CFP : "Le corps du lecteur et ses représentations dans les littératures de langue française et anglaise"

Journées d’étude organisées par le Centre de Recherche en Poétique, Histoire Littéraire et Linguistique

(Université de Pau et des Pays de l’Adour)

Le corps du lecteur et ses représentations dans les littératures de langue française et anglaise

Le Centre de Recherche en Poétique, Histoire Littéraire et Linguistique (Université de Pau et des Pays de l’Adour) organise deux journées d’étude le 7 octobre et le 9 décembre 2016 sur « Le corps du lecteur et ses représentations dans les littératures de langue française et anglaise » dans le cadre des travaux menés par l’axe 2, « Représentations, individus, sociétés », tout particulièrement en lien avec les notions de décentrement et d’altérité. Une publication des communications retenues par le comité de lecture est prévue.

La lecture s’est vue attribuer diverses valeurs selon les périodes mais aussi les sociétés et les idéologies. Si « les femmes qui lisent sont dangereuses », il est bon de rappeler que lecteurs et lectrices peuvent incarner une forme de pouvoir marginal et individuel qui défie certaines règles. La lecture est transgression, elle constitue un acte d’ouverture à l’autre (autre monde, autre voix, autre(s) lieu(x)) qui engage l’individu qui lit, son esprit ainsi que son corps. La censure exercée sur l’écrit vient souvent doubler celle exercée sur les corps. On trouve en peinture de nombreuses représentations de lecteurs et lectrices permettant une mise en scène de l’acte de lecture, du lien entre l’objet livre et le corps du sujet lisant, ainsi que du lieu de la lecture. De telles images apparaissent également dans les textes où l’écriture donne à lire et à voir le corps engagé dans l’acte de lecture.

Plusieurs pistes peuvent être envisagées :
les lieux de la lecture (la chambre, la bibliothèque, le jardin, le train…) et les interactions entre ces lieux, le corps et le livre
les descriptions du corps du lecteur : leur fonction et leur lien avec le récit, leurs modalités, les procédés rhétoriques qui permettent de dessiner ce corps ; le corps et l’objet livre, leurs rapports dans l’espace (façons de tenir le livre, contraintes imposées par cet objet – livre volumineux, lourd, à dissimuler…)
les éventuels liens entre les représentations textuelles du corps du lecteur et des représentations picturales réelles ou imaginées
par extension, l’évocation des sensations du lecteur, sensations qui figureraient le corps ; le jeu possible sur l’opposition, ou la dialectique, entre passivité et activité, le lecteur réceptacle et le lecteur acteur de sa lecture
les variations entre lecture silencieuse et lecture à voix haute ; les images du corps du lecteur qui déclame un texte et le joue ou l’incarne (devant un public)
les possibles différences entre les images du corps du lecteur et celles du corps de la lectrice – ce qui pourrait introduire des questionnements développés par les gender studies

Au-delà d’une étude de ces représentations, il pourra être intéressant de s’interroger sur les effets de la lecture sur le corps tels qu’ils sont figurés : le corps lisant est-il un corps réinventé, recentré, émancipé, ou au contraire déconstruit, dispersé, désancré (voire « désencré ») ; ou, de façon plus complexe, un corps éparpillé dans l’acte et par l’acte de lecture, mais reconstruit grâce à cet éparpillement ?

Les propositions (d’une dizaine de lignes en français), accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique, devront être envoyées à fabienne.gaspari@univ-pau.fr, avant le 15 mai 2016. Une réponse sera donnée avant le 30 mai 2016.