CFP : "Repenser l’Histoire des Femmes de la Jeune République des États-Unis : nouvelles perspectives historiographiques"

Call for papers

One-day conference

June 17, 2016

Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 (CRAN/CREW) and Université Paris-Diderot (LARCA)

RETHINKING WOMEN’S HISTORY : NEW PERSPECTIVES ON THE HISTORY OF WOMEN IN THE EARLY AMERICAN REPUBLIC

As Teresa Anne Murphy has shown in Citizenship and the Origins of Women’s History in the United States, women’s history as a genre appeared during the first decades of the American Republic, and “is woven into the very creation of the United States in the late eighteenth and nineteenth centuries.”[1] Since the Early Republic and thanks to early-twentieth-century pioneers like Mary Ritter Beard and a revival prompted by the feminist movement in the 1960s and 1970s, the field of women’s history has become more complex, widening its reach to include discussions on topics such race and intersectionality, femininity, intimacy and sexuality, “women’s culture,” and marriage, and leading to “a reconception of the substance and the subject of history” itself.[2] In the more recent decades, the emergence of gender history, “looking at women and men as such,” has led to another important reconfiguration of women’s history, written not concurrently, but in dialogue with men’s history.[3]

The Early American Republic has been a particularly fertile ground for women’s historians. In the words of Jeanne Boydston, the civil society of that period had an “unfixed quality” linked to “the tumult of voices that characterized public opinion in the early United States,” which has proved particularly challenging to women’s historians.[4] As this year marks the 40th anniversary of two landmark articles in women’s history – Gerda Lerner’s “Placing Women in History” (Feminist Studies, III, n°1-2, Fall 1975), and Carroll Smith-Rosenberg’s “The Female World of Love and Ritual : Relations Between Women in Nineteenth-Century America” (Signs, Fall 1975) –, this one-day conference will address the necessity or mere possibility to rethink women’s history along the following lines :

  •  What does it mean to write women’s history in France and the United States today ?
  •  Is writing women’s history today limited to rewriting what has been studied, or are there new topics and approaches to consider ?
  •  Can we think about new, more collaborative, ways to write women’s history, as the recent creation of the Black Women’s Intellectual and Cultural Historical Collective suggests ?[5] And how, in the meantime, can all women (including common women, Native Americans, Black slaves) be included not only as a counterpart of men but as actual agents of a global history of the Early American Republic, as Theda Perdue has suggested regarding Cherokee women for instance ?
  •  Can we think about new ways to think about the relations between women’s history and gender history using the history of women in the early American Republic ?
  •  Can we rethink the national framework when it comes to women’s history ?

    The conference will address these questions through specific case studies related to the history of women in the Early American Republic, which will allow scholars to reflect on their methodology, sources, and perception of women’s and gender history from French and American perspectives, and hopefully start a dialogue between French and American women’s historians on the topic.

    Proposal (300 words) and a short CV are due October 1, 2015. They should be sent to Augustin Habran (augustin.habran@orange.fr) and Hélène Quanquin (helene.quanquin@univ-paris3.fr).

    The keynote address will be delivered by Prof. Lori Ginzberg (Pennsylvania State University).

    Organizing committee :

    Augustin Habran, Université Paris-Diderot

    Hélène Quanquin, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

    [1] Theresa Anne Murphy, Citizenship and the Origins of Women’s History in the United States, Philadelphia : University of Pennsylvania Press, 2015, p. 193.

    [2] Nancy F. Cott and Drew Gilpin Faust, “Foreword : Recent Directions in Gender and Women’s History,” OAH Magazine of History, Vol. 19, No. 2 (Mar, 2005), p. 4.

    [3] Cott and Faust, p. 4.

    [4] Jeanne Boydston, “Civilizing Selves : Public Structures and Private Lives in Mary Kelley’s “Learning to Stand and Speak,”” Journal of the Early Republic, Spring 2008, Vol. 28, No.1, p. 56, 52.

    [5] The Black Women’s Intellectual and Cultural Historical Collective is a research project with aims at recovering the voices of black women as “producers of knowledge.” See Mia E. Bay, Farah J. Griffin, Martha S. Jones, and Barbara D. Savage, eds., Toward an Intellectual History of Black Women, The University of North Carolina Press, 2015.

    Appel à communications

    Journée d’étude

    17 juin 2016

    Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 (CRAN/CREW) et l’université Paris-Diderot (LARCA)

    Avec le soutien scientifique du Réseau pour le Développement Européen de l’Histoire de la Jeune Amérique (Redehja)

    Repenser l’Histoire des Femmes de la Jeune République des États-Unis : nouvelles perspectives historiographiques

    Comme le montre Teresa Anne Murphy dans Citizenship and the Origins of Women’s History in the United States, l’histoire des femmes en tant que genre historiographique est apparue au cours des premières décennies de la Jeune République ; elle est de fait « intrinsèquement liée à la construction même des États-Unis entre la fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème siècle »[1]. Depuis la Jeune République, à la faveur des travaux de figures pionnières telles que Mary Ritter Beard et grâce au renouveau permis par les mouvements féministes des années 1960 et 1970, le champ de l’histoire des femmes s’est complexifié par l’inclusion d’un certain nombre de débats sur des sujets tels que la « race » et l’intersectionnalité, la féminité, l’intimité et la sexualité, la « culture des femmes » (women’s culture) et le mariage, aboutissant à « une reconception de la substance et du sujet même de l’histoire »[2]. Plus récemment, l’émergence de l’histoire du genre (gender history), qui « s’intéresse aux femmes et aux hommes en tant que tel-le-s », a également amené une importante reconfiguration de l’histoire des femmes, envisagée non pas comme un contrepoids à l’histoire des hommes mais plutôt comme un moyen d’entamer un dialogue avec celle-ci[3].

    La Jeune République des États-Unis a été un terrain particulièrement fertile pour les historien-ne-s des femmes. Selon Jeanne Boydston, la société civile à cette époque était caractérisée par une « instabilité » (unfixed quality) due au « foisonnement des voix qui caractérisait l’opinion publique dans la jeune société états-unienne » qui s’est avéré particulièrement difficile à appréhender pour les historien-ne-s des femmes[4]. Alors que cette année marque le quarantième anniversaire de deux articles majeurs en histoire des femmes - “Placing Women in History” de Gerda Lerner (Feminist Studies, III, n°1-2, automne 1975) et “The Female World of Love and Ritual : Relations Between Women in Nineteenth-Century America” par Carroll Smith-Rosenberg (Signs, automne 1975) – cette journée d’étude propose d’interroger la possibilité, voire la nécessité, de repenser l’histoire des femmes autour des axes de réflexion suivants :

  •  Que signifie écrire l’histoire des femmes en France et aux États-Unis aujourd’hui ?
  •  Écrire l’histoire des femmes aujourd’hui revient-il à réécrire ce qui a été étudié, ou existe-t-il de nouvelles pistes à examiner ?
  •  Peut-on envisager de nouvelles manières, davantage collaboratives, de faire l’histoire des femmes, comme la création récente du Black Women’s Intellectual and Cultural Historical Collective semble le suggérer[5] ? Et, dans le même temps, comment peut-on inclure toutes les femmes (par exemple femmes « ordinaires », autochtones, esclaves noires, etc.) non seulement en tant qu’équivalentes des hommes, mais en tant qu’actrices véritables dans une histoire globale de la Jeune République, ainsi que Theda Perdue le propose dans son étude des femmes de la nation cherokee ?
  •  Peut-on imaginer de nouvelles manières d’articuler histoire des femmes et histoire du genre dans le contexte de l’histoire des femmes de la Jeune République ?
  •  Est-il envisageable de repenser le cadre national en matière d’histoire des femmes ?

    Cette journée d’étude sera l’occasion de réfléchir à ces problématiques à travers l’étude de cas concrets en lien avec l’histoire des femmes de la Jeune République des États-Unis. Les chercheurs seront donc amenés à s’interroger sur leur méthodologie et leurs sources, et sur la perception de l’histoire des femmes et du genre à travers les prismes français et américain, puisqu’il s’agira d’entamer un dialogue entre des spécialistes de la question à la fois français et américains.

    Les propositions de communication (300 mots), accompagnées d’un court CV devront être envoyées pour le 1er octobre 2015 au plus tard à Augustin Habran (augustin.habran@orange.fr) et Hélène Quanquin (helene.quanquin@univ-paris3.fr).

    La conférence plénière sera donnée par Lori Ginzberg (Pennsylvania State University).

    Comité d’organisation :

    Augustin Habran, Université Paris-Diderot

    Hélène Quanquin, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

    [1] Theresa Anne Murphy, Citizenship and the Origins of Women’s History in the United States, Philadelphia : University of Pennsylvania Press, 2015, p. 193.

    [2] Nancy F. Cott and Drew Gilpin Faust, “Foreword : Recent Directions in Gender and Women’s History,” OAH Magazine of History, Vol. 19, No. 2 (Mar, 2005), p. 4.

    [3] Ibid, p. 4.

    [4] Jeanne Boydston, “Civilizing Selves : Public Structures and Private Lives in Mary Kelley’s “Learning to Stand and Speak,”” Journal of the Early Republic, Spring 2008, Vol. 28, No.1, p. 56, 52.

    [5] Le Black Women’s Intellectual and Cultural Historical Collective est un projet de recherche qui vise à retrouver les voix des femmes noires en tant que « productrices de connaissance ». Voir Mia E. Bay, Farah J. Griffin, Martha S. Jones, and Barbara D. Savage, eds., Toward an Intellectual History of Black Women, The University of North Carolina Press, 2015.