CFP : "Bible et Amériques du XIX e siècle à aujourd’hui : métamorphoses, diffractions et métissages de la Bible dans les Amériques"

Appel à communications

Université de Bretagne-Sud
HCTI-Lorient

25 mars et 28 avril 2016

Bible et Amériques du XIX e siècle à aujourd’hui : métamorphoses, diffractions et métissages de la Bible dans les Amériques

Ce projet de recherche qui fera l’objet d’un colloque réparti en deux sessions non consécutives, la première le 25 mars, la seconde le 28 avril 2016, se veut une réflexion ouverte et transdisciplinaire sur les enjeux et les métamorphoses de la Bible dans les Amériques. En effet, la Bible, véritable livre fondateur de la culture américaine, moteur d’évangélisation, autorité pour légitimer l’esclavage mais aussi facteur d’émancipation, est au cœur de l’histoire des Amériques, de leur constitution, de leur origine.

Nous proposons une expertise au croisement d’analyses littéraires, linguistiques, historiques, sociologiques, politiques et idéologiques du discours biblique au sein du continent américain et dans sa diversité en privilégiant la culture contemporaine. Ce sont aussi bien les usages artistiques, historiographiques, religieux et politiques qui retiendront notre attention tant au Nord qu’au Sud entre métamorphoses, diffractions, métissages du corpus biblique.

Le « corpus biblique » constitue une matrice narrative, une séquence de mythoï1, de la Genèse à l’Apocalypse, où puiser pour (re)construire des mythes fondateurs des cultures américaines. Quels usages fait-on de la Bible et quel départ faut-il opérer entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud ? Quelles interactions aussi se font jour ? Quels schèmes narratifs font l’objet de réappropriation, de recréation, et pour quels enjeux ? On peut songer notamment à des motifs comme la Genèse, la Terre Promise, Babel, Péché et Rédemption, le Déluge, ou encore l’Apocalypse...

Comment ces motifs ou schèmes structurants, parmi d’autres, empruntés au discours biblique sont-ils explorés au Nord et au Sud en termes de croisements, de déplacements, de réécritures, de déformations ? Il s’agira d’appréhender ce qui se joue dans la littérature, l’iconographie, le cinéma, l’historiographie, le discours politique, en multipliant les approches et en accordant une place de choix aux problématiques centrées sur l’ancien et le nouveau (Testament mais aussi monde), le lignage et la fraternité à travers notamment la descendance de Noë, la translatio de la Bible d’un univers à un autre et les processus d’acculturation et de métissages ainsi mis en œuvre.

Ainsi on pourra notamment privilégier le mythe de Babel et le métissage des langues voire l’utopie linguistique dans la littérature caribéenne et créole (voir Biblique des derniers gestes, de Patrick Chamoiseau) ou bien encore s’interroger sur le mythe chamitique - l’ esclavage des Noirs faisant l’objet d’une légitimation rétroactive à partir de la Bible et de la malédiction de Cham, fils de Noé (Genèse 9.20-29)- dans la culture nord-américaine mais aussi dans la littérature créole. (voir par exemple, Raphaël Confiant, La Vierge du Grand Retour ou Maryse Condé, La Colonie du Nouveau monde....) ou sur la quête sans cesse modulée et entrelacée d’une rhétorique biblique, d’une Amérique à l’autre, de l’identité, de l’origine et du passé.

Il s’agira également de comprendre l’utilisation de la Bible, de ses préceptes et de ses images dans les sociétés contemporaines américaines autant que son impact ou ses réinterprétations possibles.

On pourra s’intéresser notamment au genre du western américain et la manière dont il se réapproprie le discours biblique2 mais aussi au retour en vogue très récemment du peplum hollywoodien d’inspiration biblique comme la série The Bible de Mark Burnett, Exodus de Ridley Scott ou Noë de Darren Arenofsky ou bien encore au polar américain qui nourrit une relation singulière à la thématique du péché et de la rédemption, c’est le cas de James Ellroy par exemple ; il conviendrait aussi de comparer avec ce qui se joue dans la littérature latino-américaine ( « la Bible commence avec un crime », nous rappelle Eugenio Fuentes).
Il ne s’agit là que de pistes et nous laissons la réflexion ouverte à d’autres perspectives.

La langue des communications sera le français.
Les communications ne devront pas dépasser 30 minutes.
Les propositions sont à envoyer au plus tard le 1er décembre 2015.
Les réponses seront communiquées avant le 15 décembre 2015.

Contact :

Marie-Christine Michaud (marie-christine.michaud@univ-ubs.fr )
Professeure des Universités en études nord-américaines
Université de Bretagne-Sud (Lorient)
et
Patricia Victorin (patricia.victorin@univ-ubs.fr)
Professeure des Universités en langue et littérature médiévales
Université de Bretagne-Sud (Lorient)