CFP : "Disorder : Histoire sociale des mouvements punk/post-punk"

Colloque vendredi 26, samedi 27 mars 2015, Université Paris Diderot et University of Chicago (Paris Center). Avec le soutien de : Université Versailles Saint-Quentin, NYU in Paris

Les années 1970 et 1980 virent l’émergence de deux mouvements
artistiques consécutifs, identifiés sous leur forme consacrée ’punk’
et ’post-punk’, tous deux ayant eu un impact notable sur une pluralité
de milieux artistiques aux États-Unis, en Europe, et plus
spécifiquement en Grande-Bretagne.
La fin des années 1970 et début 1980 consacrèrent ainsi l’âge d’or
punk/post-punk, par la créativité fulgurante exprimée durant cette/ces
période(s) par une grande variété d’artistes (Sex Pistols, Siouxsie
and the Banshees, PIL, Gang of Four, Slits, The Pop Group, Père Ubu,
Lydia Lunch, Einstürzende Neubauten, Dead Kennedys, Kas Product, Die
Form, Magazine, Joy Division, John Foxx, Virgin Prunes, Bauhaus, UK
Decay…) mais aussi par l’originalité des thèmes exposés pour leur
grande majorité pour la première fois dans le paysage de l’industrie
musicale. Si la question de l’émergence des mouvements punk/post-punk
a souvent été abordée dans un cadre non-académique (on pourra citer
l’ouvrage Rip It Up and Start Again : postpunk 1978-1984, de Simon
Reynolds entre autre qui établit une chronologie sur sept ans), il est
nécessaire de réfléchir à ces espaces d’expression comme autant de
productions artistiques modelées par le climat social, politique du
moment, en ayant recours aux diverses méthodologies des sciences
sociales : ethnographies des publics, recherche historique menant à
l’écriture d’une histoire sociale de ce(s) courant(s), étude
qualitative ou quantitative sur l’économie de l’échange des biens
produits (étude des maisons de disques par exemple), étude des
relations entre médias et artistes, etc.
On peut certainement arguer que l’expression des mouvements
punk/post-punk s’est réalisée avec grande porosité par rapport à la
sphère sociale, politique, notamment au vu des publics (souvent
jeunes) visés et de l’impact de cette expression sur la société.
Cependant, il nous est nécessaire de complexifier cette vision et
d’appréhender la déconstruction des notions afin de questionner leur
impact, leur image, leur histoire. Quelle lecture peut-on donner a
posteriori de ce(s) mouvement(s) ? S’agissait-il de ’mouvements’
homogènes à part entière, s’inscrivant dans une chronologie
intrinsèque, marqués par une certaine forme d’agentivité des acteurs
participants ? Ou bien peut-on identifier au contraire une variété
d’expressions musicales, d’expressions plus largement artistiques plus
ou moins contrôlées, intervenant plus ou moins en réaction à l’ordre
social déterminé ? Enfin, la désignation de ces deux mouvements en
symétrie l’un par rapport à l’autre dans les noms met-elle davantage
en exergue une transition purement linéaire et chronologique (on
reviendra sur le ’post’ du post-punk par exemple) plutôt qu’une
rupture dans les styles et influences musicales ?

Le colloque s’articulera autour de trois axes principaux. Les thèmes
suggérés ne sont pas exhaustifs.

I-Punk/post-punk et société

  •  médias, sphères d’influences dans la désignation des mouvements punk/post-punk
  •  l’engagement et la provocation : posture ou position politique ?
  •  récupérations
  •  l’impact des mouvements dans la société (époque ou contemporaine)
  •  art-school punk vs street punk

    II-Punk/post-punk et identités

  •  le punk/post-punk comme distanciation/distinction esthétique et politique ?
  •  production, expressions de la marginalité : sexualité, identité genrée, identité ethnique/raciale, classe sociale
  •  micro-histoire des mouvements de fans (fragmentation des périodes, de l’entité ’public’, etc)
  •  identité construite des fans vs identités véhiculées, construites des majors ?
  •  mode, artifice et commerce de l’imagerie punk/post-punk
  •  L’influence aussi de l’économie de l’auto-prod dans l’influence de la construction des identités
  •  Le rapport au succès

    III-De la resurgescence de l’esthétique punk/post-punk : continuités,
    discontinuités

  •  Punk, post-punk et esthétique : une autre facette (art contemporain)  : (Throbbing Gristle, Test Dept)
  •  la nostalgie punk/post-punk et postérité (années 1990-2000)
  •  que nous dit le tiret du post-punk ?

    Il n’y a pas de bornes chronologiques ni géographiques.

    Les propositions de communication devront parvenir avant le 15
    septembre 2014 à punkpostpunk2014@gmail.com. Elles comprendront un
    résumé d’une page maximum et 3 à 5 références bibliographiques et un
    CV.
    Les propositions doivent être originales et inédites.

    Les communications orales dureront 20 minutes et seront suivies d’une
    discussion. Le texte des communications retenues sera à rendre pour le
    2 mars 2015.
    Langues de travail : anglais et français.

    Comité scientifique :

  •  Arnaud Baubérot (UPEC)
  •  Paul Edwards (Université Paris Diderot)
  •  Elodie Grossi (Université Paris Diderot)
  •  Travis A. Jackson (University of Chicago)
  •  Paul Schor (Université Paris Diderot)
  •  Florence Tamagne (Université Lille 3)

    Organisation : Paul Edwards, Elodie Grossi, Travis A. Jackson, Paul
    Schor.

    Site web : http://colloquepunkpostpunk2015.blogspot.fr