CFP : "Les cultures populaires et le monde du travail"

Les cultures populaires et le monde du travail Journée d’études Université de Reims- CIRLEP 13 mars 2015

Comment l’image du syndicaliste corrompu
s’est-elle imposée dans l’opinion publique américaine ? Comment le
prestige professionnel des policiers a-t-il au contraire été revu à la hausse
depuis les Keystone Cops du début du vingtième siècle ? Comment certaines
professions (policiers, médecins, avocats, détectives privés, espions,
pompiers, journalistes, hommes et femmes politiques, et même religieux !))
accèdent-elles à une forme de consécration médiatique au point de dominer
l’éventail des métiers donnés à voir au grand public ? Et pourquoi
d’autres catégories professionnelles ne le sont-elles presque jamais ( ouvriers,
commerçants, petits employés, universitaires ?) Certains métiers ont une longue
tradition de représentation dans l’imaginaire populaire (policiers, pompiers),
mais d’autres sont apparus plus récemment (hommes et femmes politiques, voire
"spin doctors"). Toutes ces questions suggèrent l’influence des
formes de culture populaire (films, séries télévisées, romans policiers,
thrillers, best-sellers, bandes dessinées, romans graphiques, publicité,
magazines, musique populaire) dans les représentations que le public ou la
société se font des métiers.
Au cours de cette journée d’études il s’agira
de tenter de prendre la mesure du paysage culturel des métiers en
s’interrogeant sur la façon dont les cultures populaires se sont saisies du
monde du travail.
On partira de l’apparente évidence de la
prolifération des représentations professionnelles à la faveur de la croissance
de l’univers médiatique, de la multiplication des supports (romans, radio,
films, télévision, internet) et de l’importance grandissante accordée aux
relations publiques par les organisations professionnelles. Si les
représentations professionnelles ont fait partie depuis l’origine de certaines
formes de culture populaire (qu’on songe par exemple aux deux films d’E. S.
Porter Life of an American Fireman, 1903, et, Life of an American Policeman, 1905), elles occupent depuis la seconde guerre mondiale une place de
premier plan dans les productions cinématographiques et télévisuelles à tel
point qu’un des ressorts dominants des séries télévisées aujourd’hui consiste à
montrer des groupes – ou certains groupes – au travail. On pourrait également se demander si la représentation de la
politique n’a pas trouvé sa place dans les séries télévisées à partir du moment
où elle a été montrée comme un métier.
Les communications pourront prendre plusieurs
directions. On peut ainsi analyser la surreprésentation ou la
sous-représentation de certaines professions dans l’univers de la fiction ou du
divertissement. On pourra aussi s’interroger sur la pédagogie documentaire de
certaines séries affichant l’attention qu’elles portent aux pratiques et aux
savoirs professionnels. On pourra au contraire pointer l’aspect essentiellement
contextuel de certains cadres professionnels. On pourra observer l’articulation
du travail et des loisirs, de la vie professionnelle et de la vie personnelle,
des identités liées au travail et des identités sociales plus larges. On pourra
enfin se demander ce que dit cette concentration sur le travail de l’évolution
des sociétés contemporaines et de la valeur qu’elle accorde à certains corps
professionnels. S’agit-il cas de transformer certains corps professionnels en
modèles héroïques ou au contraire d’exprimer une critique de leur rôle et de
leurs pratiques ?

Les propositions seront adressées à : Yann Philippe (yann.philippe@univ-reims.fr) et à Sylvie Mikowski (sylvie.mikowski@univ-reims.fr) avant le 15 décembre 2014.

POPULAR CULTURES AND THE WORKING WORLD

One-Day Seminar March 13, 2015
University of Reims (France)

How did the image of the corrupt trade-unionist
become stamped upon the imagination of the Americans ? Why has on the contrary
the professional prestige of American police gone skyrocketing since the early
20th century Keystone Cops ? Why were certain professions/occupations (police,
doctors, lawyers, private detectives, spies, firemen, journalists, politicians,
and even clericals) consecrated by the media and why do they now tend to
eclipse all other kinds of professions occupations shown to the public ? And why are those other jobs (workers,
shop-keepers, clerks, academics..) so seldom represented ?
Some professions,
such as police, doctors or lawyers, have a long tradition of representation in
public media, but others have appeared only recently (politicians, spin
doctors, advertisers, psychoanalysts, etc). All these questions point to the
influence of various forms of popular culture (through films, TV series,
detective novels, thrillers, best-sellers, comic books, graphic novels, advertising,
magazines, popular music, etc) upon the representations of professions in the
public mind.
The participants to
this one-day seminar will attempt to describe how and why various forms of
popular cultures have appropriated the field of work and professions as an
object of representation.
A basic observation to start from is
the multiplication of the forms of representations of the working world thanks
to the ever expanding number of available media, including old and new ones,
such as books, radio, films, television, the internet, etc. If some professions
have always been part of certain forms of popular culture, such as firemen or
the police, as was noticeable as early
as E.S.Porter’s1903 and 1905 movies Life of an American Fireman and Life
of an American Policeman, since World War Two they have come to occupy a
central place in TV and film productions, to such a point that one of the most
obvious concerns of TV series today seems to be to stage one or several
professional groups at work. One may also wonder if politics has not been
deemed worthy of representation in TV shows after it started being viewed as a
regular profession.
Papers dealing with
various aspects of the subject are welcome. For instance, one could try and
analyze the reasons for the over- or under- representation of certain
professions in the sphere of popular cultures. One could also wonder about the
documentary, educational aspects of some series or films or books openly
designed to expose and explore the nature of some professional behaviours,
habits and practices ; while in other films, books or shows, the working world seems to be used as a mere
backdrop. An interesting point to study
is how popular culture presents the articulation between work and leisure,
professional life and private life, work-bound identities and larger social
identities. Another possible question revolves around the significance of this
centrality of work in today’s society and the value and attention granted to
some professional groups over others. Does it mean that popular cultures
contribute to the promotion of some professional groups to the role of heroic
models or on the contrary do they convey a critique of the role and practices
assumed by others ?
Proposals should be
addressed before Dec. 15, 2014 to Yann Philippe (yann.philippe@univ-reims.fr) and Sylvie Mikowski (sylvie.mikowski@univ-reims.fr)