CFP : Representing social classes in films on television and in cinema in English-speaking countries

Appel à communications-Rectificatif / Call for papers-Update (scroll down for English version)

La représentation des classes sociales dans les films sur les petit et grand écrans dans les pays anglophones

Université Rennes 2 – 10-11 octobre 2013

Colloque international organisé par l’axe ACB (Axe Civilisation Britannique) de l’Equipe d’Accueil ACE (EA 1796) de l’Université Rennes 2 et le 3L.AM (Laboratoire Langues, Littératures, Linguistiques – EA 4335) des Universités du Maine et d’Angers

En partenariat avec :

HCTI (Héritages et constructions dans le texte et l’image – EA 4249) des universités de Bretagne Occidentale et de Bretagne Sud

ERIBIA (Equipe de recherche interdisciplinaire sur la Grande-Bretagne, l’Irlande et l’Amérique du Nord – EA 2610) de l’université de Caen

LIDILE (EA 3874) commune aux universités Rennes 2 et Rennes 1

Conférenciers invités :

Jonathan Bignell, Professor of Television and Film, University of Reading, UK

Richard Butsch, Professor of Sociology & American Studies, Rider University, New Jersey, US

Michael T Martin, Professor of American Studies, Communication and Culture, Indiana University, Bloomington, US

Andy Medhurst, Senior Lecturer in Media, Film and Cultural Studies, University of Sussex, UK

Lors de son accession au pouvoir en 1990, John Major promettait de construire une « société réellement sans classes ». Cette déclaration a de quoi surprendre tant la société britannique semble obsédée par les questions de classes, désormais définies non seulement par le type de catégorie socio-professionnelle qu’une personne occupe et les manifestations de sa position sociale telle que le langage mais également par son mode de vie (l’habitus bourdieusien), ses réseaux sociaux et ses habitudes de consommation culturelle. Récemment, certains journalistes ont pu qualifier la venue à la tête du gouvernement de deux fils de bonne famille ayant fait fortune dans la finance, anciens des public schools et d’Oxbridge, de retour des « toffs » alors même que sociologues et autres commentateurs observaient l’émergence d’un nouveau groupe appelé « chavs », ces jeunes gens issus de la classe populaire, bruyants et grossiers. Que ce soit à la télévision ou au cinéma, sans doute nuls mieux que les films témoignent de cette fascination durable pour les distinctions de classes : du succès de séries comme Upstairs, Downstairs (LWT, 1971-1975, reprise en 2010 par la BBC) ou le très primé Downton Abbey (ITV, 2010) au personnage de Vicky Pollard dans Little Britain (BBC, 2003-06), de la veine nostalgique des heritage films aux dénonciations critiques des films assimilés au socio-réalisme de Ken Loach, les films forgent et interrogent les stéréotypes complices d’une idéologie de classe.

A l’inverse, l’histoire des Etats-Unis s’est construite en grande partie contre le modèle britannique, autour du rêve américain, qui promet une société « sans classe » où tout un chacun a les mêmes chances de grimper dans l’échelle sociale. Formidable machine à produire de spectaculaires ascensions sociales, Hollywood a longtemps nourri le mythe d’une société ouverte et occulté toute représentation réaliste de la condition ouvrière par exemple. Les images de la classe moyenne accompagnent un discours racial et politique qui participe à rendre les autres classes invisibles ou marginales (« dynasties » dirigeantes, underclass). Si de nombreux films produits pour le cinéma ou la télévision (notamment des sitcoms) reflètent parfaitement le consensus en exaltant les aspirations matérielles et les valeurs conservatrices de la classe dite moyenne (middle class), les figures archétypales de la réussite sociale sont également parodiées et subverties dans des films produits en période de crise ou par des réalisateurs issus des minorités qui interrogent les limites du mythe.

Ce colloque propose d’interroger les représentations des classes sociales des pays anglophones dans les films de fiction et de non-fiction, au cinéma et à la télévision. Il s’agira d’explorer comment les films mettent en lumière une réalité sociale qui alimente leurs récits, comment ils contribuent à forger une représentation collective, voire stéréotypique, de ces groupes sociaux, ou au contraire comment ils remettent ces représentations en question.

Axes possibles (liste non exhaustive) :

  •  La représentation des classes sociales selon les médiums filmique et télévisuel, selon les genres fictionnels spécifiques
  •  La représentation des groupes sociaux et le discours idéologique qui les accompagne
  •  Les formes esthétiques spécifiques aux questions de classes
  •  La représentation des cultures de classes, culture savante et culture populaire
  •  Les modalités de réception des films selon les classes sociales
  •  La relation entre l’esthétique du kitsch à l’écran et la notion de classe sociale
  •  La représentation des conflits sociaux
  •  La construction à l’écran des relations entre classes et genres sexués, classes et générations, classes et minorités ethniques

    Les propositions (250 mots) en anglais ou en français ainsi qu’une courte bio-bibliographie sont à envoyer avant le 1er mars 2013 aux adresses suivantes :

    Nicole Cloarec, Delphine Letort, David Haigron et Renée Dickason.

    Call for papers- Update

    Representing social classes in films on television and in cinema in English-speaking countries

    University of Rennes 2, France – 10-11 October 2013


    An international conference organised by research units ACE (EA 1796 at Rennes 2 University) and 3L.AM (EA 4335 at the universities of Le Mans and Angers)

    In partnership with :

    HCTI (EA 4249 at the universities of Bretagne Occidentale and Bretagne Sud)

    ERIBIA (EA 2610 at Caen University)

    LIDILE (EA 3874 common to Rennes 2 and Rennes 1)

    Keynote speakers :

    Jonathan Bignell, Professor of Television and Film, University of Reading, UK

    Richard Butsch, Professor of Sociology & American Studies, Rider University, New Jersey, US

    Michael T Martin, Professor of American Studies, Communication and Culture, Indiana University, Bloomington, US

    Andy Medhurst, Senior Lecturer in Media, Film and Cultural Studies, University of Sussex, UK

    On becoming Prime Minister in 1990, John Major promised to build a “genuinely classless society”. This aspiration sounds all the more daunting and surprising since the British have always appeared so obsessed with class. The notion of social class is now defined not only by someone’s occupation and the expression of their social status in language for instance, but also by their lifestyle, their social connections and their habits of cultural consumption (Bourdieu’s notion of habitus). The recent advent of David Cameron and Nick Clegg at the head of the government has been described as the “return of the toffs”, as both leaders hail from upper class families and have attended prestigious public schools and universities. Conversely, journalists and sociologists have documented the emergence of a new social category called the “chavs”, loud, aggressive working class youth. Unsurprisingly, both television and cinema films bear witness to this enduring fascination for class distinctions : from the lasting popular success of television series such as Upstairs, Downstairs (LWT, 1971-1975, updated in 2010 by the BBC) or the multi-award-winning Downton Abbey (ITV, 2010) to the character of Vicky Pollard in Little Britain (BBC, 2003-06), from the nostalgic indulgence of heritage films to the scathing criticisms of films following Ken Loach’s social realism, films have shaped and challenged stereotypes that articulate the ideological discourse on class.

    In stark contrast to the British class system, other English-speaking countries are geared towards a classless society. In the United States, the American dream and the myth of the self-made man hold the promise of an open society where people have the same opportunity to climb the social ladder. As a tremendous dream machine that has also permitted spectacular social achievements, Hollywood nourishes and sustains the myth of an open society while generally eschewing realistic representation of working class living conditions. Some films do take into account workers’ issues. Nevertheless, images of the middle class have prevailed along with racial and political discourses that contribute to marginalizing other classes - be they the ruling dynasties or the underclass. Indeed, cinema and television dramas more often than not mirror the mainstream ideology by extolling the virtues of the middle class, their social aspirations and their conservative values. However, archetypal figures of success have also been parodied or subverted in films produced in times of economic crises or by minority filmmakers.

    The aim of the conference is to explore representations of social classes in fiction and non-fiction cinema and television films made in English-speaking countries. Our purpose is to study how films document a social reality that in return seeps into their narrative, how they contribute to building a collective and stereotypical representation of social groups, or how they question and undermine these representations.

    Possible topics include, but are not limited to, the following :

  •  The representation of class in different types of medium (cinema / television) and genres (fiction and nonfiction films)
  •  The representations of social groups and their ideological underpinning
  •  The representation of class cultures
  •  Spectatorship, film reception and social classes
  •  The relationship between the aesthetics of kitsch and class
  •  The representation of labour conflicts and social unrest
  •  The relations between class and gender, class and generations, class and ethnic minorities

    Proposals (250 words) along with a short biography should be sent by March 1st 2013 to :

    Nicole Cloarec, Delphine Letort, David Haigron et Renée Dickason.