CFP : "Censure : contraintes et dynamiques créatrices contemporaines dans la mise en images des nations britannique et américaine"

Appel à communication (For English Scroll down)
Censure : contraintes et dynamiques créatrices contemporaines dans la mise en images des nations britannique et américaine

Mots clés
Images/nations/censure

Le cycle de journée d’études organisées par le CRINI depuis 2013, à la croisée des chemins entre la photographie, les études de genre, les études culturelles, visuelles, l’histoire de l’art et des idées, a permis d’explorer en partie les potentialités de la photographie contemporaine pour définir ou revisiter les notions d’identités artistiques et nationales, plus particulièrement britannique et américaine. La journée 2016 abordera la notion de censure. Avec la photographie comme point de départ, cette édition ouvrira la réflexion plus largement à l’image contemporaine, et s’intéressera aux incursions intermédiales d’autres formes artistiques dans la pratique de photographes (installation, vidéo, production sonore, performance, pratiques de l’art urbain, interaction texte-image) – ou comment le choix plastique de la forme artistique/medium devient moyen d’expression et d’engagement face à la censure, mode de ralliement contre la censure, outil d’expression identitaire pour le groupe ou la minorité, pour contourner la contrainte, se nourrir de ses limites et générer des élans créatifs nés d’elle.

La censure questionne la notion de démocratie et de pouvoir. Elle implique l’idée qu’une ou des autorités imposent une norme à respecter, pouvant entraver la liberté d’expression de l’artiste, interrogeant les limites du discours artistique. Jusqu’où l’artiste peut-il aller et donner à voir ? Comment s’opère la genèse dans l’atelier de l’artiste ? On s’interrogera sur la façon dont la censure renforce la norme, tandis que l’artiste la défie en proposant des modalités d’écart relevant de la contestation, de l’anti-« tendance », de l’aller « contre ».

Les nouveaux canaux de circulation de l’image et nouvelles technologies impactent la notion de censure, permettant à l’autorité en place de tout voir, ou, au contraire, d’être tenue en échec par un mode de diffusion moins contrôlable : buzz, viralité sur le net, images amateurs et (ré)appropriation des images mènent à une forme de journalisme citoyen par l’image disséminée, qui constitue alors une nouvelle source d’information hors de la structure des médias traditionnels.

Si le net est un espace qui résiste à la censure, d’autres lieux sont investis autrement. La rue peut devenir espace politique où s’affichent les images, recyclées, répétées déclinées. Au cœur d’espaces d’expression artistique privés ou publics (musées, plein air, galeries, presse, livres, internet), les artistes jouent avec les limites de ce qu’il est acceptable de montrer dans l’art, et où il est acceptable de le montrer. À ce jour, la censure politique et culturelle semble de plus en plus forte, soumise à des obligations (légales, financières, religieuses, sociales, institutionnelles, juridiques, militaires, ou techniques) ou à un consensus, mais certains lieux s’engagent à s’affranchir de toute contrainte.

Quel contrat est alors établi entre artiste et spectateur ? Quels sont les enjeux de la censure sur l’œil du public, sur les multiples interprétations et lectures qui pourront être faites d’une œuvre (qu’elle relève de l’art populaire ou du high art), sur le désir de voir ou de ne pas voir agissant comme une censure volontaire du regard ? Tandis que les contraintes se multiplient aux Etats-Unis, la notion de censure évolue dans le temps : ce qui n’était pas regardable peut le devenir. Subsiste souvent un décalage irréconciliable entre l’intention de l’artiste et la politique éditoriale d’un journal, la ligne politique d’un musée, etc. La censure peut susciter chez les artistes des stratégies de contournement, de désobéissance, ou, à l’inverse, un processus d’autocensure impliquant la conscience morale de l’artiste. Certains artistes choisiront d’œuvrer sous le joug de la censure, parfois formulée comme commande artistique, d’une censure directe ou indirecte, liée à des attentes de résultats pouvant entrer en conflit avec l’intention de l’artiste, en impactant la construction du sens par l’image.

Le thème proposé pourra être abordé par le biais de monographies ou de la censure dans un genre spécifique : image documentaire, image de guerre, photojournalisme, esthétique de la photographie de paparazzi, image de mode, image publicitaire, portrait, pochettes de disque, etc. On s’attachera à voir comment la censure impacte la représentation des identités nationales en image. En soulignant, si cela est pertinent, les caractéristiques partagées entre images américaines et britanniques, les propositions pourront reprendre les thèmes abordés lors des trois années précédentes autour de la représentation des nations britanniques et américaines : censure et photographies de femmes ou travaux de femmes photographes, censure et photographie de paysage, censure et pouvoir de l’image ou représentations du pouvoir.

Pistes de réflexion non exhaustives
La forme artistique contre la censure
Ecart par rapport à la norme : censure, démocratie, pouvoir
Censure et dissémination des images : moyens de diffusion et de contrôle
Les espaces de censure : où et comment donner à voir ?
Réception de la censure : rencontre ou rupture artiste/spectateur
Sources de pression et genres affectés par la censure
Autocensure

Les propositions d’une longueur de 300 mots environ pourront être transmises à julie.morere@univ-nantes.fr et jane.bayly@univ-nantes.fr, accompagnées d’une courte notice biographique, avant le 15 janvier 2016.

Retours du Comité Scientifique : février 2016

Composition du Comité Scientifique
Jean Kempf, Président, Professeur de civilisation américaine, Université de Lyon 2 – Triangle
Emmanuelle Chérel, Enseignante et chercheuse en Histoire de l’Art, Ecole Supérieure des Beaux Arts de Nantes Métropole.
Dennis DeHart, Assistant Professor, Photography Coordinator, Washington State University
Melanie Friend, Reader in Photography, Senior Lecturer in Media and Film, University of Sussex
Julie Jones, Docteur en Histoire de l’Art Contemporain – Centre Pompidou, Cabinet de la Photographie
Valérie Morisson, Maître de conférences – Centre Interlangues : texte, image, langage

CRINI
International Workshop
May 20, 2016

Call for Papers
Censorship : Creative contemporary constraints and dynamics in the representation of the British and American nations

Key words
Images/nations/censorship

The series of international workshops overlapping photography, gender and culture studies, visual studies, art and history organized by the CRINI since 2013 have explored in part the possibilities of photography to define or re-examine the notions of artistic and national identity, particularly British and American. The 2016 edition will take on the notion of censorship. With photography as its starting point, this edition aims to extend the debate to include the contemporary image on the whole. It is interested in the intermedial forays of other artistic forms in the practice of photographers (art installations, video and/or audio productions, performance, urban art practices, text/image interactions). How does the very artistic form/medium become in itself a means of expression and commitment when confronted with censorship, a means to create unity against censorship, a tool for identity expression of a group or of a minority, to circumvent constraints, or thrive upon these limits and generate creative impetus from them ?

Censorship questions the notion of democracy and power. It implies that authority or authorities establish norms to be respected, which in turn could hinder the artist’s freedom of expression thus questioning the limits of artistic discourse. How far can an artist push the limits and make them visible ? How does artistic creation occur in the artist’s workshop ? We will question how censorship reinforces norms while the artist defies them through means of deviation resulting from opposition or non-conformism.

The new channels of circulation of images and new technologies have an impact on the notion of censorship allowing authorities to see everything or, on the contrary, held in check by a less controllable means of dissemination : buzz, going viral on Internet, amateur images and the (re)appropriation of images lead to a type of citizen journalism by the disseminated image that constitutes a new source of information beyond the bounds of the traditional media.

If Internet resists censorship, other spaces are empowered by different means. The street may be transformed into political space where images are displayed, recycled, repeated or modulated. Central to private and public spaces of artistic expression (museums, outdoors, galleries, press, books, Internet), artists flirt with the limits of what is considered acceptable to show in art and where it is acceptable to be shown. Today, political and cultural censorship appears to be increasingly heavy-handed, subject to various obligations (legal, financial, religious, social, institutional, military or technical) or a consensus ; nevertheless, certain spaces are committed to freeing themselves from such pressure.

Consequently, what contract is established between the artist and the spectator ? What are the repercussions of censorship on the public eye, on the multiple interpretations and readings that a work is subject to (whether it be popular or high art), on the desire to see or not to see ? Whereas restrictions are multiplying in the United States, the notion of censorship has evolved over time : what was not considered viewable may be now. There often seems to remain an irreconcilable gap between the artist’s intention and the editorial policy of a newspaper, a museum’s political trend, etc. Censorship may arouse artists’ strategies to circumvent, disobey or, conversely, a process of self-censorship implying the moral consciousness of the artist. Some artists choose to work under the burden of censorship, direct or indirect, which may take the form of a commissioned work of art, in which expectations of the end product may conflict with the artist’s intents, affecting the construction of meaning by the image.

The suggested theme may be approached from the angle of monographs or censorship in specific photographic genres : documentary, war photography, photojournalism, the esthetics of paparazzi photography, fashion photography, advertising images, portraiture, album covers, etc. Attention should focus on how censorship has an impact on the representation of national identities in images. If pertinent, emphasis could be placed on demonstrating the common characteristics between American and British images and proposals could take up the themes previously examined over the last three years : censorship and photographs of women or works by women photographers ; censorship and landscape photography ; censorship and the power of the image or representations of power.

Non-exhaustive list of possibilities :
Artistic form as a means to counter censorship
Divergence from norms : censorship, democracy, power
Censorship and the circulation of images : means of diffusion and control
Spaces of censorship : where and how images are given to be viewed ?
Reception of censorship : artist/spectator junction or breach
Sources of power and genres affected by censorship
Self-censorship

Proposals of approximately 300 words may be submitted to julie.morere@univ-nantes.fr and jane.bayly@univ-nantes.fr, along with a short biographical note before January 15, 2016.

Scientific committee response : February 2016

Members of the Scientific committee :

Jean Kempf, President, Professor of American Studies, Université de Lyon 2 – Triangle
Emmanuelle Chérel, Instructor and researcher in Art History, Ecole Supérieure des Beaux Arts de Nantes Métropole.
Dennis DeHart, Associate Professor, Photography Coordinator, Washington State University
Melanie Friend, Reader in Photography, Senior Lecturer in Media and Film, University of Sussex
Julie Jones, PhD in Contemporary Art History, Centre Pompidou, Cabinet de la Photographie
Valérie Morisson, Senior Lecturer, Centre Interlangues : texte, image, langage

Webpage of the event
http://www.crini.univ-nantes.fr/1445503093377/0/fiche___actualite/&RH=1214467812585