ? Faut-il voir une utopie contemporaine dans l’obsession à vouloir inventorier le patrimoine culturel, au risque de le figer et de l’aseptiser ? De même, dans le monde du marketing territorial et touristique, l’appel à des outils habituellement associés à l’utopie tels que le post-humain ou la réalité augmentée conduisent à reconfigurer ses terrains d’application. Où se réfugie l’utopie lorsque la technologie met lieux et œuvres à la portée de tous ? Sur le plan du politique, enfin, comment garder l’utopie comme horizon, sans l’adosser à la vision nostalgique d’un âge d’or ni la transformer en argument électoral ? Que deviennent les utopies politiques quand l’utopisme n’est plus qu’une rhétorique du bonheur ?

Une réflexion sur l’élargissement de la notion d’utopie à l’ensemble du champ culturel ouvre nécessairement sur une approche critique. Il convient ici de considérer sérieusement l’hypothèse d’une confiscation des utopies par différentes instances : lorsque des produits commerciaux sont vendus comme utopies à des consommateurs incapables de les acquérir, que devient l’utopie véritable, celle qui a fonction critique, dérangeante, subversive ? Ici, c’est la question de la dévaluation des utopies qui demande à être posée, car elle coexiste avec un glissement du sens associé aux valeurs culturelles. Dans un monde marchand, on peut se demander si même l’utopie a vocation à être monnayée, négociée, échangée.

Ainsi, le statut des utopies a considérablement changé. En devenant culturelles, elles sont à la fois diluées et banalisées. Elles deviennent alors des repères stables plutôt que des ouvertures radicales sur l’ailleurs, des références à partager plutôt que des lignes de partage. Leur lien au politique se dissout tandis qu’elles participent à la mise en spectacle de l’environnement naturel ou de certaines cultures jugées minoritaires ou menacées. Il est donc urgent d’interroger les nouveaux vocabulaires de l’utopie, dans les univers fictionnels comme dans la réalité. Ce questionnement concerne la littérature, les arts, la création numérique, mais aussi l’action politique, le monde économique, la relation aux territoires. Un questionnement supplémentaire, plus réflexif, concerne les différentes disciplines scientifiques et la manière dont elles prennent part à la redéfinition des utopies. Plutôt que de dresser un catalogue des utopies contemporaines ou des projets « futuristes » actuels, l’ambition de ces rencontres est finalement de réfléchir à la question de la survivance, aujourd’hui, sous quelles formes et à quelles fins, de la pensée utopique. Au-delà de l’application à des cas précis, la réflexion portera aussi sur le devenir même du concept d’utopie.

Des communications sont attendues autour des axes suivants :

  •  Utopie et « vivre-ensemble » aujourd’hui.
  •  Utopie et post-humain, réalité augmentée.
  •  Utopie et urbanisme, architecture, territoires de l’utopie aujourd’hui.
  •  Utopie et politique, instrumentalisations et subversions de l’utopie par le politique aujourd’hui.
  •  Utopie, commerce et communication marchande.
  •  Utopie et mise en spectacle des identités collectives, labels et patrimoines.
  •  Les nouveaux vocabulaires de l’utopie.

    Date limite de soumission des propositions de communication :

    15 juin 2015

    Comité d’organisation

  •  Catherine Bernié-Boissard, catherine.bernie-boissard@wanadoo.fr

    Géographie, Université de Nîmes, UMR 5281 ART-Dev, Université Montpellier 3

  •  Claude Chastagner, claude.chastagner@univ-montp3.fr

    Etudes culturelles, EMMA, EA 741 Etudes anglophones, Université Montpellier 3

  •  Dominique Crozat, dominique.crozat@univ-montp3.fr

    Géographie, UMR 5281 ART-Dev, Université Montpellier 3

  •  Laurent-Sébastien Fournier, laurent.fournier@univ-nantes.fr

    Ethnologie, EA 3260 CENS, Université de Nantes

    Evaluation des propositions par le comité scientifique : été 2015

    Acceptation/refus des propositions : 15 octobre 2015

    Les propositions seront présentées sous la forme d’un document Word d’une à deux pages, comprises entre un minimum de 2000 signes et un maximum de 4000 et comprendront 5 mots clés : elles devront mentionner nom et prénom, discipline d’origine, statut, rattachement institutionnel de l’auteur et adresse électronique.

    Les propositions seront impérativement rédigées en Times New Roman de 12 points, interligne 1,5. Le fichier informatisé du résumé envoyé aux organisateurs par voie électronique sera simplement nommé par les nom et prénom de l’auteur sous la forme : NOMPrénom.doc.

    Les propositions de communication seront adressées exclusivement à :

    christiane.lagarde@univ-montp3.fr

    Les communications pourront être données en français ou en anglais. Prévoir de participer à la totalité du colloque au cours duquel plusieurs tables-rondes seront organisées avec la participation des intervenants.