CFP : "Immigration et rhétoriques électorales dans les Amériques"

Appel à communications / Call for papers

Immigration et rhétoriques électorales dans les Amériques

Journée d’étude – 17 mai 2016 – Montréal

Si l’immigration a de tout temps constitué un enjeu important dans les débats électoraux, la centralité actuelle porte à réflexion et invite à un questionnement / décryptage de sa puissance rhétorique (modalités d’évocation, finalités poursuivies, efficacité instrumentale, etc.). Au-delà des scènes politiques canadienne et étatsunienne (arènes principales), seront également considérées les lectures critiques d’expériences électorales centre-américaines, sud-américaines et caribéennes. Cette journée d’étude aura ainsi pour objectif d’alimenter la réflexion théorique (au travers de prismes sociologiques, politiques, historiques, économiques, juridiques, etc.) sur ce qui, à certains égards, laisse transparaître une forme moderne de résurgence identitaire, le tout dans un cadre particulier, celui de la scène politique en période électorale, véritable catalyseur des trajectoires nationales.

L’immigration comme élément structurel des débats électoraux
“Inflamed rhetoric”, “immigrant-bashing rhetoric”, “anti-immigrant rhetoric”… depuis près d’un an, les qualificatifs fusent afin de définir la ligne discursive établie par Donald Trump dans le cadre de la course à l’investiture républicaine. Ses récentes déclarations au sujet des immigrants latino-américains résidant illégalement sur le territoire des États-Unis semblent avoir érigé l’immigration en phénomène structurant du débat électoral. Le candidat républicain le plus médiatisé a de toute évidence fait le choix d’une rhétorique électorale axée sur le modèle de la forteresse assiégée. Considération révélatrice du statut spécial accordé, la thématique constitue l’un des trois piliers de son programme, aux côtés de la réforme fiscale et de la défense du deuxième amendement de la Constitution étatsunienne. Par opposition, les Démocrates, notamment Hillary Clinton, répondent par « the path to citizenship » soit la régularisation conditionnelle massive. Le contexte électoral états-unien contribue à renforcer la sensation que la politique de l’immigration, accompagnée, entre autres, d’un emballement médiatique particulièrement important, dépasserait désormais le simple point de clivage politique pour devenir un véritable facteur clef et un acteur – même passif – de premier plan des enjeux électoraux.

En rétrospective, les dernière élections fédérales canadiennes sont également riches d’enseignements. Là encore, la thématique migratoire fut placée en première ligne des problématiques structurant le débat national. Au cours du calendrier estival, de multiples facteurs (phénomènes migratoires en Europe, photographie d’Aylan Kurdi, décision de la Cour d’appel fédérale du 15 septembre 2015…) ont en effet progressivement amené à une cristallisation du sujet au sein de la campagne. En un laps de temps relativement court, les thématiques migratoires et identitaires sont devenues explosives au point que soit communément décriée leur instrumentalisation politique à des fins électorales. Aussi bien l’évolution stratégique que les résultats des élections fédérales du 19 octobre dernier ont ainsi été interprétés comme une forme de réponse collective – certes relative – aux enjeux soulevés. Symbole ultime, ostensiblement assumé comme une réponse aux polémiques ayant caractérisé cette période électorale, lors de son discours de victoire, Justin Trudeau a conclu la campagne canadienne sur ces mots : “[y]ou and your fellow citizens have chosen a new government, a government who believes deeply in the diversity of our country. We know in our bones that Canada was built by people from all corners of the world, who worship every faith, who belong to every culture, who speak every language. […] We know that our inviable, inclusive society didn’t happen by accident and won’t continue without effort. I’ve always known this, Canadians know it too. If not, I might have spoken earlier this evening and have given a very different speech”.

Ailleurs, dans les Amériques, la question migratoire fait également débat. Il suffit pour en être convaincu de penser à la République Dominicaine et aux apatrides d’origine haïtienne, à l’immigration massive des Mexicains et des Centroaméricains...

Objectifs de la journée d’étude
Si la question migratoire a de tout temps constitué un enjeu important, la centralité actuelle porte à réflexion et invite à une meilleure compréhension de son instrumentalisation dans la question électorale. Au-delà des scènes politiques canadienne et étatsunienne, sont également considérées les lectures critiques d’expériences électorales centre-américaines, sud- américaines et caribéennes. Bien qu’apportant une hétérogénéité certaine, les évocations parallèles – ou croisées – de ces discours et expériences constitueront indubitablement des atouts majeurs lors de ce colloque.

Pour ce faire, quatre axes principaux seront privilégiés :

Rétrospectives et contextualisations historiques
Analyse critique du discours et dynamique électorale
Problématique migratoire latino-américaine et caribéenne
Les élections américaines
Ces différentes thématiques devraient alimenter la réflexion théorique (au travers de prismes sociologiques, politiques, historiques, économiques, juridiques, etc.) sur ce qui, à certains égards, laisse transparaître une forme moderne de résurgence identitaire, le tout dans un cadre particulier, celui de la scène politique en période électorale, véritable catalyseur des trajectoires nationales.

Modalités de soumission et calendrier
1 mars 2016 : date limite pour l’envoi des communications sous forme de résumé (2 000 à 4 000 signes) ;
14 mars 2016 : réponses et sélection des communications ;
9 mai 2016 : date limite pour l’envoi des communications sous forme d’article (30 000 à 40 000 signes) ;
Lundi 16 mai 2016 : dîner réseautage (Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec) ;
Mardi 17 mai : journée d’étude (Campus Longueuil, Université de Sherbrooke).
Contact : immigration.elections@gmail.com

Comité scientifique
Mathieu Arès, Professeur adjoint, École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke ;
Victor Armony, Professeur, département de sociologie, Faculté des sciences humaines, Université du Québec à Montréal ;
Hugo Loiseau, Professeur agrégé, École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke ;
Isabelle Vagnoux, Professeure, LERMA, Aix-Marseille Université et Institut des Amériques.

Comité d’organisation
Yves Charron, coordonnateur de l’Observatoire des Amériques ;
Robin Médard, coordonnateur du pôle Canada de l’Institut des Amériques.

Immigration in the Electoral Rhetoric of the Americas

Workshop – May 17th 2016 – Montreal

While immigration has always been an important issue in the election debates, the current centrality of this topic invite us to question its rhetoric power (evocative terms, objectives pursued, instrumental efficiency…). Beyond the political scenes of Canada and United States (main arenas), will also be considered critical readings of electoral experiences in the Latin-American political world. This workshop will aim to shed the light on this matter in order to question (through politics, sociology, economics, law, history…) the reminiscence of what seems to be a modern form of identity resurgence in a specific framework : the electoral arena campaign, a real national trajectory catalyst.

Immigration as a structural element of the election debate
“Inflamed rhetoric”, “immigrant-bashing rhetoric”, “anti-immigrant rhetoric”… For almost a year, qualifiers emerged to define the discourse established by Donald Trump in his race to win the Republican primary race. His recent declarations about illegal Latino-American immigrants entering the United States, seemed to have created a structural immigration phenomenon in the electoral debate. The most visible Republican candidate, already built the electoral rhetoric on the model of an under siege fortress. He also made immigration a pillar of his program alongside with fiscal reform and strong defense of the second amendment of the US Constitution. Echoing from Trump discourse, Hilary Clinton’s positions or oppositions on the subject, have a tendency to crystallize the immigration rhetoric as a primary stake in the 2016 Presidential bid. Speaking about his opponent, Mrs. Clinton responded by the “path to citizenship”, which involves the conditional massive regularization of the immigrant’s status. Finally, the US electoral context, serves the purpose of strengthening the feeling that the immigration policy, partly because of the media frenzy, now beyond the mere political point of the political cleavage, it is becoming a key stake in the American electoral debate.

The retrospective offered by the Canadian elections of October 19th, could prove to be potentially very instructive. The immigration debate was brought to the front line of the problematic structuring the national debate. Over the course of the summer agenda, multiple components (European migration phenomenon, pictures of Aylan Kurdi, Federal Appeal Court decision of September 2015, etc.) have gradually created a crystallization of the matter in the primaries campaign. In a relatively short period of time, the immigration and identity debate became “the” stake of the campaign, at least for a few weeks, which was outcry by some candidates, but it reflected in the polls during the last weeks of the campaign. Strategic evolution as well as electoral results of the October 19th, 2015 elections, have been interpreted as a form of collective response, certainly relative, with stakes revealed. Ultimate symbol, ostentatiously assumed as a response to polemics that characterized the electoral campaign, Justin Trudeau, concluded the Canadian campaign on these words : “[y]ou and your fellow citizens have chosen a new government, a government who believes deeply in the diversity of our country. We know in our bones that Canada was built by people from all corners of the world, who worship every faith, who belong to every culture, who speak every language. […] We know that our inviable, inclusive society didn’t happen by accident and won’t continue without effort. I’ve always known this, Canadians know it too. If not, I might have spoken earlier this evening and have given a very different speech”.

Elsewhere, in Americas, migratory and immigration debates are in the frontline too. That’s for instance the case of Dominican Republic and stateless persons from Haiti as well as the massive immigration of Mexican and Central American people.

Goals of the workshop
At the heart of this media frenzy, the workshop goals are to contribute to the emergence of possible leads, and to build paths in order to scientifically decrypt these electoral rhetoric. Beyond, Canadian and American arenas, Central American, South American and Caribbean lectures which are also registering in the general theme of the workshop, will be considered. While they will bring heterogeneity, parallel and cross discourses and experiences, will definitely contribute as major assets of the workshop.

To achieve the goals, four main axis have been privileged :

Contextual and retrospective historic
Critical test speech
Latino-American and Caribbean migratory crisis
American elections
Thus, this workshop will aim to shed the light on this matter in order to question (through politics, sociology, economics, law, history…) the reminiscence of what seems to be a modern form of identity resurgence in a specific framework : the electoral arena campaign, a real national trajectory catalyst.

Schedule
March 1st, 2016 : deadline to submit paper, in the form of an abstract (2 000 to 4 000 characters) ;
March 14th, 2016 : final selection and response to participants ;
May 9th, 2016 : Deadline to submit papers in the form of an article (30 000 to 40 000 characters) ;
Monday May 16th, 2016 : networking dinner (Quebec Culinary Institute of Montreal) ;
Tuesday May 17th, 2016 : Workshop (Longueuil Campus, University of Sherbrooke).

Scientific committee
Hugo Loiseau, Associate Professor, École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke ;
Mathieu Arès, Assistant Professor, École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke ;
Victor Armony, Professor, Sociology Department, Faculté des sciences humaines, Université du Québec à Montréal
Isabelle Vagnoux, Professeure, LERMA, Aix-Marseille Université et Institut des Amériques.
Organization committee
Yves Charron, coordonnateur de l’Observatoire des Amériques ;
Robin Médard, coordonnateur du pôle Canada de l’Institut des Amériques.