CFP : The Nation Within / Les nations dans la nation

Colloque international 15 novembre 2013 à l’Université Paris 7-Diderot Sorbonne Paris
Cité, bâtiment Olympe de Gouges.

The Nations Within : dans cet ouvrage, Vine Deloria et Clifford Lytle concluaient en 1984 qu’une nouvelle expression de la souveraineté des nations amérindiennes s’esquissait seulement. Trente ans plus tard, cette journée d’étude se propose d’analyser plus largement la question de la spécificité autochtone aux Etats-Unis et au Canada, en se demandant si les « nations autochtones » constituent une exception parmi les populations plus récemment immigrées. Selon Vine Deloria, les autochtones, « nés de la terre », auraient de tout temps occupé le territoire américain. La plupart des autres chercheurs, s’ils considèrent que les « premières nations » sont a l’origine des populations immigrées, estiment néanmoins qu’étant venues en premier, elles tirent de cette antériorité très ancienne une qualité d’autochtonie sur laquelle est fondée leur différence.

Dans cette journée on se posera notamment la question de savoir comment rendre justice a des populations spoliées et décimées et en même temps introduire dans le droit d’États-nations organisés en fédération un échelonnement supplémentaire des souverainetés, ainsi qu’un principe duel de citoyenneté et d’appartenance (citoyen par droit inhérent pour les uns, citoyen par le pacte républicain pour les autres). Nous pourrons nous poser la question de la compatibilité de ces deux types d’appartenance politique et nationale. En effet, si on fait reposer la spécificité des nations autochtones sur l’ancienneté plus ou moins grande de leur arrivée sur le
continent américain, ne commet-on pas une discrimination contraire à la démocratie dont se réclament les États-Unis et le Canada ?

On pourra par ailleurs se demander quel degré d’autonomie et de souveraineté exercent encore les « nations », ou « peuples autochtones », dont les droits collectifs ont été reconnus par les Nations Unies en 2007, et si les relations des nations premières avec l’Etat-nation relèvent du droit international ou seulement du droit infra-national. Dans cette journée, les concepts de « nations » ou de « peuples autochtones » pourront être analysés, non seulement a la lumière du droit et de l’histoire, mais aussi d’un point de vue social, politique et culturel, de sorte que pourront être examinés tous les aspects qui définissent les nations autochtones, et ceux qui les distinguent de la population allochtone. Cette journée se propose
d’étudier notamment la manière dont les autochtones sont identifiés et s’identifient eux-mêmes, renvoyant ainsi a la possibilité d’être autre, de maintenir ou de réinventer une identité, de se définir ou de se redéfinir en tant que membres de nations distinctes incluses au sein d’États-nations.

On pourra notamment se poser la question de l’auto-définition du statut amérindien par les communautés autochtones. L’appartenance prouvée par l’ADN ou par l’arbre généalogique est-elle acceptable dans des États modernes comme les États-Unis ou le Canada qui ont rejeté le racisme biologique ? Sur quels critères certaines « premières nations », exterminées ou qui ont perdu leur statut spécifique par le passé, se sont-elles reconstituées ? A l’heure ou de nombreuses premières nations contrôlent leurs propres institutions -politiques, juridiques, éducatives… - exerçant ainsi leur souveraineté dans des domaines habituellement réservés aux gouvernements des États-nations, on pourra se demander en quoi ces caractéristiques distinguent les autochtones du reste de la population, et si elles sont de nature exceptionnelle. Les contributions a cette journée pourront aborder ces questions soit a partir d’études de cas, soit en envisageant une période pendant laquelle a été discutée ou niée la spécificité dont se réclament les autochtones aux
Etats-Unis ou au Canada ; soit encore en posant plus généralement le problème des États-nations américains au nord du Mexique, fédéré ou confédéré, et de leur composition multiethnique et plurinationale.

Les propositions, de 300 a 400 mots, sont a envoyer aux organisatrices, Marine Le Puloch et Céline Planchou avant le 1er septembre 2013.