CFP - "Que fait l’image ?" Intericonicité # 2 - Montpellier 3, vendredi 16 mai 2014

Appel à communications

Journée d’études "Que fait l’image ?" Intericonicité # 2

Vendredi 16 mai 2014
Montpellier III, site Saint-Charles

Cette deuxième journée se donne pour but d’approfondir la réflexion amorcée en mai dernier autour de la notion d’intericonicité, dont nous souhaitons cerner les enjeux à la fois en tant que stratégie créative chez l’artiste et qu’outil critique chez le chercheur. Dans les deux cas, l’accent sera une nouvelle fois mis sur l’historicité, la mobilité, la plasticité et la productivité des images et des imaginaires.

L’intericonique ne désignant pas un phénomène unifié, on pourra envisager les déplacements et transferts de codes graphiques dans la diversité :

  •  de leurs formes (copie, citation, collage, parasitage, feuilletage, enchâssement),
  •  de leurs intentions (hommage, détournement, plagiat),
  •  des stratégies mobilisées (traduction, resémantisation, remédiation, vulgarisation ou requalification),
  •  des circuits de leur diffusion,
  •  des effets produits (naturalisation des schémas perceptifs, consolidation ou renouvellement des représentations majoritaires),
  •  et des modalités d’intervention dans le monde social qu’ils autorisent (ré/appropriation, commémoration, ressaisie, participation).

    Dans le cadre de ce que l’on pourra appeler une « anthropologie des images », il s’agira d’analyser l’image moins comme entité close ou autarcique, en elle-même et pour elle-même, que comme un ensemble dynamique de parcours et de pratiques, en relation permanente avec d’autres objets visuels. Cette mise en réseau permettra d’aborder les questions d’autorité et de créativité en dehors d’une référence aux notions d’« authenticité », d’« original » ou d’« unicité ».

    A l’abord du phénomène intericonique, on pourra distinguer plusieurs approches :

  •  L’approche génétique, permettant de restituer les étapes de la construction de l’image individuelle à la lumière des documents préparatoires et expérimentaux qui en sont les matrices, sans causalité ou linéarité stricte ;
  •  L’approche iconographique, permettant d’identifier les régularités et les invariants graphiques, la trajectoire d’un motif et ses variations (entre échos et décalages), mais aussi les rapports d’influence et de compétition entre artistes ;
  •  L’approche iconologique, permettant de comprendre la répétition et la perpétuation non consciente d’archétypes, de symboles ou de schémas iconiques existants qui tapissent un imaginaire collectif ;
  •  L’approche généalogique, permettant de comprendre les conditions d’émergence de schémas visuels, perceptifs ou représentationnels et d’en restituer l’historicité ;
  •  L’approche communicationnelle et médiatique, permettant d’analyser la manière dont les réseaux intericoniques socialisent et sémantisent les images, et constituent ainsi d’efficaces stratégies d’interpellation et d’autorité capables de nouer et de stabiliser un contrat de lecture et de produire des lieux de transitivité et de reconnaissance pour le public ;
  •  L’approche sociologique et culturaliste, permettant d’analyser la dimension proprement rituelle des phénomènes intericoniques, leur orchestration dans l’espace social, leur capacité à fédérer des communautés de spectateurs, et ainsi servir de médiation ou d’intercession dans la négociation de certains conflits culturels. Plus largement, cette approche permet aussi d’interroger les contours de l’« icônocratie » américaine, pour comprendre ce qui vaut aux États-Unis d’être définis comme une « culture de l’image », entre iconophilie et iconoclasme, iconophagie et iconophobie.
  •  L’approche méthodologique, permettant d’évaluer la pertinence de l’outil intericonique et de comprendre s’il peut échapper à une démarche strictement associative, qui constaterait des analogies plus ou moins avérées. Plus largement, il s’agira de déterminer si l’outil intericonique est plus qu’un simple dérivé de l’intertextualité, et s’il peut être rapatrié avec succès dans les études américaines, en dehors de l’histoire de l’art et du connoisseurship, mais aussi en dehors des études littéraires et de la narratologie, dont le terme lui-même est issu.

    Les communications pourront porter sur tous les arts visuels sans exclusive (peinture, sculpture, photographie, mais aussi cinéma, séries télévisées et bande-dessinée).
    Les propositions de communication (300 mots environ) sont à envoyer à Mathilde Arrivé, mathilde.arrive@univ-montp3.fr ou mathild_ar@yahoo.fr, avant le 15 décembre 2013.
    Les communications, d’une vingtaine de minutes environ, pourront être en français ou en anglais.

    Programme de la journée d’études précédente : http://pays-anglophones.upv.univ-montp3.fr/?page_id=169
    Site d’EMMA (EA741) : http://pays-anglophones.upv.univ-montp3.fr/