CFP : "Cinéma et sérialité"

Appel à communications

Cinéma et sérialité

22ème colloque de la Sercia, 8-9-10 septembre 2016

Université Paris Diderot / Université Paris Ouest La Défense / Université du Havre / Guest Normandie / Fondation des Etats-Unis

Les propositions de communication sont à envoyer à sercia2016@gmail.com avant le 15 février 2016 (notice biographique de 150 mots maximum, abstract de 500 mots maximum).

Contact organisation :

Ariane Hudelet ariane.hudelet@gmail.com / Anne Crémieux anne.cremieux@gmail.com

Comité scientifique : Jean-François Baillon, Anne Crémieux, Emmanuelle Delanoë-Brun, Sarah Hatchuel, Ariane Hudelet, Jacqueline Nacache, David Roche, Pierre-Olivier Toulza, Dennis Tredy, Shannon Wells-Lassagne.

La Société d’Etudes et de Recherche sur le Cinéma Anglophone réunit des chercheurs français et internationaux afin de promouvoir la recherche et l’enseignement dans le domaine du cinéma anglophone.

La nature du cinéma est étroitement liée à la notion de série. C’est par la succession d’une série d’images fixes qu’apparaît le mouvement dans les premières inventions comme le zoetrope, puis dans les appareils des frères Lumière ou de Thomas Edison. Alors que le récit cinématographique se complexifie, certains films choisissent de se décliner sous forme d’épisodes que les spectateurs sont encouragés à suivre, comme The Perils of Pauline (1914) ou The Exploits of Elaine (1914). Le plaisir de suivre une histoire sur plusieurs heures et de retrouver des personnages après une interruption plus ou moins longue construit un sentiment de familiarité et d’attachement accru que le cinéma continue de cultiver tout au long de son histoire. Aujourd’hui, la forme sérielle semble dominante culturellement et économiquement notamment aux Etats-Unis, tout autant associée à la télévision, voire à la « post-télévision » avec les productions de Netflix ou Amazon Prime, qu’au cinéma commercial où règnent les franchises, les sequels, prequels et remakes.

Ce colloque de la Sercia se propose d’explorer les liens entre la forme filmique et la sérialité au sens large. Les communications pourront par exemple s’attacher à une définition de la sérialité, à la manière dont cette dernière s’articule à la question du genre ou aux notions de corpus ou de cycles. L’approche du cinéma par la sérialité permet aussi de replacer le cinéma dans une histoire des représentations plus large : quels liens peut-on tisser avec la sérialité à l’œuvre dans les arts graphiques (retables, fresques, gravures, bandes-dessinées, romans graphiques), ou avec celle du roman feuilleton du XIXè siècle par exemple ? Comment expliquer que, culturellement, la série soit souvent associée aux formes populaires, voire aux « mauvais genres » : polar, animation, comics, horreur, science-fiction (dès les premiers serials comme Flash Gordon) ?

Le lien entre cinéma et séries conduit logiquement à considérer la manière dont la forme filmique « déborde » des limites traditionnelles du cinéma. Les séries télévisées sont aujourd’hui souvent perçues comme un prolongement logique du cinéma que de nombreux auteurs (comme Steven Soderbergh par exemple) privilégient désormais. La frontière entre cinéma et séries télévisées semble s’effacer, avec des modes de production et de réception qui se rejoignent, des réalisateurs et acteurs qui passent de l’un à l’autre, des hiérarchies culturelles qui se redistribuent peu à peu. Le rôle des communautés de fans s’accroît, et les histoires se déclinent de plus en plus sous de multiples formes transmédiatiques – film, série, jeux vidéos, réalité alternée – qui complexifient encore la notion de série et posent la question de l’unité ou de la fragmentation des œuvres aujourd’hui.

Conférenciers invités : Scott Higgins (Wesleyan University), Samuel Chambers (Johns Hopkins University)

Pistes d’analyse :

  •  Histoire de la sérialité au cinéma / à la télévision
  •  Sérialité et esthétique cinématographique (l’interruption et la reprise, conventions et innovations)
  •  Narration et sérialité (personnages, constructions narratives, spécificités du temps long au cinéma, à la télévision)
  •  Sérialité et genres (série et « mauvais genres » : cinéma d’horreur, science fiction, animation, superhéros / le jeu avec les genres que permet la durée et la complexité narrative de la série)
  •  Enjeux économiques et industriels de la sérialité (des serials des premiers temps aux franchises hollywoodiennes du XXIè siècle en passant par les distinctions entre séries des networks, du câble, des sites de VOD…)
  •  Sérialité et adaptation (adaptation de personnages récurrents / de cycles de romans à succès – Philip Marlowe, James Bond, etc, adaptation d’une série en film comme Charlie’s Angels, d’un film en série comme Twelve Monkeys, de comic books comme Batman, Spiderman ou Watchmen, de jeux vidéos).
  •  Cinéma et séries télévisées (influences réciproques / concurrences / phénomènes d’intertextualité – citation, emprunt, entre séries télévisées et cinéma. Les séries Netflix ou Amazon Prime sont-elles encore de la télévision ? Comment aborder certaines franchises, comme Marvel ou Star Wars, qui comprennent, entre autres, des œuvres cinématographiques et télévisuelles ?)
  •  Sérialité et réception (processus d’attachement, d’appropriation, voire d’addiction, modes de réception permis par les nouvelles technologies ; comment les fan fictions s’intrègrent-elles dans la sérialité ?)
  •  Sérialité et auteurs (La notion d’auteur se dilue-t-elle dans la sérialité ? Ou en ressort-elle renforcée, comme on le voit dans une certain culture du « showrunner » aujourd’hui ? Comment vision d’auteur et création collaborative se coordonnent-elles dans les séries télévisées ou les franchises ? Que permet la sérialité pour des auteurs qui naviguent entre plusieurs formes comme Scorsese, Van Sant, Whedon, Abrams ? Où se situe « l’auteurité », entre mise en scène et scénario ?)

    Cinema and Seriality

    22nd Sercia Conference, Sept. 8-9-10, 2016

    Université Paris Diderot / Fondation des Etats-Unis / Université Paris Ouest La Défense/ Université du Havre / Guest Normandie.

    Please send your proposal (biographical notice, 150 words max + abstract, 500 words max) by FEBRUARY 15, 2016, to sercia2016@gmail.com

    Contact :

    Ariane Hudelet ariane.hudelet@gmail.com Anne Crémieux anne.cremieux@gmail.com

    Scientific committee : Jean-François Baillon, Sylvaine Bataille, Anne Crémieux, Emmanuelle Delanoë-Brun, Sarah Hatchuel, Ariane Hudelet, Jacqueline Nacache, David Roche, Pierre-Olivier Toulza, Dennis Tredy, Shannon Wells-Lassagne.

    SERCIA, Société d’Etudes et de Recherche sur le Cinéma Anglophone (www.sercia.net), gathers French and international scholars to promote research and teaching in the field of English-speaking cinema.

    In many ways, cinema has always been essentially linked to the notion of seriality. From the zoetrope to the devices of the Lumière brothers or Thomas Edison, cinematic movement was created by a succession of still images. When film narratives became more complex, productions like The Perils of Pauline (1914) or The Exploits of Elaine (1914) relied on the episodic form to encourage viewer loyalty. The pleasure experienced in following a story that unfolds over several hours, of parting from characters only to meet up with them after an interruption of several days or weeks, can create a feeling of familiarity and attachment, which the cinema has explored throughout its history. Today, the serial form seems increasingly dominant notably in the United States, both culturally and economically, and is associated both with television—or “post-television” if we consider Netflix, Hulu or Amazon Prime productions—and commercial cinema with its franchises, sequels, prequels and remakes.

    The 22nd SERCIA conference will set out to explore the links between the filmic form and seriality in all its manifestations. Speakers are invited to reflect on possible definitions of seriality and think about the way seriality is connected with the notions of genre, corpus or cycle. The topic also calls for a consideration of cinema within a larger history of representations : what links can be established with seriality in other arts such as graphic arts (altarpieces, frescoes, engravings, comic books, graphic novels), or the serialized novel of the XIXth centry for instance ? How can we account for the fact that, culturally, series are often associated with “lowbrow” genres such as crime fiction, animation, comics, horror, science fiction (from the earliest examples of serials such as Flash Gordon ?)

    In the age of transmedia and digital technology, the relationship between cinema and seriality inevitably leads to the question “what is cinema ?” and for that matter “what is television ?” TV series are today perceived as a logical extension of cinema, and many filmmakers (such as Steven Soderbergh for instance) have chosen this form which, according to some, allows for more freedom. The border between cinema and series seems increasingly blurry, with intersecting modes of production and reception that directors, screenwriters and actors freely nagivate, so that cultural hierarchies are gradually shifting. The role of fan communities has also increased, and the stories are increasingly disseminated through multiple transmediatic forms—films, series, video games, alternate reality games, by-products—making the notion of series even more complex, and raising issues of unity and fragmentation.

    Keynote speakers : Samuel Chambers (Johns Hopkins University), Scott Higgins (Wesleyan University).

    Suggested topics :

  •  The history of seriality in cinema / television
  •  Seriality and cinematic aesthetics : interruption and continuity, conventions and innovation