CFP : "Le sujet digital 4 : Codes"

Appel à communications

Le sujet digital (4) : Codes
17-20 novembre 2015 - Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis / Archives Nationales

(scroll down for English version)

Organisateurs :
 Pierre Cassou-Noguès (Département de philosophie, LLCP, SPHERE)
, Claire Larsonneur (Département d’études des pays anglophones, Penser la traduction, EA1569)
, Arnaud Regnauld (Département d’études des pays anglophones, EA1569 "Transferts critiques et dynamique des savoirs"), avec l’aide de Sara Touiza Ambroggiani (EA 4008).

Ce colloque s’inscrit dans un projet pluri-annuel soutenu par le Labex Arts H2H “le sujet digital” (http://www.labex-arts-h2h.fr/), dont il sera le quatrième et dernier moment après Hypermnésie en 2012, Scriptions en 2013 et Temporalités en 2014. Il explore la manière dont le développement réel ou imaginaire des machines numériques, de Babbage à Internet, modifie la conception du sujet et ses représentations, dans son statut comme dans ses attributs. Pluridisciplinaire, ce projet accueille des contributions des champs suivants : philosophie, littérature, archivistique, arts, histoire des sciences et techniques, neurosciences.

Le colloque ouvrira le lundi 16 novembre au soir par une Conférence Hybride de Grégory Chatonsky.





Merci d’envoyer vos propositions via EasyChair (cf. lien infra) ainsi qu’une brève présentation bio-bibliographique.
https://easychair.org/conferences/?conf=digital_subject4_codes

N’oubliez pas de téléverser vos documents au format PDF sur le site (moins de 3000 signes)

Pour tout autre renseignement, merci de nous contacter à l’adresse suivante : codes@univ-paris8.fr

Date limite de soumission des contributions : 10 juillet 2015


Réponse courant juillet 2015
Les conférences plénières seront annoncées sous peu.

Les langues du colloque seront le français et l’anglais. Les contributions peuvent être proposées dans l’une ou l’autre langue, en moins de 3000 signes, accompagnées d’une brève présentation biographique de l’auteur.
N’hésitez pas à consulter la page de notre site web (http://sujetdigital.labex-arts-h2h.fr) et notre page Sujet Digital Facebook pour en savoir plus sur nos activités.

Texte de l’appel Codes 2015 :

Le dispositif de sens emblématique de notre époque semble bien être désormais l’articulation entre le code numérique binaire et l’interface avec l’utilisateur, sur écran ou sur le net. Un tel dispositif conduit à la multiplication des travaux sous-marins d’encodage et d’annotation des contenus, à la fois pour leur archivage et leur affichage : la question des méta-données automatiques (temps, taille du fichier, format) ou choisies (mots-clefs, intégration dans une arborescence) devient cruciale, pas seulement sur le plan technique, mais comme mode d’organisation de nos savoirs et de nos mémoires, influant sur notre rapport à l’histoire.

Sur le plan littéraire, le passage de l’écriture au code informatique démultiplie les possibilités (articuler les médias, ouvrir des navigations-lectures inédites dans les contenus), mais elle génère également une forme d’opacité : le feuilletage du contenu _ entre ce qui est affiché, ce qui est annoté et ce qui est archivé_ introduit des hiérarchies et des blocages, la lecture profane n’est plus que l’exploration de la partie émergée de l’iceberg numérique.

Ces pratiques essaiment à leur tour dans la vie quotidienne, la présentation de soi sur les réseaux sociaux reprenant les mêmes processus de mots-clefs, requêtes et mise en interface, créant de nouveaux codes sociaux. Il en va de même en économie, via le e-commerce. La gestion des données personnelles, la question de leur contrôle collectif et individuel, sont ainsi devenues un enjeu clef de nos sociétés.

Parallèlement à l’évolution des pratiques, la manipulation du code ubiquitaire et opaque suscite de nombreux fantasmes, tantôt paranoïaques, tantôt scientistes et souvent articulés sur la proximité du code avec l’ADN ou de la physique quantique. En outre, pour la physique quantique, l’univers serait basé non pas sur la matière, mais sur l’information : le rapport au monde n’est plus alors fondé sur le couple présence/absence, mais sur une opposition modèle/chaos héritée de la cybernétique, applicable également à la subjectivité comme l’a fort bien montré N. K. Hayles. D’où le rêve d’une toute puissance sur la matière : les tenants de la désincarnation croient pouvoir préserver l’essence du sujet sur un support informatique, inventant une immortalité numérique. Les partisans des biotechnologies espèrent atteindre la libération des contraintes du corps, par la manipulation des gènes et les prothèses bio-numériques.

Il n’est donc pas surprenant que de nombreuses œuvres dans le champ de la littérature numérique problématisent la relation de l’ADN au code informatique pour interroger une pensée anti-matérialiste hantée par le désir de transcoder l’humain en langage machine. Cette dernière repose sur le postulat d’une langue universelle, transcendant Babel à l’instar des mathématiques : l’écriture serait dès lors envisagée comme l’inscription d’un chiffre ésotérique, et non plus l’expression de la subjectivité. De telles théories se nourrissent de la tentation de penser sans corps, d’un fantasme de désincarnation que récuse formellement Jean-François Lyotard dans l’Inhumain. Elles entendent également se dispenser de la riche variété des langues naturelles et des complexités de la traduction, lesquelles éclairent pourtant le fonctionnement de l’esprit et la manière dont nous faisons monde commun.

Dans le champ de la littérature et des arts, on pourra s’interroger ainsi sur l’élaboration de la subjectivité du lecteur ou de l’auteur face au code, et de la mise en place d’expériences hybrides corps/code. Le codework par exemple, hybridation du code informatique et des langues naturelles, vise à créer un texte poétique susceptible d’habiter des deux côtés de la frontière linguistique qui les sépare, c’est-à-dire qui pourrait être lu par l’homme et exécuté par la machine. La réalité augmentée, en usage dans les jeux vidéo ou lors d’opérations militaires, est un autre exemple du re-formatage de notre expérience du monde.

La dissémination du code au travers de presque toutes les facettes de notre vie _ dans l’écriture, dans les interactions sociales, au sein des théories scientifiques comme des fantasmes collectifs _ est un événement d’une telle ampleur qu’il est urgent d’examiner les formes qu’elle prend, d’évaluer l’influence qu’elle a sur notre subjectivité et d’engager un travail critique.

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Call for papers

International symposium : “The Digital Subject #4 : Codes” at Paris 8 Vincennes Saint-Denis, Archives nationales (France)

November 17-20 , 2015

Organizers :
 Pierre Cassou-Noguès (Department of philosophy, LLCP, SPHERE, EA 4008)
, Claire Larsonneur (Department of anglophone studies, Penser la traduction, EA1569), 
Arnaud Regnauld (Department of anglophone studies, EA1569 "Transferts critiques et dynamique des savoirs") with the help of Sara Touiza Ambroggiani (EA 4008).

This symposium is part of a long-term project, The Digital Subject, endorsed by the Labex Arts-H2H (http://www.labex-arts-h2h.fr/). It is the fourth and final event of a series of international symposia (Hypermnesia held in 2012, Scriptions in 2013 and Temporalities in 2014). We are exploring the ways in which digital tools, be they real or fictional, from Babbage to Internet, have altered our conception of the subject and its representations, affecting both its status and its attributes. We welcome contributions from the following fields : philosophy, literature, arts, archivistics, neuroscience, and the history of science and technology.

The conference will open on Monday Novembre 16 evening with a "Hybrid Talk" by Gregory Chatonsky.


Please submit your abstracts via EasyChair (link below) as well as a brief bio-bibliographical note.
https://easychair.org/conferences/?conf=digital_subject4_codes

Do not forget to upload your document in PDF format (no more than 3000 characters).
For further information, you may write to codes@univ-paris8.fr

Watch out for our activities and more info on our website and via the Digital Subject Facebook page.


The working languages of the symposium will be French and English. Contributions may be submitted in either language and should not exceed 3000 characters.

Deadline for submissions : July 10, 2015.

Contributors will be informed of the scientific committee’s decision over July 2015. Keynote speakers to be announced shortly.

Codes 2015

The coupling of digital code and user interface, on screen or through the internet may very well be the emblematic apparatus of our times, the predominant way in which we convey meaning. Contrary to other modes of producing meaning, the digital apparatus entails tremendous underground work, mostly encoding and tagging content in view of its archiving and display. At the core of all this stands the production of meta-data, both through automatic processes (time, size of file, format) or deliberate choice (keywords, integration in tree-structures). Beyond its technical use, meta data has thus come to organize our access to knowledge and memory, bearing heavily upon our relation to history.

In terms of literacy, the shift to digital code opens up numerous avenues : one may cross over media types or engage in hybrid forms of reading/ browsing through content. But it also generates some opacity : content layering _ between what is displayed, what is tagged and what is archived _ introduces hierarchies and creates roadblocks. Common reading practice only explores the tip of the digital iceberg.

What is more the digital turn affects directly our daily lives : when using social media for instance, people introduce themselves and interact with others through the same apparatus of keywords, queries and screen displays, fostering new social codes. The same applies to economic interaction, through e-commerce and so the management of private data, their collective and individual oversight, has become a key issue in our societies.

As code-based practices, ubiquitous and opaque, gain momentum, they trigger numerous fantasies, some paranoid, other pertaining to scientism and fueled by the similarities between code and DNA or quantum physics. According to theoreticians of quantum physics, the universe is not built on matter but on information. In this model, what structures our relation to the world is therefore not presence versus absence, but rather the issue of pattern versus randomness. This notion, which they inherited from cybernetics, may also apply to our psyche as N. K. Hayles has convincingly shown. Hence some dream of overriding matter : the advocates of dematerialisation want to preserve the self on computer, achieving digital immortality. Those who rely on biotechnologies hope to be freed from the constraints of the body through genetic manipulation and bio-digital prostheses. It is therefore hardly surprising to find numerous works of electronic literature tackling the relation between DNA and digital code, questioning the anti-materialistic theories keen on transcoding mankind into machinic binary language. In such a model, all would be based on a universal language, similar to mathematics, that would transcend natural languages. Writing would equate the inscription of a universal and esoteric cipher, and no longer be an expression of the self. These theories are fueled by the temptation to dispense of the body altogether to think, a fantasy of disembodying that Jean-François Lyotard addresses in The Inhuman. They also seem to disenfranchise themselves from the rich diversity of human language and the complexities of translation, all of which shed a welcome light upon the way in which our mind works and the ways in which we build a common world.

One may thus want to explore, through literature, the arts and philosophy, how our subjectivities and our selves shape up in their confrontation to code, and create a hybrid condition. For instance codework, the attempt to fuse digital code and natural languages, leads to the creation of poetical texts that may ideally cross over the frontier between language and code, read by man and executed by the machine. Augmented reality, in games or in war, is another case in point, reframing our experience of the world.

The dissemination of code through pretty much all aspects of our lives _ in writing, in social interaction, through scientific theories and collective fantasies _ is such a momentous shift that the need to investigate its forms, assess its influence and question its prevalence is pressing indeed.

This 3-day international conference welcomes proposals addressing the issue of code from a wide variety of academic fields and art practices.