CFP : Southern Short Fiction : Representation and Rewriting of Myth

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Appel a communications : « Nouvelles du Sud : Représentation et ré-écriture
des mythes », Université Catholique de Lille, France, 20-22 juin 2013
(CRILA, Suds d’Amériques).

Le mythe est « un poisson soluble dans les eaux de la mythologie » selon
Marcel Détienne (L’Invention de la mythologie). En effet, défini a partir de
son essence, il a toujours provoqué des polémiques : « langage », « systeme
de communication qui s’impose comme une parole de pouvoir », il est porteur
d’un sens idéologique néfaste pour Roland Barthes (Mythologies) ; « récit
qui parle d’une autre dimension qui existe a côté de la nôtre », il aide
l’etre humain a affronter la perspective de l’extinction et a la surmonter
avec un certain degré d’acceptation, selon Karen Armstrong (A Short History
of Myth). Lorsque, comme le fait Eric Csapo, on renonce a une définition
essentialiste du mythe pour le comprendre a partir de ses fonctions, ces
polémiques se transforment en complémentarité : « Myth might be more usefully
defined as a narrative which is considered socially important and is told in
such a way as to allow the entire social collective to share a sense of this
importance …There can be myths about recent events, contemporary
personalities, new inventions. To insist that a myth or legend be a
traditional tale is to confuse a symptom of their function of transmitting
something of collective importance for part of their essence » (Theories of
Mythology).

Ces traits distinctifs trouvent un écho particulier dans le Sud des
États-Unis, région de conteurs ou les mythes occupent une place singuliere.
Par exemple, au 19eme siecle, William Gilmore Simms s’est hissé au rang de
chantre d’un Sud dont la dimension mythique était en pleine éclosion. Ses
nouvelles, comme ses romans, reposent sur des mythes, des légendes mais
aussi des contes qu’il utilise pour explorer l’âme de sa région et de ses
habitants. Poe, pour qui la nouvelle doit avant tout jouer sur l’effet grâce
a une structure savamment pensée, voyait d’ailleurs Simms comme l’un des
meilleurs praticiens du genre. Le mythe et la nouvelle reposent tout deux
sur l’efficacité du récit ; ils se nourrissent aussi de la tradition orale,
c’est pourquoi la concision se révele un élément clé : « The initial
consideration was that of extent. If any literary work is too long to be
read at one sitting, we must be content to dispense with the immensely
important effect derivable from unity of impression—for, if two sittings be
required, the affairs of the world interfere, and everything like totality
is at once destroyed » (Poe, “The Philosophy of Composition”).
Dans L’Aristocratie sudiste, Etienne de Planchard observe que dans le Sud,
« histoire et mythe sont indissolublement liés, l’un étant avant tout
l’interprétation subjective de l’autre » ; W. J. Cash fournit de nombreuses
pistes qui rejoignent cette idée dans The Mind of the South (1941) et
l’ouvrage collectif dirigé par Charles W. Eagles en 1992, The Mind of the
South : Fifty Years Later, permet de cerner les traits significatifs qui
définissent le Sud aux XXe et XXIe siecles. William Faulkner, Eudora Welty,
Tennessee Williams, ou encore Elizabeth Spencer, pour n’en nommer que
quelques-uns, ont recours a des lieux mythiques pour dire le Sud—les ruines
et les histoires qui leur sont associées permettent a ces écrivains de
cartographier un espace littéraire mythique ancré dans l’Histoire de leur
contrée.

Pour Lewis P. Simpson, le Sud serait un jardin dépossédé, une idée que
partage C. Hugh Holman qui décrit le Vieux Sud « as a kind of Eden ». Les
deux critiques se rejoignent dans l’idée que la Guerre de Sécession a
provoqué la chute de cette civilisation particuliere ; « the Civil War »,
indique Holman, « tends to be viewed as the bloody expulsion from that
Eden ». Dans le manifeste I’ll Take My Stand, publié en 1930, les mythes
sont présentés comme une source d’inspiration fondamentale pour définir
l’identité sudiste. Si la description des saisons et des paysages permet
d’envisager un temps linéaire, le cycle meme de la nature invite a réfléchir
a un temps mythique dans lequel l’histoire est présente comme une trame de
fond au contenu indélébile. La fiction des Agrariens a en effet tendance a
cristalliser le Sud dans le contexte d’avant la Chute, dénonçant ainsi le
Nord comme une région contaminée et, dans une certain mesure,
« contaminante ». L’un des douze contributeurs, Stark Young, montre que
toute civilisation est marquée par le mouvement, par le changement, mais
qu’il ne faut pas pour autant faire un trait sur le passé : “out of any
epoch in civilization there may arise things worth while, that are the
flowers of it. To abandon these, when another epoch arrives, is only stupid,
so long as there is still in them the breath and flux of life.” Nombreux
sont les écrivains qui ont puisé dans la mythologie—on pense notamment aux
mythes du phoenix, de la méduse ou de Pénélope—pour créer un imaginaire du
Sud.

Relire cette littérature a travers le prisme des mythes permet de constater
que les Sudistes se les sont appropriés pour mieux définir leur place dans
le pays, les liens sociaux qui régissent leur communauté, ou encore les
rapports entre les sexes. La nouvelle qui, comme l’a fait remarquer Todorov,
ne présente pas, en raison de sa brieveté, la vie, se veut ainsi un lieu
fertile ou peuvent se développer le mythe et la fable. Le Sud dialogue avec
les mythes pour affirmer son existence—on pense aux analyses de Mircea
Eliade pour qui « le mythe se rapporte toujours a une ‘création’, il raconte
comment quelque chose est venu a l’existence, ou comment un comportement,
une institution, une maniere de travailler ont été fondés ; c’est la raison
pour laquelle les mythes constituent les paradigmes de tout acte humain
significatif ». Nous pouvons donc envisager le recours au mythe comme un
acces a la création, ou plus précisément, comme l’un des fondements de
l’existence identitaire d’un groupe qui détermine ses manieres d’agir, en
dicte les us et coutumes, les dialectes, et les rapports sociopolitiques. A
travers l’étude de la représentation et de la ré-écriture des mythes dans la
nouvelle, nous tenterons de montrer comment les mythes alimentent la
fiction, comment ce genre littéraire peut etre, grâce a la brieveté qui lui
est propre, utilisé a des fins symboliques.

Les propositions sont a envoyer pour le 30 janvier 2013 sous forme
électronique (piece jointe au format.doc ou pdf). Elles comporteront une
présentation de la problématique et du corpus envisagé (environ 250 mots),
les besoins éventuels dans le cas d’une présentation PowerPoint. Une breve
bibliographie devra figurer dans le corps du courriel. Les communications ne
devront pas dépasser 20 minutes. Merci d’envoyer vos résumés par courrier
électronique aux organisateurs du colloque : Emmanuel Vernadakis, Alice Clark
et Gérald Préher. Le résumé doit comporter votre
nom, le nom de votre université, et l’intitulé de votre communication. Dans
le titre du message notez : « Nouvelles du Sud : Représentation et
ré-écriture des mythes ».

Membres du comité scientifique :
Park Bucker (University of South Carolina), Alice Clark (Université de
Nantes), Rémi Digonnet (Institut Catholique de Lille), Anne Garrait-Bourrier
(Université Blaise Pascal-Clermont II), Cynthia Hamilton (Liverpool Hope
University), Jacques Pothier (Université de
Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines), Marie Liénard-Yeterian (Université de
Nice Sophia-Antipolis), Amélie Moisy (UPEC), Gérald Préher (Institut
Catholique de Lille), Michelle Ryan-Sautour (Université d’Angers),
Frédérique Spill (Université d’Amiens), Emmanuel Vernadakis (Université
d’Angers)

English version

Call for papers : “Southern Short Fiction : Representation and Rewriting of
Myth,”
Université Catholique de Lille, FRANCE June 20-22, 2013 (CRILA, Suds
d’Amériques).

Myth is “a soluble fish in the waters of mythology,” according to Marcel
Détienne (L’Invention de la mythologie). Indeed, when myth is considered in
relation to its essence, it has always provoked polemical debate. It has
been referred to as a “language,” “a system of communication which can
control and oppress”. For Roland Barthes, it carries pernicious ideological
overtones (Mythologies) and evokes “a narrative that lies in a dimension
which exists alongside our own dimension”. For Karen Armstrong (A Short
History of Myth), it helps man to face his own extinction and overcome it
with a certain degree of acceptance. On the other hand, when an attempt is
made to break with the essentialist tradition of defining myth for what it
is, it becomes possible to understand it in relation to how it functions
and, as a result, the conflicting polemical views are transformed and
absorbed into a homogeneous vision. Eric Csapo notes that : “Myth might be
more usefully defined as a narrative which is considered socially important
and is told in such a way as to allow the entire social collective to share
a sense of this importance…There can be myths about recent events,
contemporary personalities, new inventions. To insist that a myth or legend
be a traditional tale is to confuse a symptom of their function of
transmitting something of collective importance for part of their essence.”
(Theories of Mythology).

These distinctive traits resonate particularly strongly in the South of the
United States, a region where storytelling and mythmaking have always been
of singular importance. For instance, in the 19th century, William Gilmore
Simms was regarded as the arch-defender of the increasingly mythical image
of the South. His novels and short stories are based on myths and legend as
well as folk tales, which he uses as a means of exploring his region and
those who live there. Poe, for whom the short story’s tightly knit structure
was its primary asset, viewed Simms as one of the best writers in the genre.
Myth and the short story thus draw on similar resources : concision and
narrative effect. They are both nourished by oral traditions, which explains
why brevity is a key element of their structure : “The initial consideration
was that of extent. If any literary work is too long to be read at one
sitting, we must be content to dispense with the immensely important effect
derivable from unity of impression-for, if two sittings be required, the
affairs of the world interfere, and everything like totality is at once
destroyed.” (Poe, “The Philosophy of Composition”).

In Southern Aristocracy, Etienne de Planchard has observed that in the South
“history and myth are inextricably linked, one being the subjective
interpretation of the other.” W. J. Cash proposes a panoply of different
critical perspectives in The Mind of the South (1941) and the collective
work edited by Charles W. Eagles (1992), The Mind of the South : Fifty Years
Later, allows us to identify the distinctive features of the 20th and 21st
century South. William Faulkner, Eudora Welty, Tennessee Williams and
Elizabeth Spencer, to name only a few Southern short story writers, root
their stories in a mythical Southern topos. The ruins of a former
civilization and the stories associated with them enable these writers to
create a mythical literary space anchored in the History of their land.
In keeping with the image of the deserted garden, Lewis P. Simpson and C.
Hugh Holman describe the Old South as a “kind of Eden.” From this
perspective, the Civil War is held responsible for having provoked the fall
of that unique civilization. As Holman has pointed out, the Civil War “tends
to be viewed as the bloody expulsion from that Eden.” In the manifesto I’ll
Take My Stand (1930), myth figures as a fundamental source of inspiration
for Southern identity. If the description of seasons and landscapes allows
for a portrayal of linear time, the cycle of nature itself invites us to
reflect on a mythical age in which history is present as a kind of permanent
and indelible background. The Agrarians, in their fiction, tend to portray
the South in a prelapsarian context, denouncing the North as a contaminated,
and in some ways contaminating, region. One of the twelve Agrarians, Stark
Young, demonstrated that every civilization is marked by change and
movement, but that this is not a reason to wipe out the past altogether :
“out of any epoch in civilization there may arise things worthwhile, that
are the flowers of it. To abandon these, when another epoch arrives, is only
stupid, so long as there is still in them the breath and flux of life.”
Numerous writers have integrated mythological figures into their fiction—the
phoenix, Penelope, or Medusa—in order to enhance the Southern narrative and
imaginative space.

As a result, rereading this literature through the prism of myth will allow
us to better understand how Southern writers have integrated myth so as to
affirm or negate their cultural heritage in the country, as well as
socio-political relationships and gender roles. As Todorov has pointed out,
due to its brevity the short story does not represent life in the way a
novel does ; it thus becomes a fertile space for myth and fable to take root.
As such, the South interacts with myth in order to affirm its specific
identity. We should keep in mind Mircea Eliade’s vision of myth as something
“inextricably linked to creation, it tells how something came into being, or
how a form of behavior, an institution or a way of working started ; that is
why myths are paradigms of all significant human action”. We can therefore
envisage the use of myth as a means of creation, or more precisely as one of
the foundations of a group’s identity, which determines its way of acting,
its customs and discursive habits, as well as its other sociopolitical
relationships. By engaging in the study of the representation and rewriting
of myth in short stories from the South, we will endeavor to demonstrate how
myth nourishes fiction, how the literary genre may, on account of its
brevity, be used for symbolic purposes.

Authors for papers should give a clear analytical framework linked to the
topic of the conference, the corpus under investigation and a brief list of
references, and indicate whether they will be using audio-visual material.
Please send your abstract in the form of attachments (word.doc or PDF).
Presentation of papers will be allocated 20 minutes. Please email your
abstracts (250 words) by January 30, 2013 to the organizers : Emmanuel Vernadakis, Alice Clark
et Gérald Préher.

Specify subject of the message : CFP June 2012 : “Southern Short Fiction :
Representation and Rewriting of Myth.” In body of message stipulate : name of
author, title of paper, institution.
Scientific committee : Park Bucker (University of South Carolina), Alice
Clark (Université de Nantes), Rémi Digonnet (Institut Catholique de Lille),
Anne Garrait-Bourrier (Université Blaise Pascal-Clermont II), Cynthia
Hamilton (Liverpool Hope University), Jacques Pothier (Université de
Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines), Marie Liénard-Yeterian (Université de
Nice Sophia-Antipolis), Amélie Moisy (UPEC), Gérald Préher (Institut
Catholique de Lille), Michelle Ryan-Sautour (Université d’Angers),
Frédérique Spill (Université d’Amiens), Emmanuel Vernadakis (Université
d’Angers).