CFP : "Peuples indigènes et changement climatique"

Appel à contributions

Peuples indigènes et changement climatique

Elohi n°9

Les spécialistes s’accordent tous sur le fait que les peuples indigènes n’ont guère voix au chapitre en ce qui concerne (analyse, prévention, solution, etc.) les catastrophes naturelles dont ils sont pourtant les premières victimes. Par exemple, en 2007, Jan Salick et Anja Byg écrivaient que « les peuples indigènes […] sont trop rarement pris en considération dans les discours académique, politique et public sur le changement climatique, alors qu’ils seront grandement touchés par les changements imminents » (Salick & Byg 4). De même, dans une déclaration du 17 septembre 2014 sur les inondations et glissements de terrain au Népal, l’IMADR (Mouvement international contre toutes formes de discrimination et de racisme) déplorait que les populations indigènes « ont été largement ignorées dans le processus » de législation visant à minimiser l’impact de ces catastrophes, alors qu’elles sont « parmi les groupes les plus vulnérables […] à cause de leur pauvreté, lieux de résidence (zones rurales et montagneuses reculées) et contexte social (exclusion historique du pouvoir d’état) » (IMADR 1). En général, pour le MRG (Groupe pour les Droits des Minorités), « l’impact [du changement climatique] sur les minorités et les groupes indigènes sont rarement mentionnés, bien que ces derniers soient les plus affectés » (Baird 1).

Cette absence notoire dans les discours est toujours d’actualité, alors que les peuples indigènes de part le monde étaient présents et ont tenté de se faire entendre lors de la COP 21 (Conférence des Nations Unis sur les Changements Climatiques), qui eut lieu à Paris en décembre 2015.

En vue de la publication de son 9ème numéro, Elohi propose aux chercheurs de s’interroger sur l’impact particulier du changement climatique sur les peuples indigènes, d’analyser les raisons pour lesquelles ces derniers sont spécifiquement concernés, et étudier les explications qu’ils proposent pour comprendre le phénomène ainsi que les solutions, spirituelles ou matérielles, qu’ils avancent pour tenter d’y remédier.

Le plus souvent, face au changement climatique, les peuples indigènes sont perçus comme étant, « au mieux, passif et sans recours, au pire obstructionnistes et destructifs », une vision qui prend ses racines dans les passés coloniaux (Salick & Byg 4). Alors que des demandes d’asile climatique voient le jour ça et là, surtout dans le Pacifique, les peuples indigènes menacés ne sont pas nécessairement fatalistes face aux modifications de leur environnement causées par le réchauffement climatique, comme en témoigne les rencontres intitulées « Peuples autochtones face aux changements climatiques », organisées les 26 et 27 novembre 2015 à l’UNESCO à Paris, en préambule à la COP21. Des savoir-faire spécifiques furent alors exposés dont d’aucuns pensent qu’ils pourraient bénéficier au plus grand nombre (Valo).

Il est certainement utile de faire un état des lieux de la situation à laquelle sont confrontées les populations concernées, alors que leurs efforts pour se faire entendre sont déjà anciens. En 2008, le Forum Permanent des Nations Unies sur les Questions Indigènes tentait déjà de « mettre un visage humain sur la question » (United Nations Permanent Forum on Indigenous Issues). Selon le Forum, « les peuples indigènes sont parmi les premiers à subir les conséquences directes du changement climatique, à cause de leur dépendance à et leur proximité avec l’environnement et ses ressources. Le changement climatique exacerbe les difficultés auxquelles sont déjà confrontées les communautés indigènes vulnérables, notamment la marginalisation politique et économique, la perte de terre et de ressources, les violations de droits humains, la discrimination et le chômage ».

Quelles sont les luttes les plus pressantes aujourd’hui ? Comment le changement climatique aggrave-t-il des situations déjà alarmantes ? Quelles sont les solutions (matérielles, spirituelles, politiques) proposées par les peuples indigènes pour permettre, non seulement aux populations menacées mais au monde entier de faire face au changement climatique ?

Merci d’envoyer vos contributions (en français, anglais, espagnol ou portugais)
à elohi@u-bordeaux-montaigne.fr avant le 30 juin 2016. Elles seront évaluées par deux pairs. Veuillez accompagner votre texte d’un court résumé (10 lignes maximum), d’une liste de mots-clefs et d’une courte biographie (5 lignes maximum), le tout en deux langues (la langue de l’article et l’une des trois autres langues de la revue). La feuille de style sera envoyée sur demande par retour d’email à tout contributeur intéressé. La publication est prévue en décembre 2016.

Références citées :

Baird, Rachel. The Impact of Climate Change on Minorities and Indigenous Peoples. Minority Rights Group International, April 2008. http://www.ohchr.org/Documents/Issues/ClimateChange/Submissions/Minority_Rights_Group_International.pdf. Consulté le 27 décembre 2015.

Delmotte, Natacha. « COP21 : les peuples indigènes aussi veulent sauver le climat ». LeMonde.fr. 11/12/2015. Consulté le 27 décembre 2015.

IMADR (International Movement Against All Forms of Discrimination and Racism). IMADR Oral Statement : 27th session of the Human Rights Council. 17 September 2014. http://imadr.org/wordpress/wp-content/uploads/2014/09/Joint-Oral-Statement_IMADR-NCARD_HRC-27th_Half-day-Discussion-on-the-Rights-of-Indigenous-Peoples_17SEP2014.pdf. Consulté le 27 décembre 2015.

Salick, Jan & Anja Byg. Indigenous Peoples and Climate Change. Oxford : Tyndall Centre for Climate Change Research, 2007.

United Nations Permanent Forum on Indigenous Issues. Indigenous Peoples Indigenous Voices Backgrounder. Climate Change and Indigenous Peoples. http://www.un.org/esa/socdev/unpfii/documents/backgrounder%20climate%20change_FINAL.pdf. Consulté le 27 décembre 2015.

Valo, Martine. « Comment la COP21 peut s’inspirer des peuples du Pacifique ». LeMonde.fr. 04/12/2015. Consulté le 27 décembre 2015.

Call for papers

Indigenous peoples and climate change - Elohi n°9

Experts agree that Indigenous peoples don’t really have their say in matters concerning natural disasters (analyzing, preventing or solving their causes) that primarily affect them. In 2007, for instance, Jan Salick and Anja Byg wrote that ‘Indigenous and other traditional peoples are only rarely considered in academic, policy and public discourses on climate change, despite the fact that they will be greatly impacted by impending changes.’ (Salick & Byg 4). Similarly, in a statement dated from September 17, 2014 about floods and landslides in Nepal, IMADR (International Movement Against all Forms of Discrimination and Racism) regretted the fact that Indigenous populations ‘have been greatly ignored in this process’ of legislation aiming at minimizing the impact of natural disasters, whereas they are ‘one of the most vulnerable groups to those disasters due to their poverty, place of residence (remote rural and mountainous areas) and social background (historical exclusion from State power).’ In general, according to the MRG (Minority Rights Group) ‘rarely does its impact (climate change) on minorities and indigenous groups get a mention, even though they are among the worst affected.’ (Baird 1)

The presence of Indigenous peoples at the COP 21 (United Nations Conference on Climate Change) which took place in Paris in December 2015 suggests a degree of recognition but it is an exception to the general rule, and the overall absence of representation remains an issue.

For its ninth issue, Elohi encourages researchers to investigate the specific impact of climate change on Indigenous peoples, to analyze the reasons why they might be particularly concerned by this problem, to study the explanations they offer to understand this phenomenon as well as the spiritual or material solutions they come up with to fight against it.

Most often, when faced with climate change, Indigenous peoples are perceived as ‘passive and helpless at best, and as obstructionist and destructive at worst’, a vision which goes back to colonial periods (Salick & Byg 4). At a time when the concept of ‘climate refugee’ is becoming a reality in various areas, particularly in the Pacific, the Indigenous peoples who are under threat are not necessarily fatalistic about the environmental changes caused by global warming, as was evident during the ‘Indigenous People and Climate Change Pre-conference’ organized on 26 and 27th November 2015 at the UNESCO in Paris. Specific Indigenous responses were presented there, that could benefit a large section of the population (Valo).

It is most certainly useful to assess the situation that these peoples, who’ve been trying to make their voices heard for a long time, are faced with. As early as 2008, the United Nations Permanent Forum on Indigenous Issues was trying to put a ‘human face’ on this issue (United Nations Permanent Forum on Indigenous Issues). According to the Forum, ‘Indigenous peoples are among the first to face the direct consequences of climate change, owing to their dependence upon, and close relationship with the environment and its resources. Climate change exacerbates the difficulties already faced by vulnerable indigenous communities, including political and economic marginalization, loss of land and resources, human rights violations, discrimination and unemployment.’

What are the most urgent issues today ? How does climate change make bad situations even worse ? What are the material, spiritual or political solutions that indigenous peoples have found to enable not only the populations under direct threat, but also the whole world, to face climate change ?

Please send your contributions (in English, French, Spanish or Portuguese) to elohi@u-bordeaux-montaigne.fr before June 30th, 2016. They will be peer-reviewed by two reviewers. Please send in a different Word document a short summary (about 10 lines), a list of keywords, and a short biography (about 5 lines), all of which in two languages (the language of the contribution + one of the other languages of the journal). The style-sheet will be sent to any potential contributor asking for it at the above email address.

Works cited :

Baird, Rachel. The Impact of Climate Change on Minorities and Indigenous Peoples. Minority Rights Group International, April 2008. http://www.ohchr.org/Documents/Issues/ClimateChange/Submissions/Minority_Rights_Group_International.pdf. Consulté le 27 décembre 2015.

Delmotte, Natacha. « COP21 : les peuples indigènes aussi veulent sauver le climat ». LeMonde.fr. 11/12/2015. Accessed 27/12/2015.

IMADR (International Movement Against All Forms of Discrimination and Racism). IMADR Oral Statement : 27th session of the Human Rights Council. 17 September 2014. http://imadr.org/wordpress/wp-content/uploads/2014/09/Joint-Oral-Statement_IMADR-NCARD_HRC-27th_Half-day-Discussion-on-the-Rights-of-Indigenous-Peoples_17SEP2014.pdf. Accessed 27/12/2015.

Salick, Jan & Anja Byg. Indigenous Peoples and Climate Change. Oxford : Tyndall Centre for Climate Change Research, 2007.

United Nations Permanent Forum on Indigenous Issues. Indigenous Peoples Indigenous Voices Backgrounder. Climate Change and Indigenous Peoples. http://www.un.org/esa/socdev/unpfii/documents/backgrounder%20climate%20change_FINAL.pdf. Accessed 27/12/2015.

Valo, Martine. « Comment la COP21 peut s’inspirer des peuples du Pacifique ». LeMonde.fr. 04/12/2015. Accessed 27/12/2015.